Le Cabaret Vert à la manière de touslesfestivals.com

Cet article est écrit à la manière de touslesfestivals.com, la vraie version « Une épopée estivale » paraîtra en hiver prochain. Considérez celle-ci simplement comme un pastiche et notez qu’elle a été écrite avant la parution de l’article de touslesfestivals.com que vous pouvez retrouver ici.

Le Cabaret Vert a fêté cette année ses 10 ans. Une très bonne raison pour nous de traverser la France et participer aux quatre jours de ce festival situé à la frontière de la Belgique, qui propose une affiche des plus intéressantes tenant tête aux plus grands rassemblements français.

Jour 1 : deux journées en une

Après s’être levés à 3h du matin et avoir tracé la route pendant 10 heures depuis Brest, notre petite équipe avait déjà l’impression d’avoir vécu une journée entière. Pourtant, après avoir récupéré pass et bracelets, il était temps de planter la tente. Premier stress : le camping semble bondé. Sur Facebook en effet un statut indiquait que toutes les places avaient été vendues. Heureusement, on trouve sans trop de mal de quoi poser nos 4 tentes aux abords de la Meuse. Un tour de plus à la voiture pour finir d’amener les affaires et il est déjà l’heure de se rendre sur le site des concerts pour ne rien rater de la programmation musicale du festival ardennais.

18h30, repérage et premiers échauffements

On arrive en même temps que les dernières notes de ALB, qui nous donne une bonne impression. Metronomy enchaîne en ouvrant la scène Zanzibar, la plus grande du festival. Pas convaincus par le set du groupe, on décide d’aller se promener sur le site pour s’y repérer. Le festival a lieu dans la ville, sur le stade Bayard. On peut voir autour quelques maisons, un grand immeuble sur lequel sont projetées des images façon mapping et une église que l’on entend sonner à quelques reprises. On achète quelques Bayards (la monnaie du festival, pratique car divisée entre jetons rouges à 1 euro et jetons verts à 50 cts) et on se dirige vers la scène des Illuminations, de taille moyenne, pour se frotter à Red Fang (photo). On est contents de retrouver le rock stoner énervé du quatuor et encore plus de voir la réactivité du public qui pogotte, circle-pitte et wall-of-deathe de façon enthousiaste pendant tout le concert. Un aspect que l’on retrouvera d’ailleurs pendant les quatre jours : les Ardennais vivent chaque concert à fond !

21h00, déception et courts métrages

On attendait beaucoup –M– (photo) qu’aucun d’entre nous n’avait vu jusqu’ici. Sa réputation n’est plus à faire et on s’attendait à un show rock débridé, mais c’est finalement plus un pétard mouillé pop qu’il nous a été donné de voir. Médusés par le medley déplacé (Can’t touch that de MC Hammer suivi de Seven Nation Army suivi de Killing in the Name), on préfère partir voir ailleurs si on y était pas. On découvre alors l’espace cinéma, qui passe en boucle une sélection de courts-métrages. L’espace, tout comme les courts proposés, est très bien pensé et offre une pause agréable loin de la fureur des concerts.

22h20, du rock et du rap

On ne reste pas trop longtemps pour autant, car on ne voulait pas rater la prestation de Royal Blood (photo). On était prêts à voir du spandex, des solos hurlants et tout l’attirail du hair-metal, mais force est de constater que l’on a dû se tromper de Royal Blood quand on écoutait le groupe dans la voiture pendant le trajet. C’est plutôt un moment de stoner rock de très bonne facture que nous avons vu, qui nous a laissé une bonne impression. À l’inverse, Placebo ne nous remue pas et nous finissons de regarder les courts métrages plutôt que d’écouter la bande à Brian Molko. Même constat pour Joey Bada$$. Malgré son nom, le set a beaucoup de mal à décoller et est presque douloureux à observer tant le chanteur semble peiner à faire réagir la foule. Malgré tout, une bonne reprise de Assassin de la Police en clôture du concert nous permet de partir sur une note positive.

 01h10, première claque

La première vraie claque du festival, ça a été Die Antwoord. Le duo sud-africain, épaulé d’un DJ et de deux danseurs, a retourné le festival avec un show énergique et généreux, mêlant changements de costumes, mise en scène, danse et vidéos diffusées sur l’écran géant placé en arrière-scène. Le public, réceptif à l’univers très personnel du groupe, est ressorti conquis du concert. La seule chose qui nous restait à faire était de rentrer au campement, débriefer la journée entre nous et nous reposer de notre double-journée pour récupérer de quoi tenir les trois jours suivants.

Jour 2 : la guerre

On se réveille, de façon assez logique, plutôt tard le vendredi. Après une petite collation – rebaptisée « brunchpéro » pour l’occasion, car mêlant sucré, salé et alcool – on se rend vers les concerts pour voir le rock noisy de Cloud Nothing. Désolé pour The Mothman Prophecies mais, même si nous sommes amateurs de métal, le deathcore on pouvait s’en passer. Cloud Nothing, donc, ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. C’est peut-être parce-que l’on commençait à peine la journée ou que nous n’avions vu que la deuxième moitié du concert. À l’inverse, Marmozet (photo) nous a surpris là où on ne s’y attendait pas. Le groupe faisait partie des rares qui nous avaient échappés dans notre écoute avant de partir au Cabaret Vert, c’est donc vierges de tout avis que nous sommes arrivés devant la scène. Et alors, nous avons reçu de plein fouet le son brûlant et sans concession du groupe qui, aidé par un public une nouvelle fois réceptif et heureux de pouvoir se sauter dessus gaiement, a pu développer la totalité de son rock nucléaire, jusqu’au bout.

18h20, le bordel

Pas le temps de se reposer, il faut vite se rendre à la scène Le Temps des Cerises, la petite scène du festival qui voit en majorité des DJ set pendant les quatre jours, en particulier ceux de Raspect Crew (photo). Sauf que là, c’est pour Salut C’est Cool que nous sommes venus. Depuis le temps qu’on veut les voir, qu’on les rate, qu’on n’est pas au bon endroit au bon moment, enfin la vengeance est faite. Et visiblement nous ne sommes pas les seuls : le petit espace est bondé, la foule chante Salam Alaykoum et Merci Nature en boucle en attendant l’arrivée des quatre kiffeurs que l’on aperçoit passer derrière la scène, provoquant force cris d’excitation et exclamations plus ou moins sensées (mention spéciale à la foule répétant joyeusement « Le pull bleu ! Le pull bleu ! » rapport au pull de l’un des roadies…). Enfin, le concert démarre et c’est parti pour 40 minutes de chansons dépassant les frontières du génie. Ici, l’expérience du concert n’a pas été la même pour tous les membres du groupe. Si certains ont réussi à rester agrippés au premier rang et ont pu profiter au mieux du show, d’autres ont passé toute la durée écrasés à observer les dos de leur voisins. Du reste, la conclusion est la même : ce fut formidable.

20h00, baptême de slam

Après ce moment de bravoure, une pause s’imposait, qui fut faite devant The Cool Kids. Mais trop sonnés par l’expérience précédente, nous ne nous en souvenons quasiment pas. De toute façon, on ne voulait pas trop traîner devant parce que Casseur Flowteurs se produisait à la suite sur la scène Zanzibar et que, après avoir écouté plusieurs fois leur premier album de « rap-mongolo », on ne voulait surtout pas rater leur prestation. Nous n’avons pas été déçus, Orelsan et Gringe étaient en grande forme, ainsi que leurs deux DJ (notamment DJ Pone). Les chansons passent très bien l’épreuve du live et Regarde comme il Fait Beau a même été le baptême de slam de l’un de nous.

21h00, bouffe végétalienne et coiffe à plume

La suite de la programmation faisait jouer Murkage puis Editors, mais la faim et la fatigue ont gagné sur ces deux groupes. L’occasion de tester les stands de restauration et en particulier le stand végétalien, restriction alimentaire de l’un de nous oblige. Les plats proposés par ce stand étaient délicieux et à prix raisonnable. Fort de son succès, on a pu observer le temps d’attente augmenter au long des quatre jours. Après ce bon repas, nous nous sommes autorisés à nous allonger pendant Editors, qui ne nous a pas particulièrement touchés. On a fini par se lever pour ne pas rater le début de King Khan and The Shrines, (photo) et quelle bonne idée ! Le set garage-soul du groupe et l’extravagance de son leader ont fait mouche en ce qui nous concerne et ont fini de nous réveiller de la torpeur qui nous habitait.

00h00, la guerre

C’est donc totalement réveillés et en pleine possession de nos moyens que nous sommes allés prendre place devant la grande scène pour les monstres sacrés du big beat : Prodigy. Avouons-le de suite : on ne savait pas à quoi s’attendre. Et ce fut la guerre. Le groupe harangue la foule en nous appelant les « prodigy warriors » et ce n’est pas sans raison : toutes les personnes assemblées se poussent, se rentrent dedans, se sautent dessus. De la force se dégage de ça, une tension extrêmement puissante qui pousse à se dépasser et à tenir tout le temps du concert au lieu de fuir le champ de bataille. Alors que nous repoussions tous les guerriers autour de nous, nous n’avons pas pu nous empêcher de penser à nos collègues tranquillement installés à l’espace média à observer de loin le concert. Qu’ils y réfléchissent bien avant d’écrire quoi que ce soit sur ce concert, s’ils n’ont pas expérimenté la guerre que fut Prodigy, ils n’ont pas vraiment compris ce qui a fait le sel du show.

02h00, quelques bâillements

 Après ça, un petit passage au bar à eau s’imposait. Au nombre de deux, ces stands étaient très bien organisés et distribuaient de l’eau en gobelet à tous les festivaliers déshydratés pour une raison ou une autre. Ensuite, nous nous sommes traînés au set de Kavinsky. Comme prévu, la performance était molle et sans saveur. On est quand même resté jusqu’à Nightcall, mais c’était sans grand enthousiasme.

Jour 3 : On donne tout !

Réveil un peu difficile après cette soirée de folie. On profite du calme du début de journée pour lire la gazette du festival, bourrée d’humour et d’infos intéressantes entre interviews, détails sur l’intimité des loges et l’indispensable édito de Francis, le sanglier mascotte du festival et rédacteur en chef de cette même gazette. On y apprend notamment que la raison pour laquelle le Cabaret Vert n’a pas d’éco cup, alors qu’il se veut festival éco-responsable, s’explique par le fait que l’équipe préfère ramasser et trier l’ensemble des gobelets pour les recycler et en faire des choses diverses telles que des sièges pour enfants. Chapeau. Car oui, on ne l’a pas encore dit mais le festival ardennais est éco-responsable. Quelle différence ça fait pour les festivaliers ? Pas grand-chose en fait, mis à part les toilettes sèches partout, mais on voit déjà celles-ci fleurir dans tous les autres festivals de France et de Navarre. Finalement l’impact du festival à ce niveau est bien sur l’environnement et pas sur le bien-être direct des festivaliers : prise de décisions sur le long terme pour préserver l’eau, partenariat avec les producteurs locaux pour ravitailler les stands, sensibilisation du public… Le festival a reçu un prix pour son investissement et on ne peut que saluer cela et espérer que les autres manifestations de ce type vont lui emboîter le pas.

16h00, des annulations et des remplacements

Mais trêve de bavardage, l’heure tourne et on a déjà manqué The Lads, ce qui est bien dommage parce qu’à ce qu’on entendait de loin, ça avait l’air très bon. C’est donc avec Findlay que l’on démarre ce troisième jour, mais la demoiselle et son garage rock ne nous convainquent pas tant que ça, malgré nos attentes. On se rend alors vers la scène des Illuminations pour le concert de Rouge Congo qui remplace au pied levé les rappeurs de BES/BBGANG. Le son pop des trois musiciens nous plait bien mais ne réussit pas à nous tenir en haleine tout au long du live. On décide de les quitter avant la fin pour se placer en vue de The Jungle Shakers pour une partie de notre groupe, qui a bien apprécié leur rockabilly, et pour Triggerfinger (photo), qui remplace (décidemment) Volbeat, contraints d’annuler la fin de leur tournée pour maux de dos. Le trio stoner fait plaisir à voir, les membres sont ultra-classes dans leurs costumes et leurs attitudes. Tout est bon dans ce groupe et on en ressort conquis. Le live de Tinariwen nous passe un peu par-dessus la tête par contre, le rock du désert de ces touaregs n’a pas réussi à nous transporter.

19h30, horns up

Surtout, on avait en tête la suite des festivités avec Airbourne (photo) sur la scène Zanzibar. Difficile de rater ce combo de hard-rock explosif qui pioche allégrement dans son premier album pour ce concert, pour notre plus grand plaisir. La foule se lance dans force pogos et slams et réagit à tout ce que fait le chanteur-guitariste du groupe, notamment quand celui-ci s’éclate des canettes de bières sur le crâne avant de les lancer dans le public. Rock’n’roll. Difficile de passer après ça, pourtant c’est le rôle de Schoolboy Q et son rap de qualité. Son dialogue constant avec le public permet de créer un lien et une ambiance agréable qui nous fait passer un bon moment.

21h30, la deuxième claque

Mais sur la grande scène se prépare Fauve . On y va tranquillement, sans pression. Après tout c’est la troisième fois qu’on les voit. D’accord, on a le t-shirt du groupe sur le dos mais on connaît pas vrai ? La seule curiosité, c’est de les voir sur une grande scène de festival on se dit, au lieu du petit espace de cabaret auquel on est habitués. La prestation du groupe nous a soufflés. Les cinq gaillards ont évolué de façon impressionnante, le son est devenu beaucoup plus dur et sauvage, les défauts ont été tous retravaillés. À la trappe la voix recouverte par les autres instruments et les excuses entre les morceaux concernant le fait qu’ils ne savent pas très bien jouer. On redécouvre le groupe, on se reprend les paroles en pleine figure et on ressort épatés par la performance.

22h50, ça swingue aux Illuminations

Ce festival est tout de même incroyable. Alors que d’habitude on attend LE concert qui va nous toucher parmi plein d’autres sympas mais sans plus, la programmation du Cabaret Vert donne l’impression que chaque concert est le meilleur du week-end. Ok, on exagère, mais quand même. Bref, sur la scène des Illuminations c’est l’heure de The Parov Stelar Band. Et son electro-swing. Déjà vu à Panorama en avril, on sait à quoi s’attendre et tant mieux ! Le set du groupe est jouissif et donne envie de danser jusqu’au bout de la nuit. Mais danser ça donne faim, alors on se mange un bon « chien chaud des Ardennes » avant de continuer la nuit.

00h30, rebelote !

D’autant qu’il faut de la motivation pour ce qui suit : Salut C’est Cool ! (photo) Car le Cabaret Vert a décidé de programmer le groupe deux jours de suite, ce qui en fait le festival le plus sensé de France. Cette fois c’est sur la scène des Illuminations que se produit le groupe. Après une arrivée en crabe et une dédicace à la gravité, le concert démarre sur la chanson Tony Hawk et c’est parti pour 40 minutes de plus de folie en fusion. La setlist est totalement différente de la veille et le groupe invite cette fois le public à le rejoindre sur la scène. Une nouvelle fois, le concert est au top et on se dit qu’on a bien fait de parcourir 800 km. La soirée se clôture avec Jagwar Ma et son rock électro tout en puissance. On aime bien et on tient jusqu’à la fin du set avant d’aller s’écrouler dans nos tentes.

Jour 4 : Conclusion en douceur (?)

Le dimanche, les concerts étaient moins nombreux et commençaient plus tard, l’occasion pour nous d’aller voir l’espace art de la rue, appelé « Le Temps des Freaks ». Surprise, c’est presque un festival dans le festival qui se déroule ici, avec fanfares, marionnettes, théâtre et expositions. Nous ne sommes pas restés voir les spectacles mais on a pu apprécier le musée des Monstres Sacrés du Rock, qui disposait d’un nombre ahurissant de fausses reliques créées pour l’occasion avec une énorme dose d’humour noir. Quelques fous rires plus tard on est allés jeter un œil à l’espace BD où dédicaçaient quelques auteurs. Nous sommes restés sur notre faim parce qu’on ne connaissait pas ces dessinateurs et que cela nous semblait un peu étrange de venir en festival pour acheter des bandes dessinées. Il y a déjà tant de choses à faire que ce ne serait clairement pas notre priorité. Un tour plus tard par l’espace dédié aux associations, qui en comptait une quarantaine (!), et nous sommes partis écouter les groupes de ce dernier jour.

17h00, dernières notes rock’n’roll.

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On a vu un bout de Baptizein & Secret Yolk, trio rock tout en énergie qui réveille bien les oreilles, en prévision de Thee Oh Sees, hérauts de la scène rock indé actuelle. Le concert est enthousiasmant et les festivaliers en profitent au mieux, grappillent le moindre instant de rock qui se dégage de la scène, sachant parfaitement que le festival s’approche dangereusement de la fin. Un tour à la scène des Illuminations nous permet de voir St Paul & Broken Bones, (photo) un groupe de soul qui nous avait déjà bien intéressés sur album. Le groupe est très classieux, porté par son chanteur dont la voix fait frissonner l’audience.

18h50, on sent la fin approcher…

La tête d’affiche de la journée c’est Kaiser Chiefs, (photo) qui viennent prouver qu’ils connaissent parfaitement la scène. Le concert s’enchaîne sans temps mort et Ricky Wilson prend de la hauteur pour chanter. S’ensuit le concert de Nick Waterhouse, à nouveau de la soul sur la deuxième scène. Le groupe est très équilibré, laisse parler chacun des instruments sans que l’un ne semble écraser les autres par sa présence. On termine le festival avec Patrice. Epuisés, on sort de la foule à la moitié du set pour l’écouter en retrait, allongés dans l’herbe.

23h00, le camping nous réveille de force

On pensait que le festival se terminerait comme ça, après un concert qui calme le jeu et un retour à la tente tôt, le Cabaret Vert fermant ses portes à 23h. Tant mieux pour nous, au vu des 10h de route du lendemain. Mais c’était sans compter sur l’ambiance du festival qui nous a fait tenir toute la nuit à finir la fête en beauté en courant à travers le camping, entre concerts de poubelle, performances d’art contemporain et troc de boissons diverses. Une belle façon de conclure le festival ! (photo)

Côté scène :

La claque

Fauve ≠, qui ont bien évolué depuis la dernière fois qu’on les a vu.

La confirmation

Kavinsky, dont les concerts sont définitivement moyens.

Les plus cool

Salut C’est Cool, what else ?

La découverte

Marmozets, très énergique.

Le plus furieux

Prodigy, c’était la guerre.

La déception

-M-, on s’attendait à une ambiance beaucoup plus rock.

Côté festival :

On a aimé :

  • L’aspect éco-responsable du festival.
  • La programmation de grande qualité.
  • L’ambiance générale du côté des festivaliers, autant sur le camping que pendant les concerts.
  • La réactivité des organisateurs face aux annulations.

On a moins aimé :

  • Le Running Order pas clair qui donne l’impression que des groupes jouent à la suite quand ils sont, au contraire, en même temps.
  • Un écran géant ne serait pas de trop à certains moment.

Conclusion :

Le Cabaret Vert a fêté ses 10 ans en beauté, accueillant un nombre record de festivaliers tout en gardant un très bon esprit qui commence à manquer chez certains de ses concurrents. Espérons que le festival saura garder cet esprit dans son évolution.

J’ai vu Slowdive deux fois

La première fois.

La première fois c’était au Danemark, pendant le Roskilde Festival en juillet. La deuxième fois c’était en Bretagne, à La Route du Rock en août.

La première fois le groupe jouait sous un chapiteau qui s’appelait « Avalon ». La deuxième fois c’était sur la grande scène du fort, en extérieur donc.

La première fois, j’ai assisté au set au sec. La deuxième fois j’étais humide et boueux.

La première fois le concert démarrait à 2h du matin et finissait à 3h et quand je suis sorti le soleil se levait, il était l’heure d’aller au lit. La deuxième fois il était 21h et le soleil se couchait, la journée était loin d’être terminée.

La première fois j’étais tout seul, entouré d’inconnus. La deuxième fois j’étais avec mon frère et mon amoureuse, entourés d’inconnus.

La première fois j’étais pas super bien placé, j’ai dû attendre la moitié du concert pour pouvoir bien voir la scène. La deuxième fois j’étais dans les premiers rangs.

La première fois je ne connaissais quasiment pas le groupe et après le concert je me suis dit qu’il fallait que je l’écoute mieux pour la prochaine fois. La deuxième fois j’étais mécontent contre moi-même parce-que je n’avais pas pris le temps de faire ça.

La première fois j’étais gêné par les gens qui fumaient sans arrêt autour de moi. La deuxième fois non.

La première fois j’ai pris une claque devant le groupe, l’air vibrait, l’atmosphère était intense. La deuxième fois j’étais inquiet, j’avais dit à tout le monde que c’était incroyable et j’avais peur que le concert soit décevant ce soir là, mais il n’en fut rien, c’était formidable.

La première fois c’était top. La deuxième fois c’était super.

La deuxième fois.

Les BB Brunes et moi

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#BBBrunes @lesvieillescharrues

Ça fait un bon moment que je subis les BB Brunes. Quand ils sont apparus j’étais au collège, à l’époque j’écoutais le mouv’. Ou plutôt l’émission du soir, ‘les filles du mouv’. C’est sur cette radio que j’ai entendu leur premier single, ‘Le Gang’, et encore aujourd’hui je trouve que c’est une chanson pas trop mal. Ensuite y’a eu ‘Dis moi’ et là j’ai commencé à avoir un doute sur ce nouveau groupe d’ados rockers. Et la suite m’a donné raison, les BB Brunes sont une bonne bande de têtes à claques. J’ai passé mon chemin.

Sauf qu’en fait non, je n’ai eu de cesse de les retrouver sur mon chemin. La première fois c’était en 2008 quand je suis allé aux Vieilles Charrues pour voir Motörhead. Qui jouait avant eux ? Les BB Brunes. J’étais quand même content de les voir, histoire de juger un peu de leur prestation en concert. Mon père, mon meilleur pote et moi-même sommes tombés d’accord : ils voulaient faire comme les grands, arrivaient bière à la main et clope au bec mais étaient plus ridicules qu’autre chose. Leur concert ne valait pas beaucoup mieux que leur entrée mais on a supporté le concert.

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C’est ce mec le problème. C’est une putain de tête à claque, tout ce qu’il fait est énervant. Le reste du groupe est cool, mais ce mec là t’as juste envie de le secouer. Fort.

Ensuite on est allés voir Iggy Pop à Saint Nolff. Pour s’échauffer avant l’Iguane : les BB Brunes ! Joie ! Plein de mecs étaient venus devant la scène pour les huer, avant même que le concert ne démarre. Quand la musique s’est lancée, un pogo monstrueux s’est mis en branle, du genre à me faire perdre mon portable et mes repères et faire fuir les fans du groupe, terrifiés à l’idée d’être écrasés. Je ne suis pas resté plus de trois ou quatre chansons.

En allant assister au concert de Status Quo à la Fête du Bruit, rebelote, les BB Brunes sont présents. J’avoue que je commençais un peu à saturer, c’était vraiment la plaie, à chaque putain de festival ils étaient là sérieux. Et évidemment il n’y avait qu’une seule scène, impossible de filer mater un autre truc le temps que ça passe. Et franchement, c’était un des pires concerts que j’ai pu voir, les BB Brunes à Landerneau.

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Son jeu de scène c’était ça, une figure audacieuse que je nomme personnellement « Le Goéland Bourré ».

Ça s’est un peu calmé ensuite, je pensais qu’ils avaient disparu, jusqu’à ce que je les retrouve à l’affiche des Déferlantes, à Argelès, le même jour que Motörhead et Iggy Pop. J’étais content de les revoir mine de rien, savoir s’ils faisaient des bons trucs maintenant. Les 30 premières secondes j’ai cru… Mais non. On est allés se poser, pestant contre cette plaie musicale.

Et cette année, je gagne ma place pour le samedi des Vieilles Charrues alors je me tâte pour aller aussi le dimanche, j’écoute les groupes, surtout Miles Kane la tête d’affiche de la soirée rock et je me décide finalement à prendre ma place la veille de partir. Deux heures après, j’apprends que Miles Kane est remplacé par les BB Burnes. J’ai cru que j’allais péter un câble. Vraiment, j’avais les boules c’était monstrueux, sur le milliard de groupes de rock qu’il existe sur cette terre il a fallu que ce soit les BB Brunes qui soient appelés à la rescousse putain. Cinq fois sérieux, c’était la cinquième fois que j’allais subir ce foutu groupe ! Mais je me résigne, j’avais acheté ma place et je serai à Carhaix de toute façon, alors bon, autant profiter de la journée pas vrai ?

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Sérieeuuux ! C’est possible d’avoir une attitude de scène pareille ?!

Arrivée l’heure fatidique, je me dirige vers la scène Graal pour le concert. J’avais le choix entre eux et Kavinski, reconnu internationalement (et par moi-même) pour la mollesse de ses lives… Alors autant voir les BB Brunes, histoire de pouvoir dire que oui, en effet, j’ai vu ce groupe cinq fois. Et vous savez quoi ? J’ai passé un bon moment. C’était pas spécialement un bon concert, même si j’ai été surpris à certains moments que j’ai trouvé bien fichus. Non, j’ai passé un bon moment parce-que d’un coup tous les souvenirs de toutes ces années passées à subir les BB Brunes me sont revenus : l’époque du collège puis du lycée, les moqueries sur le groupe et ses cohortes de fans, chapka vissée sur le crâne même en plein été, le jour où mon père est revenu avec l’album parce qu’il trouvait que ça sonnait bien, tous les supers concerts que j’ai vu aux mêmes festivals que ceux où passaient les BB Brunes… Ce groupe, c’est un peu comme ce vieux pote un peu relou qu’on croise de temps en temps, on est pas forcément content de tomber sur ce type là, mais en même temps il nous rappelle plein de bons souvenirs et finalement on passe du bon temps. Et merde quoi, c’est le seul moment du festival où je connaissais les paroles des chansons !

Me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : j’aurais mille fois préféré voir le concert de Miles Kane. Mais finalement, même si j’ai eu beaucoup de mal à avaler la venue des teenagers rockers, je ne suis pas déçu de les avoir vus. Je suis même resté pour la totalité du concert, c’est dire.

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Par contre il est ultra sérieux dès qu’il est au clavier. On déconne pas avec les claviers.

Elephanz, l’interview

J’ai été gentiment invité par le festival Karrément à l’ouest qui avait lieu à Saint Renan le 12 juillet 2014 et ils m’ont proposé d’interviewer le groupe Elephanz. Je ne connais pas super bien le groupe, mais je suis toujours ravis de pouvoir rencontrer les artistes alors je me suis retrouvé ce samedi en face des frangins Jonathan et Maxime qui arrivaient à peine des Francofolies où ils avaient joué la veille. Lisez donc ça en écoutant leur dernier album.

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Maxime et Jonathan

De ce que l’on peut lire sur le groupe, on vous catégorise comme pop, voire comme « l’avenir de la pop française » (ndlr : le groupe était d’ailleurs nommé pour les Victoires de la Musique). Vous en pensez quoi, de ces catégorisations ?

Maxime : Nous on s’efforce de faire notre travail correctement (rires)

Jonathan : C’est un peu dur de nous catégoriser dans un style.

Maxime : Moi je veux bien qu’on qualifie ma musique comme on veut…

Jonathan : Du moment qu’on l’écoute un petit peu.

Maxime : Du moment qu’on la remet pas complètement en question.

Jonathan : Le truc avec Elephanz c’est qu’on est fan de pop britannique des 60s, mais ça ne s’arrête pas là. On a envie d’explorer beaucoup de terres, de genres, et l’album est révélateur de ça : tu écoutes pas la même chanson dix fois de la même façon. Le plus dur c’était de trouver une cohérence, qui est passée par le choix des accords et le jeu des voix, présent dans toutes les chansons.

Dans ce style que vous développez, de quels groupes actuels ou plus anciens vous vous sentez proches ?

Maxime : on peut te dire ce qu’on écoute beaucoup – je sais pas si on leur ressemble ou quoi – mais on aime beaucoup les groupes des années 60 en Angleterre, après y’a les Pixies et aujourd’hui les nouveaux groupes de la côte Est des USA comme Vampire Weekend, MGMT…

Jonathan : On est un peu tout ça, en essayant tant bien que mal de donner une couleur à ce que l’on fait, de se démarquer du reste de ce qui se fait.

En ce qui me concerne, je trouve que vous avez de l’originalité dans vos sonorités. Peut-être que c’est dû à votre façon d’écrire les chansons en duo.

Maxime : Ca doit être assez symphonique de toute façon, on aime bien la chorale, le lyrisme, que les morceaux soient grandiloquents.

Jonathan : C’est pas très dénudé. Et même dans des morceaux qui ont l’air de partir dénudé, comme Million Eyes Monster par exemple qui commence avec presque rien, juste un souffle, ça finit toujours avec beaucoup de nappes comme quand tu fais une aquarelle et que tu pourrais t’arrêter mais que tu rajoutes des couches. Bon, des fois c’est pas bien mais on essaye de faire les choses avec le plus de goût possible en empilant les mélodies, les propositions.

Maxime : On est envahis par le son.

Jonathan : Ouais, un peu comme Phil Spector. Et on est très très très pointilleux sur la mélodie, c’est une de nos marques de fabrique. C’est important que ce soit extrêmement chantant et tout l’album a cette exigence de mélodie qui ne laisse pas indifférent, que tu n’écoutes pas comme une musique d’ascenseur.

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Et puis j’ai de la chance moi, j’interview des groupes cool, c’es top !

Sinon, votre nom : Elephanz, avec un « Z », un clin d’œil à Gorillaz ?

Jonathan : Bien joué, tu gagnes 100 points. On le dit pas souvent, mais comme tu l’as trouvé… On était très désireux de jouer la carte des masques, on voulait pas se montrer. En ce sens ça nous parlait Gorillaz. On s’était dit qu’on ne se montrerait pas et on a failli à notre parole.

Si j’ai pensé à Gorillaz c’est parce-que je réfléchissais à votre identité visuelle et je me demandais comment vous vous positionniez rapport à ça.

Jonathan : On sait beaucoup plus où on va dans la musique que dans le visuel ; on se laisse vachement guidé dans le visuel.  On a trouvé un truc dans notre duo, c’est-à-dire ce qu’on dégageait tous les deux et comment on pouvait mettre en valeur en terme vestimentaire nos différences. Par contre en termes de clips, de pochettes d’album on les confie à des gens en qui on a confiance et on avance en navigant comme ça. Nous on reste centré sur la musique.

Vous jouez ce soir à Karrément à l’ouest : c’est comment Elephanz en concert ?

Jonathan : C’est assez communicatif je pense. Nous qui étions assez pétrifiés au départ, maintenant on arrive pas à regarder nos pieds et rester concentrer sur la musique qu’on est en train de produire, on a besoin des gens. C’est une sorte de messe, dans le partage… On a moins peur des gens alors c’est plus facile, de partager. C’est pas des concerts intimistes, d’autant plus depuis que le disque est sortie et que les gens connaissent les chansons, chantent, sont plus dedans, plus réactifs. Et nous on a besoin de les sentir avec nous, on va même les chercher.

Maxime : Alors que la tradition des concerts anglo-saxons est plus glaciale, n’a pas cette même générosité.

Jonathan : Je pense qu’on ne peux pas s’en empêcher, c’est nous. Quand tu es sur la scène, en proie à différentes forces de stress, de plaisir, de concentration… tu ne pourrais pas être quelque chose que tu n’es pas vraiment. On est assez naturels là-dedans, contre toute attente.

Vous habitez à Paris mais vous êtes un groupe originaire de Nantes, donc de Bretagne. Jouer à Saint Renan, en Bretagne aussi, c’est un peu comme être à la maison ?

[Rires]

Maxime : J’aimerais bien que la Bretagne ce soit un peu la maison, mais il faudra voir l’accueil qu’ils nous réservent, nous en tout cas on les accueillera à bras ouverts.

Jonathan : Non, la maison c’est plus Nantes pour nous, avec ce que ça comporte de stress de jouer dans sa ville natale. La Bretagne c’est toujours une terre de concerts super…

Maxime : Comme la Vendée.

Jonathan : …mais ça va être la surprise là, un peu.

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Dommage pour le groupe, il n’y avait pas beaucoup de monde devant le concert.

Votre tournée vous fait passer par pas mal de festivals, comment ça se passe la rencontre avec ce public ?

Maxime : Au début c’est assez impressionnant, tu t’adresses directement à un grand nombre de personnes sur des étendues où tu vois l’horizon. Je pense que ça va vite devenir addictif.

Jonathan : Aujourd’hui on arrive à les chopper, parce-que c’est pas forcément ton public et que ça dépend l’heure à laquelle tu joues, ils sont plus ou moins… [un temps] Ben, saouls quoi. Mais c’est vraiment super. Après ils ne réagissent pas tous pareil suivant les villes, s’il fait nuit ou non…

Maxime : Souvent, plus ils ont un temps pourri toute l’année plus chaud ils sont [rires]

Jonathan : On a joué à Bobital la semaine dernière et il a plu toute la durée du festival, vraiment impressionnant. Les gens étaient là, à donf, avec leur k-way, leur parapluie… Chaud bouillants.

Et justement, vous avez des souvenirs marquants de festivals ?

Jonathan : On jouait à un festival, il faisait nuit, pas mal de monde genre 800-1200 personnes. Un festival de taille moyenne mais avec pas mal de monde devant la scène. En plein milieu du concert il y a une panne de courant sur la totalité du site. Le temps qu’il rebranche, Clément [le batteur, ndlr] – qui était le seul qu’on entendait – s’est lancé dans un rythme un peu tribal qui a duré un quart d’heure Maxime s’est mis en transe, comme un petit chaman. [Rires]

Maxime : J’ai vu les esprits, ils m’ont parlé.

Jonathan : Moi j’ai joué l’équilibriste sur les barrières, et on quasiment plus communiqué avec les gens comme ça qu’avec la chanson d’avant, c’est fou. C’est à se demander l’intérêt de toutes ces lumières, ce décorum et toutes ces notes… C’est souvent dans les moments de troubles et de faiblesses que tu révèles des trucs de toi et des gens. Dans l’imprévu quoi, c’est assez génial en concert. Je te passe sur les millions de fois où on a eu des instruments qui lâchent et où tout fout le camp ! Ah, et il y a aussi les concerts où, quand je joue de la guitare et que je chante, je me prends des décharges avec le micro… Parfois tu joues dans la douleur mais à chaque fois c’est fort ce que tu vis avec les gens. On était très flippés au départ de notre – courte – carrière musicale, ça nous effrayait. On est plutôt des gars antisocial et pas très à l’aise en public, on a dû se battre avec ça. Ce que tu révèles de toi est encore plus jouissif quand tu te fais violence. En là on s’est un peu fait violence.

Quels projets pour la suite ?

Maxime : On va beaucoup tourner, puisqu’on vient de sortir une réédition de l’album juste avant l’été avec quatre morceaux inédits. En parallèle on a des collaborations, un peu avec le cinéma.

Jonathan : Des propositions souvent intéressantes pour faire de la musique de films. On produit aussi d’autres artistes, on est ouverts à ça parce qu’on est restés pas mal sur nous-mêmes et là ça fait du bien de s’ouvrir sur autre chose.

Et là on a été interrompus parce qu’ils devaient aller faire des photos avant le concert. Ça semblait pas évident, à peine arrivés sur place, ils enchaînent les interviews, la séance photo, ensuite ils doivent jouer… Le genre de journée à finir sur les rotules. Bon courage à eux pour la suite de leur tournée !

La magie des festivals frappe le Hellfest.

Ça vous intéresse une histoire sur la magie des festivals, qui m’est arrivée au Hellfest#14 ?

J’étais devant Mad Sin, dans la Warzone, et j’ai eu une révélation : c’était le dernier jour du Hellfest, je voulais être devant Black Sabbath, près de la scène. Mais à tous les coups c’était déjà trop tard, tous les furieux auraient déjà pris place. Je me suis dit que je devrais essayer de me poser sur la terrasse en hauteur du carré VIP, donc j’y vais. Mais c’était juste sur invitation et moi je n’avais qu’un pass presse standard. Alors j’ai fait un truc que je ne fais quasiment jamais : je suis allé me placer plusieurs heures en avance pour un concert. Super surprise : pas grand monde devant Dark Angel, je me suis retrouvé directement dans les premiers rangs, inespéré, décidé à ne pas en bouger. J’écoute le concert de Behemoth (vraiment top) assis parce-que j’avais accumulé de la fatigue, et celui de Soundgarden (sympa). Puis vient le concert de Emperor. Ce groupe, c’est une putain de légende du black métal et j’étais super déçu de ne pas être devant, mais en face de la scène d’à côté, forcé de suivre le concert sur l’écran géant. Mon petit frère, qui faisait son premier Hellfest, a attendu plus de six heures la Main Stage 2 pour ne rien rater du show. C’était un des concerts les plus intenses et formidables que j’ai pu entendre, à défaut de voir. Vers le début du set je remarque qu’un mec me mate dans le public, avec pas mal d’insistance. Je fais pas gaffe, mais il me fait signe, il était à quoi, deux-trois mètres. Alors que Isahn, le chanteur de Emperor, hurlait en fond, le gars me dit :

« Tééai o déant’ ? »

« Hein ? »

« T’étais aux Déferlantes ? »

Déjà là j’en revenais pas, mais oui bien sûr j’y étais.

« T’étais sur la scène avec Iggy Pop ? ». Là j’hallucine. Tous les gens qui nous entouraient, une bande de Polonais, nous regardaient assez étonnés de notre dialogue. Mais bref, oui j’étais bien sur scène avec Iggy Pop, complètement fou, le gars m’a vu sur scène et s’en souvient ?!

« T’étais sur scène avec ma fille ! »

Pour illustrer cette article, je vous met les photos que ce type a pris du concert. En tout cas, les trois que j’ai reçu.

Et je comprends tout d’un coup. Je me souviens parfaitement de cette nana. Je vais pas re-raconter l’histoire de comment je me suis retrouvé sur scène avec l’Iguane, retournez lire l’article de l’année dernière, mais je n’avais pas raconté qu’une fois sur la scène avec toute la bande de festivaliers, cette fille me tape sur l’épaule, pointe mon bracelet du Hellfest#13 (tout neuf à l’époque !) et me montre le sien. Une copine de Clisson ! Alors on a dansé ensemble, on s’est bien marrés et j’ai fini par me barrer de la scène, viré à la fin de Fun House par le service d’ordre. Une fois reparti dans le public, je retombe sur elle. On va voir ensemble la fin du concert, genre I Wanna Be Your Dog qui démarre, sérieux j’étais tellement excité d’être monté sur la scène que je me suis mis à danser de la façon la plus furieuse que je pouvais pour me décharger de la folie du moment, hurlant les paroles de la chanson. Je me suis demandé si je trouverais des vidéos sur Youtube dans le goût de « Crazy guy in front of Iggy Pop Deferlantes 2013″, mais non. Bref. Une fois le concert terminé elle me sort « Allez salut, je vais retrouver mon père, on part en Espagne » ou un truc comme ça, je sais plus. Et moi, pour déconner je lui réponds « On se voit peut-être au Hellfest ! » Évidemment non, je veux dire ce serait improbable, y’a des dizaines de milliers de personnes, c’était une façon détournée de lui dire « Adieu, on a passé un bon moment, c’était cool de danser ensemble ! » ET JE SUIS PUTAIN DE TOMBÉ SUR SON PÈRE DEVANT LA MAIN STAGE 1 DU HELLFEST ALORS QUE J’ATTENDAIS LE CONCERT DE BLACK SABBATH ! C’est tellement fou.

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James Österberg, bitches

Le gars me dit qu’il y a une vidéo de moi sur le net, ça je savais, et continue en me disant qu’il a des photos de moi ! Délire complet. Mais logique, je veux dire, sa fille était sur scène pendant le concert d’Iggy Pop, normal qu’il prenne ça en photo, moi je n’étais qu’un dommage collatéral parce qu’on a dansé ensemble. Je lui file ma carte en lui disant de me contacter, parceque j’entendais vraiment rien. Faut comprendre, dès qu’il y a un bruit parasite j’ai beaucoup de mal à comprendre ce qu’on me dit. Genre dans un bar bruyant c’est super compliqué pour moi de suivre une conversation, alors là avec Emperor à fond dans les baffles du Hellfest, je vous laisse imaginer. C’est dommage d’ailleurs, j’aurais bien discuté avec lui, le hasard du moment était trop incroyable. Et je ne l’ai pas revu après Black Sabbath, tant pis. J’avais un peu peur qu’il paume ma carte, mais t je reçois un mail de la nana pour me dire qu’elle a halluciné en entendant son père lui raconter l’histoire. Tu m’étonnes. La magie des festivals les mecs.

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Et donc en effet, on peut m’apercevoir sur cette photo : mon genou apparaît entre les jambes du mec au t-shirt blanc qui tient le fil du micro de Iggy et mes cheveux dépasse au-dessus de son épaule.

ENCORE!, l’interview

Une épopée estivale, c’est une tournée des festivals en été et 3 mois d’écriture pendant l’hiver pour raconter ça. Enfin à la base. Ce coup-ci, après avoir écrit la première édition de l’histoire, j’ai envoyé des demandes pour être accrédité média sur des fest. Genre Panoramas. Et genre ils ont dit oui. Ultra-délire, genre hop, direction Morlaix pendant le week-end de Pâques.  Mais bref, je vais pas m’étendre, disons que j’aurais pas mal de choses à raconter cet hiver.

Dans le formulaire pour les accréd’ il y avait des cases interview. Ok cool, mais moi j’ai jamais prévu de ma vie d’en faire des interview. Sauf qu’il y avait une petite étoile à côté des cases, dans le goût ‘vous êtes obligés d’inscrire un truc’. J’ai jeté un œil à la prog et le samedi il y avait ce groupe, Encore!, qui avait l’air sympa. Alors bon, je me dis, pourquoi pas ? Et ils ont dit que oui. Et j’ai préparé ma première interview d’un groupe de ma vie, que j’ai fait un peu avant le début des concerts, avec les deux frangin du groupe : Baudouin, le gars qui s’occupe du chant, des machines, de la basse et de la guitare, et Guillaume, le batteur. Je vous laisse la lire en écoutant le dernier EP en date du groupe.

 

Encore!

Première fois aussi que je prenais des photos en concert.

 

Vous êtes un trio de Versailles défini comme disco-house-rock, ça vient d’où ce style ?

Baudouin : Nous on vient vraiment du disco pré-80, Chic, Diana Ross, et aussi de tout ce qui a rapport avec les années 90, le rock indé américain surtout, style Talking Heads pour le côté dansant de la musique, et puis toute la house 90s… La liste est immense. Donc c’est pour ça, ça synthétise bien nos plus grosses influences.

Guillaume : C’est ça, et même sur scène il y a l’idée de disco avec les petites guitares, house avec les mélanges de boites à rythmes, on a une batterie hyper électro mais qui utilise l’énergie du rock, tous nos morceaux on les joue comme ça. On vient de là aussi, ça nous connaît bien.

Et alors, il y a une scène disco-house-rock ou vous êtes seul là-dedans ?

[rires]

Guillaume : Je pense pas qu’il y ait vraiment une scène, on synthétise ce qu’on fait avec ces mots là mais on essaye avant tout de faire ce qu’on aime, ce qu’on a envie. On réfléchit pas plus à ça dans la démarche.

Dans vos influences vous citez Johnny Winter, Stevie Wonder, Michael Jackson, les Guns… De même on vous compare à The Rapture, !!!, bref c’est vaste mais vous avez tout de même un son bien à vous. Votre idée maintenant, c’est plutôt de creuser ça ou d’explorer d’autres sonorités ?

Baudouin : En fait on peut faire un peu ce qu’on veut, on peut avoir des basses funky, des synthés plus house voire acid, des batteries disco ou rock, vu qu’on a une vraie batterie, live. Du coup, avec les guitares en plus, on peut aller vers à peu près tous les styles que nous on aime. Les portes sont ouvertes à n’importe quoi, et ça c’est vraiment extrêmement confortable.

Guillaume : Très naturellement on reste dans le même style, mais on fait évoluer les bases que les uns et les autres ramènent, dans tous les sens, hyper rock, hyper punk… On ne se donne pas de limites. Là avec les nouveaux morceaux qui vont arriver il y en a qui sont plus pop, plus électro, on essaye de creuser ça plus profondément sans se dire qu’on va faire du Encore!, on se laisse les portes ouvertes.

C’est comment Encore! en concert ?

Baudouin : Nous l’objectif c’est que les gens dansent, sautent, fassent la fête. C’est extrêmement important pour nous, c’est ce qui fait la synthèse des styles dont on parlait, dans l’idée de retrouver un esprit club 90s où les gens venaient habillés n’importe comment, dansaient n’importe comment, arriver à ça c’est notre objectif.

Guillaume : Tous les new dance show. Faut aller voir ça sur Youtube !

Baudouin : Ouais, vous vous habillez comme vous voulez, vous venez avec la tête que vous voulez, la musique, peu importe, juste amusez-vous et passez le meilleur moment possible.

ENCORE!

Et dans le groupe, il y a aussi Charles, qui s’occupe des machines, synthés et boites à rythmes.

 

Moi je suis là en tant que Une épopée estivale alors je me suis dit que j’allais un peu axer mes questions sur les festivals. Donc, simplement, est-ce qu’il y a des festivals marquant pour vous ?

Baudouin : C’est un peu facile, mais Panoramas. Pour nous c’était un objectif de jouer ici, on sait que ça a une réputation incroyable, que les gens sont là pour faire la fête et point barre. Ça colle bien.

Guillaume : Les Eurockéennes aussi, c’était le premier festival qu’on a fait, à 14-15 ans, j’avais une dérogation par mes parents pour y aller. La Route du Rock, qui a une programmation mortelle, Dour… Mais Panoramas ça reste le Graal. Sinon les Francofolies, Calvi [on the Rock, ndlr], le truc à Nice sur la plage là…

Baudouin : On aime bien les festivals, ça correspond bien au groupe, le côté fête qui réunit plein de gens différents.

Guillaume : Et la découverte aussi, se retrouver devant une scène, devant des groupes qu’on a jamais écouté et même pour lesquels on aurait des a priori. Là tu te retrouves en face du truc et tu te fais ton avis.

Baudouin : On peut parler de NTM en 98 aux Eurockéennes, qui arrive genre ‘on va vous montrer ce qu’on sait faire, les rockers’, tout le monde s’est pris une gifle. Extraordinaire.

Justement, je voulais vous savoir si vous aviez des souvenirs particuliers de festivals ?

Guillaume : Celui-là était le plus marquant, le premier. Quand j’avais 14 ans j’écoutais du rock, j’étais là, le rap, y’a pas moyen et les mecs arrivent…

Baudouin : Gros show, danseurs, bon esprit, tout le monde était là.

Guillaume : Ils étaient là genre, ouais, c’est un festival de rock, mais on va vous montrer ce qu’on sait faire, et tout le monde était blastés, c’était énorme. C’est là que tu te rends compte qu’en festival tu peux te faire des cross-over de style, c’est mortel.

EN-CORE!!

Ce que je ne savais pas, c’est que Baudouin joue sur une Firebird, ce qui renforce ma sympathie pour lui. Et me rend jaloux.

Comment s’est fait la rencontre avec Wart ?

Baudouin : En fait on était parti en tournée avec David [Grellier, de Collège, Sexy Sushi, ndlr] et Anorak aux Etats-Unis, et en parlant avec David il nous a dit que s’il y a un tourneur qui bosse dans un esprit familial, ce qui est très important pour nous, c’est Wart.

Guillaume : Ça a été le premier à miser sur nous, et on est très fidèle par rapport à ça. Même si les autres sont prêts à surenchérir. Et puis c’est génial de bosser avec des gens comme ça, on est prêt à faire 60 bornes pour passer une soirée avec eux, boire des coups. Ça nous correspond bien.

Rapport à Panoramas, moi je suis pas super calé en électro alors je serai curieux de savoir ce qui vous fait bander sur l’affiche cette année.

Guillaume : Je pense que Whomadewho va être fou à mon avis. J’ai des souvenirs de Oizo, c’est colossal.

Baudouin : C’est énorme à voir.

Guillaume : De toute façon, la prog de Panoramas je connais pas grand-chose mais je vais y aller pour les découvertes, je pense que ça vaut le coup. Blind Digital Citizen, dans lequel Charles joue [le troisième membre de Encore!, ndlr] c’est très particulier, du rock indus chanté en français, ça j’irai voir.

Quoi comme projets ensuite ?

Baudouin : L’EP, qui devrait sortir pour octobre, ensuite l’album pour le début de l’année prochaine on espère. On bosse comme des fous, là l’objectif c’est de trouver une boîte avec qui on pourra bosser toujours aussi familialement. On bosse depuis un an sur des maquettes, tous les jours en studio. Ça va continuer comme ça tout l’été, on se concentre là-dessus, on synthétise toutes nos influences, nos envies. On est très excités par la suite.

ENCOOOORE§§§§§§§

En plus, le concert était vraiment cool.

Ma dernière question m’est venue tout à l’heure, j’écoutais Encore!, le dernier EP, j’ai commencé à me lever, me trémousser, et là je me suis demandé ‘mais au fait, ça parle de quoi ces chansons ?’

Baudouin : Guillaume en parle très bien.

Guillaume : Ça parle de l’amour avec tous les bons et les mauvais côtés qu’on pourrait avoir avec les filles, en disant ‘ouais, t’es une connasse’, ce genre de trucs mais au final c’est hyper libérateur, comme on pourrait se réveiller un matin en s’étant fait larguer alors que trois mois après ça n’a plus aucune rapport, on aurait fait le deuil de l’histoire. Toute cette spontanéité là, se dire que l’amour c’est mortel, l’amour c’est horrible, oh elle c’est une connasse, oh elle est vraiment mortelle, et tout ça avec un esprit genre de danse, de fête. On va dire, ouais c’est une connasse mais on va faire la fête, on rigole, c’est toujours positif, avec des états d’âme…

Baudouin : Du respect et un peu de second degré.

Guillaume : C’est ça, il y a pas mal de second degré, à écouter les paroles c’est plutôt drôle. Moi ça me fait marrer en tout cas, je trouve ça réussi les textes.

Baudouin : C’est moi qui les écrit, c’est pour ça que c’est Guillaume qui en parle le mieux.

Guillaume : Bah ouais, parce-que moi sur le moment j’écoute, je comprends pas tout, je déforme les paroles et au final quand je les écoute après je me rends compte que c’est intelligent, c’est marrant. Mais au début j’en ai rien à foutre, tant que ça sonne bien c’est cool.

Baudouin : Pour le choix de l’anglais, on a habité aux Etats-Unis avec notre famille pendant cinq ans quand on était tout petit, c’est ce qui en justifie l’emploi. Ça reste notre langue maternelle.

Guillaume : Et aussi c’est plus libre, on peut se permettre d’utiliser des mots qu’on utiliserait pas en français. Ça exprime bien notre état d’esprit.

Baudouin : Et pourquoi pas du français un jour.

 

Et là on s’est fait interrompre parce-que c’était la fin du temps réglementaire pour moi, mais pas de pression, j’avais posé toute mes questions. Comme quoi, ça avait beau être la première interview que j’ai menée de ma vie, il faut croire que je sais gérer mon temps. Merci les gars de Encore!, c’était bien cool de vous rencontrer, j’espère que je vous recroiserai un de ces quatre !

ANNEXE STATISTIQUE

Je suis fasciné par les statistiques de notre propre vie. C’est un truc que je consulte souvent dans les jeux vidéos quand ils le proposent, à défaut d’en avoir pour la vraie vie : nombres de kilomètre parcouru, temps passé à jouer au poker, total d’argent dépensé en achat de chapeau, tonnes de citrouilles récoltées… Et parfois, dans la vraie vie réelle du monde véritable, on a des statistiques sur nous même, comme le total des écoutes des chansons sur Itunes ou le nombre de kilomètres parcourus dans les voitures. J’aime bien ça. Alors j’ai constitué des statistiques maisons à propos de mon été de festival. Et c’est, pour le coup, le tout dernier article de Une épopée estivale.

GENERAL

Festivals (total) : 10

Places payées : 4

Places offertes : 4

Places gagnées : 2

Festivals seuls : 3

Festivals en famille : 5

Festivals comprenant le mot ‘Rock’ dans leur intitulé: 3

DEPLACEMENTS

Trajet total effectué en voiture (km) : 6 517 (+ 132 miles)

Trajet total effectué en bateau (km) : 196

Trajet total effectué en avion (km) : 900

Trajet total effectué à pied (km) : 5

Trajet total effectué à la nage (km) : 0

DEPENSES

Montant total dépensé en places (euro) : 286

Somme totale restante de jetons non dépensé (euro) : 10

Achat le plus utile (hors nourriture) : Une sacoche à porter à la ceinture

Dépense la plus stupide : un café à l’arôme subtil

Cadeau le plus cool : une bourse en cuir

Objets obtenus gratuitement à un stand : 2 badges, un chèche, une compile, un poncho, des médiators, un sac, un t-shirt, des préservatifs, des stickers, un poster, une dédicace du gars de Motocultor l’Emission

MUSIQUE

Groupes vus : 228

Concerts vus (entier) : 96

4 groupes vus, mais aucun souvenir : The Black Angels, Six Feet Under, Archive, Zombie Zombie

5 groupes ratés et c’est dommage : Kadavar, Napalm Death, BRNS, Gallows, Oxmo Puccino

Groupe annulé et j’en pleure encore des larmes de sang : Motörhead

Groupe annulé et je m’en tape, en plus je les verrai cet été : Clutch

Pire clash horaire : Atari Teenage Riot – Swans – Ghost – Volbeat – Napalm Death

2 têtes d’affiche qui divisent le public : Neil Young & Crazy Horse, Godspeed You! Black Emperor

Artistes déjà vus auparavant : 13

6 artistes vus sur plusieurs festivals : Shibuza Shirazu Orchestra, Cali, Arno, Asaf Avidan, Carbon Airways, Stupeflip

Artiste vu 3 fois durant l’été : Asaf Avidan

5 groupes en Black qui ne font pas du black métal : Black Angels, Black Spiders, Black pyramid, Black Breath, Black Cobra

8 groupes qui bégaient : Zombie Zombie, Shake Shake Go, Electic Electric, BBBrunes, Allah-Las, Féfé, The XX, !!! (chk chk chk)

FESTIVALS

Festival le plus chaud : les Déferlantes

Festival le plus anglais : Hawkeaster

Festival le plus noctambule : Fortress

Festival le plus extrême : Hellfest

Festival le plus breton hors de la Bretagne : Le Rock Dans Tous Ses Etats

Festival le plus découvertes : La Route du Rock

Festival le plus sympatoche : Au Pont du Rock

Festival le plus bonne ambiance : Les Chants de Marins de Paimpol

Festival le plus camping : Le Bout du Monde

Festival le moins emballant : Les Vieilles Charrues

CAMPING

Montages de tentes : 7

Usage du camion pour dormir : 2

Campings non compris dans le prix du billet : 4

Consommation d’alcool excessive : 1

UNE EPOPEE ESTIVALE

Articles : 13

Pages (word) : 78

Mots : 20 198

Caractères : 92 500

Paragraphes : 309

Photos : 50

Vidéos : 4

Expression la plus crispante beaucoup trop utilisée : ‘Je ne vais pas épiloguer’

Nom original du projet : FESTIVALMAN, une épopée estivale.

DIVERS

Bracelets (total) : 5

Bracelets (au poignet actuellement) : 3

Guitares testées : 5

Conférences de presses : 2

Smartphone cassé : 1

Cheville foulée : 1

Festival décevant : 0

EPILOGUE

Et donc voilà la fin de l’hiver, et j’ai fini de raconter mon été. C’était deux aventures cool, autant participer à tous ces festivals que les raconter. Et puis on aura appris plein de trucs, non ? Non, pas vraiment en fait. Je l’avais dit, ça n’a pas la volonté d’être utile. A part si vous tenez vraiment à suivre mes conseils vestimentaires, mes astuces pour boire à l’œil sur le camping ou ma méthode pour monter sur une scène pendant un concert. Parce-que ça va pas tarder à redémarrer, mine de rien, on arrive au printemps, les programmations des fest sont annoncées les unes à la suite des autres. Le Hellfest, ça fait un moment, et je suis bien content d’avoir pris ma place dès juin dernier (pour rappel : Aerosmith, Black Sabbath, Deep Purple, Status Quo, j’en passe et des meilleurs). A côté de ça, pas grand-chose me donne vraiment envie pour le moment, les prog se ressemblent un peu trop, non ?

Alors est-ce que je vais refaire un été de festivals ? Aucune idée, je n’en savais rien de toute façon avant de le commencer, l’année dernière. Je vais envoyer cette épopée estivale au maximum de sites et journaux possibles, peut-être que certains seront intéressés pour me payer un pass ou deux pour que je leur chronique des fest. Rock’n’Folk, si tu me lis…

Mais en même temps, je n’ai pas attendu la saison des festivals pour m’y remettre. Hey, le week-end dernier j’étais aux Hivernautes, à Quimper ! The Inspector Cluzo était génial. Et aussi, j’ai un peu expérimenté : festival Invisible et festival du Flim Court en tant que bénévole, c’est tout nouveau, j’ai tenté, c’était cool. Et à côté de ça je suis sensément étudiant chercheur en histoire et je bosse sur le festival Elixir, qui a eu lieu dans les années 80… Bref, je n’ai pas quitté l’univers du festival avec l’arrivée de l’automne, et de l’hiver. Bien au contraire.

Merci à vous de m’avoir lu, merci à toutes les personnes qui m’ont fait des retours, positifs ou non, c’était vraiment top, merci à @tslesfestivals de m’avoir fait de la promo sur Twitter, merci à toutes les personnes qui m’ont accompagné durant l’été sur les festivals.

Une épopée estivale est dédiée à Scott Asheton, batteur de The Stooges, décédé le 15 mars 2014.

FORTRESS

Je n’avais pas de billet à prendre en photo, parce-que j’ai gagné ma place. Et ouais.

Quoi : Fortress

Quand : 21 septembre 2013

Où : Guilers (Finistère)

Avec qui : tout seul, mais j’y ai trouvé un pote

Après la Route du Rock, je pensais en avoir terminé avec mon épopée estivale. Je n’avais plus de festival en prévision et l’été se finissait tranquillement. Avec la rentrée des classes, la saison semblait belle et bien conclue, mais c’était sans compter sur ma chance. Qu’on se le dise, j’aime bien les soirées électro mais je n’y connais rien, alors je n’ai jamais envie de payer pour y aller, même si je sais que je m’amuserais sans aucun doute. Mais quand je me débrouille pour ne pas avoir à payer, j’y vais avec plaisir ; Astropolis et tout je m’y amuse comme un petit fou. Et donc, j’avais joué à un concours pour gagner une entrée à Fortress, une nuit électro organisée au fort de Penfeld, et j’ai gagné, et j’y suis allé. Avec le recul, c’était évident que ma saison de festival ne pouvait pas finir avec la Route de Rock, ça aurait été trop abrupte, sans logique, alors qu’avec Fortress j’ai bien eu conscience que c’était la conclusion de mon aventure, d’autant que la soirée avait lieu dans la nuit du 21 septembre, donc à la jonction de l’été et de l’automne. Quoi de mieux pour finir cette épopée ?

J’allais tout seul là-bas, mais j’ai l’habitude, et en plus j’y ai retrouvé un pote, ce qui est quand même une très bonne chose, ce qui ne m’a quand même pas empêché de passer la nuit seul à écouter la musique. Tout ce que je connaissais en arrivant à Fortress, c’était le Sonic Crew, parce qu’on les voit un peu tout le temps dans le coin. Je suis pas super fan, mais bon. Je suis arrivé trop tard pour voir Bantam Lyons, mais je ne voulais surtout pas rater Au Revoir Simone, un trio plutôt sympa et posé. Enfin ça j’en savais rien en arrivant dans le fort, mais avec un nom pareil, franchement, je ne pouvais pas les rater. Après elles se sont enchaînés plus de 6 heures de musique, avec Âme, le Sonic Crew, Dusty Kid, Rolando et Rodriguez Jr. Je le savais parce-que je m’étais fait un petit running order personnel, mais sans j’aurais été bien incapable de différencier telle prestation d’une autre, si ce n’est que Dusty Kid avait une casquette. Sérieux les mecs, je n’y connais que dalle, c’est affolant.

Je me suis vraiment fait un Running Order, je ne mens pas. J’ai même ajouté les horaires de bus, parce qu’on sait jamais.

J’y connais que dalle mais j’aime bien pour autant, de genre à rester devant les enceintes à danser en sentant le souffle du son des heures durant. J’exagère, je me lassais relativement vite, et je fatiguais, mine de rien. Mais c’est pas très grave, quand je commençais à m’ennuyais je pouvais déambuler dans le fort, qui est un endroit vraiment super pour accueillir des événements du style. La scène est centrée au fond du lieu, et il y a des rampes des deux côtés pour accéder à des coins surélevés d’où on pouvait voir la scène, le public et les supers projections lumineuses sur le murs du fort, et où se trouvait les différents stands, de quoi se poser et tout. J’ai fait beaucoup d’aller-retour pour boire de l’eau, parce-que ça donne soif de bouger toute la nuit. Et pourtant il faisait humide, toute la nuit on a eu une petite bruine collante qui ne nous a pas quitté. C’était cool, ça donnait une atmosphère un peu spé à l’ensemble. Un peu stressant, parce qu’on se demandait s’il n’allait pas pleuvoir, mais cool quand même.

Et donc je déambulais à travers le fort, genre toute la nuit, dès que je n’étais pas devant la scène. La seule déception c’était que pas grand monde n’était motivé à papoter, à part un gars. C’est peu, surtout sur 6 heures. Et c’est bien pour ça que je déambulais. Un truc fou, c’est le nombre de gens qui oubliait leur gobelet par terre. Je veux dire, ces trucs sont consignés, ça vaut 1 euros chaque, c’est pas le genre de truc que j’oublierais de rendre, et là il y en avait vraiment partout c’était délire. Alors bon, quitte à déambuler, j’en ai ramassé quelques uns, histoire de rentabiliser cette soirée que je n’avais pas payé. Résultat : un total de 20 euros, juste en marchant en écoutant de l’électro.

Mais pour revenir à la musique, c’était bien. Je ne peux pas en dire grand-chose, mais c’était bien. Je sais que j’ai bien aimé Âme, ça c’est sûr. Je crois que Dusty Kid aussi. Tout était top. Voilà voilà. Je me sens con en face de gars qui jouent de l’électro, je comprends rien. Un groupe de rock, c’est simple, le gars il tape sur sa batterie, ça fait un bruit, l’autre gars il gratte les cordes de sa guitare, ça fait un bruit, l’autre gars il crie dans un micro, ça fait un bruit, et tout ça ensemble ça fait plein de bruit, ça j’arrive à comprendre comment ça marche. Mais quand je vois un type tout seul derrière son ordi et quelques boutons créer autant de son, là je comprends plus. Déjà, je ne faisais pas bien la différence entre live et dj set, mais on m’a expliqué depuis. Enfin si, je me doutais que live, le type il recrée en live sa musique, mais j’arrivais pas à comprendre le principe du dj set, genre le mec il passe juste des morceaux en faisant des transitions pour qu’on ne remarque pas quand ça passe de l’un à l’autre, c’est ça ? Enfin bref, je me sens bête.

A force de danser, de déambuler et de me sentir bête j’ai fini par avoir envie de me casser, et tant pis pour Rodriguez Jr. Et de toute façon ça ne servait à rien de rester attendre jusqu’à la fin vu que les bus ne commençaient que ¾ d’heure après la fin des concerts. Chance pour moi, j’ai eu envie de partir au même moment que mon pote, sur qui je venais de retomber. Alors on est rentrés tous les deux à pied du fort de Penfeld, en nous rendons compte qu’on ne connaissait pas vraiment le chemin en fait. Et à 7h du matin, après une nuit de musique, c’est rude de devoir marcher 5 kilomètres sans être sûr d’être sur la bonne route. Mais bon, j’ai pu justement m’informer sur les subtilités de l’électro, cette différence entre live et dj set, donc je ne peux pas me plaindre. Et surtout, avec la bruine transformée en un brouillard épais, le retour de cette nuit de musique a pris des allures fantomatiques, brouillant les contours des arbres dans la campagne et faisant apparaître de nulle part immeubles et grues une fois arrivés en ville, posant une atmosphère glaciale et fantastique. Une conclusion parfaite pour mon épopée estivale.

LA ROUTE DU ROCK

L’affiche était super smooth, je trouve.

Quoi : La Route du Rock

Quand : du jeudi 15 au samedi 17 août 2013

Où : Saint Malo (Île et Vilaine)

Avec qui : mon grand frère et sa bande

En lisant le récit de mon été, on peut avoir l’impression que son déroulement a été murement réfléchi, que je me suis dit à un moment de l’année que j’allais faire un max de festivals et que je me suis organisé en fonction pour mettre en place ce qui est devenu mon épopée estivale. Il n’en est rien. Au contraire, tout s’est fait au fur et à mesure de la saison. Certains des festivals étaient programmés dans mon emploi du temps depuis longtemps, comme le Hellfest ou le Bout du Monde, mais pour d’autres j’ai plus hésité, comme le Hawkeaster ou les Vieilles Charrues. Et pour certains, je me suis décidé sur un coup de tête, genre Au Pont du Rock. Pour ce qui concerne La Route du Rock, c’est pire que sur un coup de tête : à aucun moment je ne m’étais dit que je prendrais ma place pour le fest. Je ne m’étais pas vraiment renseigné à son propos, et c’est seulement quand j’ai reçu un sms de mon grand frère qui me proposait de venir avec lui et sa bande – m’affublant au passage du sobriquet de ‘festivalman’ – que je me suis dit que pourquoi pas.

Grand bien m’en a pris. Déjà parce-que j’avais très envie de découvrir ce festival. J’en entendais parler depuis des années, on ne m’en disait que du bien, que c’est ‘The place to be’. Bon. De la programmation, j’étais content de voir Jacco Gardner, que je connaissais un peu. Et c’est tout. Sérieusement, je ne connaissais rien d’autre. Ce qui est génial, c’est que rétrospectivement je me rends compte que c’est le festival où j’ai découvert le plus de chose et dont j’écoute maintenant le plus d’artistes : Parquet Court,  Bass Drum of Death (devant lesquels je me suis niqué l’épaule en tombant d’un slam), Allah-Las, Moon Duo, !!!, Suuns… J’ai vu tout plein de concerts vraiment top d’artistes dont j’ignorais totalement l’existence et que je n’avais nulle part d’autre. Y’avait quand même Nick Cave et ses Bad Seeds que je connaissais de réputation et que j’étais content de voir, par curiosité. Et avec le recul et mes découvertes y’a plein de groupes que je veux revoir, c’est formidable.

Tout plein d’artistes au top, et aussi des moins bien.

J’expérimentais aussi un truc nouveau : le pass V.I.P. Toute la bande en avait un, alors j’ai suivi le mouvement histoire de ne pas être en porte à faux. C’était relativement simple d’y avoir accès sur ce fest, en fait, vu qu’il y avait des pass à vendre pour un peu plus cher, le prix pour être privilégié. Et les privilèges, y’en avait tout plein : déjà on avait une entrée spéciale, alors on ne devait pas faire la queue pour la fouille, et on pouvait entrer et sortir comme on voulait, et puis on avait accès au bar V.I.P. dont le principal avantage était de proposer des transats à la cool, et puis on avait aussi droit d’assister aux conférences de presses des groupes. Voilou. Ah si, aussi on avait droit à un pass avec sa photo et tout, pas juste un bracelet un peu nul. Et ça c’est la méga frime. Un luxe certes, mais la frime tout de même.

C’est mon frangin qui a choisi la photo de mon pass. Je l’avais prise l’année précédente en rentrant d’Astropolis, où j’avais passé la nuit. Merci grand frère.

Et puis les concerts étaient pas tous au top, je peux même en citer pas mal qui m’ont gonflés, comme Iceage, Efterklang, Hot Chip ou Tame Impala, ces deux derniers que j’ai été très content d’écouter calé dans les transats V.I.P. Parce qu’on pouvait pas aller  voir autre chose si on s’embêtait, vu que une seule scène ne jouait à la fois. Il y en avait bien une deuxième, mais elle alternait, et elle était mal placée en plus, c’était dur d’y accéder, ou alors y’avait trop de monde qui voulait voir les groupes cools qui jouaient dessus je sais pas. Résultat, des fois je m’ennuyais un peu, surtout en fin de journée quand ça finissait par de l’électro. J’ai rien contre l’électro, notez bien, mais là je trouvais que ça tombais chaque soir comme un cheveu sur la soupe. Donc ni Fuck Buttons ni TNGHT ni Disclosure ne m’ont retenu, je suis chaque fois parti au camping avant la fin.

Il est sympa le camping de La Route du Rock. L’ambiance est bon enfant j’ai trouvé, j’ai beaucoup ri avec les gars qui racontait qu’ils passaient la soirée aux différentes boîtes de nuit, le Macumba et je ne sais plus quoi, en fait juste des campements qui passaient de la musique. Et puis ben j’ai bien rigolé avec mon frangin, mais ça c’est normal, parce-que je rigole toujours bien avec lui. Instant choisi : le premier soir, je venais de me pieuter, et j’entends des bruits de pas qui se rapprochent. Mon grand frère frappe à la porte, légèrement saoul, me demande si je n’ai pas à manger. Moi, de bonne volonté je lui offre du pain de mie et du pâté Hénaff (marque déposée). A ma stupeur, je le vois poser l’intégralité du pâté sur une tranche de pain et manger ça directement comme ça, en retournant à sa tente. Le lendemain matin, il m’a dit qu’il ne se souvenait plus de ce passage de la nuit, mais qu’il s’en était en partie douté en retrouvant des bouts de pâté entre ses dents. Bref, j’ai bien rigolé.

Le concert que j’ai préféré, je pense que c’était celui de Godspeed You! Black Emperor (Avec un nom comme ça, c’est presque évident que c’est du post-rock non ?) J’ai adoré combien les sonorités du groupe étaient envoûtantes et hallucinantes, y’avait rien à voir, tout à ressentir, et c’était incroyable. Enfin je dis ça, mais je sais que pas mal de gens étaient sceptiques face au concert et ne l’ont pas trouvé adapté pour un festival. Pourtant c’était trop bien.

Un truc cool du fest, c’est La Feuille de Route, un quotidien gratuit distribué en début de journée, qui raconte la veille, prépare la journée qui vient, propose des interviews, des jeux débiles… Bref, c’est cool.

Et donc à La Route du Rock j’étais avec tout une bande, mais c’était un peu différent des autres fois, parce-que là ils étaient plus vieux. Comprendre, des trentenaires. Ça me changeait des vingtenaires des Chants de Marins. Mine de rien, on peut observer quelques petites différences dans leur comportement de festivaliers. Déjà, les filles vont dormir à l’hôtel. Pourquoi pas, je peux comprendre qu’elles tiennent à leur confort, même si elles manquent la partie sympa du festival-off, genre le type qui est venu me remercier pour la bière que je lui avais filé sans même le savoir dans la queue du Rock Dans Tous Ses Etats, presque deux mois avant, j’hallucine encore. Et puis ils sont motivés pour des trucs spaces, les trentenaires, comme aller au resto le midi. Ça va, les concerts commencent à 18h00, donc il y a carrément le temps, alors je me me suis fait entraîner là-dedans, il fallait aller jusqu’aux remparts, en voiture et tout, avec tous les autres festivaliers qui faisaient pareil, c’était un peu le bordel. Mais sympa. Genre visiter Saint Malo et tout, j’avais jamais fait. Et manger avec tous ces trentenaires supers cool ! Au restaurant.. Pendant un festival… Bizarre quand même. Enfin pas autant bizarre que leur idée du lendemain d’aller manger des huîtres, mais là ils n’ont pas réussi à m’embarquer avec eux, faut pas déconner.

J’ai préféré traîner sur le camping, mais l’ambiance est pas si chaleureuse que ça en fait. J’ai l’impression que ça déconne moins, que c’est moins détendu qu’ailleurs, plus propre sur soi. Ça doit être parce-que ce n’est fréquenté que par des connards de hipsters super contents d’écouter leur rock indé à la con que personne d’autre ne connaît, et s’auto congratuler de cet état de fait. Mais j’ai quand même était bien reçu par mes voisins qui m’ont invité sur leur campement après que je leur ai prêté spontanément mon maillet. Et pas loin de chez nous, il y avait tout une bande de copains à moi que je ne croise que dans les concerts ou dans les soirées sympas, genre aux bons endroits aux bons moments. Ça fait toujours plaisir de les voir, c’est un peu la confirmation que je suis à un endroit et un moment top.

Parce-que sans aucun doute, La Route de Rock c’est un endroit et un moment top. Un festival que je suis bien content d’avoir expérimenté, après en avoir autant entendu parler, où j’ai pu découvrir tout plein de groupes cools et bien m’amuser. Et puis j’étais avec mon grand frère, alors ça ne pouvait être que super.

CHANT DE MARIN DE PAIMPOL

Gouel kan ar vartoloded’13

Quoi : Festival du Chant de Marin

Quand : du vendredi 9 au dimanche 11 août 2013

Où : Paimpol (Côtes d’Armor)

Avec qui : mon amoureuse et ses amis

L’autre jour avec mon père on discutait de mon été de festivals, et on s’est rendu compte que plus de la moitié des fest que j’ai traversé cet été, c’était la première édition à laquelle je participais. Genre si on prend le festival du Chants de Marin de Paimpol, beh c’était la première fois que j’y allais. Comme par hasard. Mais qu’est-ce qui m’a bien pris d’aller là-bas ? La prog ? Oui non, enfin si, mais bon, c’était pas non plus ultra bandant. Je suis content d’y avoir vu Emir Kusturica, Gocoo, Tri Yann et compagnie, mais juste pour ça je ne sais pas si j’aurais fait le déplacement. En réalité, je me suis décidé à faire ce fest parce qu’on me l’a super bien vendu. ‘On’, c’est mon amoureuse. J’ai eu droit à tellement d’anecdotes sur l’édition précédente que je ne pouvais que vouloir y aller.

Genre déjà parce qu’on va être entre potes. C’est vrai, on était une bonne bande de joyeux jeunes gens hébergés chez Mamie S. qui, disons-le, sait recevoir. Et vas-y que ça te plante la tente dans le jardin, et vas-y que ça te gare la voiture devant la maison et que ça dort dedans, et vas-y que ça va faire du camping sauvage sur la pointe à côté… Mon amoureuse et moi on y est allé avec le camion. Le camion, c’est une Evasion bleue, les grosses voitures de Citroën là. Mais depuis que je suis tout petit, on dit le camion. Bref. Le camion c’est une institution dans ma famille, quand il sera plus là – ça arrivera forcément un jour – on continuera à en parler jusqu’à ce qu’il en devienne une légende. On compte plus le nombre de déménagements, vacances, festivals… que ce truc a pu faire. Rien que pour ce qui concerne cette épopée : Hawkeaster, il était là. Hellfest ? Pareil. Vieilles Charrues il était de la partie, et Bout du’ aussi. Et donc on s’est dit que ce serait tip top de l’avoir pour pioncer dedans, posés sans pression avec le matelas et tout, comme à la maison t’sais. C’est vite devenu une poubelle. Je ne sais pas comment on a fait, mais on devait trouver ça marrant de balancer tous nos détritus dans un coin. C’est une mauvaise idée. Mais marrante. Mais mauvaise.

‘Jouons nonchalamment aux boules.’

Or donc, on était posey sur le terrain de Mamie S. C’est super comme endroit parce qu’il y a plein d’activités à faire, style partie de frisbee, atelier lecture, baignade et tout. On m’a même convaincu de jouer à la pétanque, sérieux, moi ? A la pétanque ?! Ça devait bien faire une petite éternité que j’avais pas joué, alors je ne donnais pas cher de ma peau, mais c’était bien me sous-estimer vu que j’ai gagné. Ok, on était deux, mais je suis sûr que ma maîtrise du terrain accidenté a pesé lourd dans la balance. C’était un festival-off intimiste, en fait. On était pas dans un camping de festival, on était entre potes, mais on était quand même en festival, je sais pas si vous saisissez. Faut imaginer un camping de festoche, mais qu’on aurait condensé pour le faire tenir en une dizaine de tente. Et c’est carrément cool. Parce-que c’était des gens cools qui peuplait ce campement, cela va sans dire.

Genre je mens pas, j’ai vraiment joué à la pétanque quoi. Délire.

Sauf que voilà, sous ces abords de camping tranquille entre copines y’avait des concerts. Et plus que des concerts, carrément un festival sur trois jours. Y’avait plein de trucs que je voulais voir, style Emir Kusturica, Tito Puentes, Tri Yann, EDF, Fauve et tout, et aucun ne m’a déçu, d’autant que la bonne ambiance était plus que de mise à Paimpol. En même temps, à partir du moment où on te laisse entrer avec ton cubis sur le site des concerts, y’a pas trop à s’en faire de se faire emmerder. Niveau découverte, j’ai adoré Gocoo, des japonais qui faisais des percus, c’était trop bien, genre on dansait comme des fifous, je crois que y’avait même le chanteur d’Appalooza je te raconte pas le déliiire. C’est Nadeah que j’ai trouvé super sympa aussi, mais je m’en souviens plus trop en fait. Et puis y’avait tous les groupes que j’étais content de revoir, comme Arno, Les Goristes et le Shibusa Shirazu Orchestra, qui ont sorti le dragon pour l’occasion. Même ce bon vieux Asaf Avidan, ça faisait la troisième fois de l’été que je le voyais mais je ne me lassais pas de lui. Il est sympa cet Asaf. Un bon gars.

Queguiner Matériaux Fest ma gueule.

Et à ce moment de la lecture, intrépide lecteur, vous allez me dire : ouieuh, tout çaa, quand même, je veux pas dire, mais bon, c’est pas comme si tu avais l’air d’avoir vu beaucoup de chant de marins, alors que c’est le festival du chant de marin. C’est tout à fait exact. Force est d’avouer que malgré une programmation qui est, j’en suis persuadé, passionnée, fine et connaisseuse, je n’en ai que peu profité. Tout juste si je me souviens des Souillés de Fond de Cale, et de Bounding Main, qui étaient ultra cool ceux-ci. Mais cependant néanmoins, j’ai vu plein de fanfares. Parce-que y’a des fanfares aussi à ce festival, comme La Fanfare ô Pruneaux (prix de la fanfare la plus smooth du monde), et je pense que c’est une information qui est nécessaire pour mesurer la stature de la fête. C’est pas juste un espace style un champ avec deux trois scènes entre lesquels on déambule, là on est sur les quais de Paimpol, y’a genre des bateaux, des stands qui vendent des trucs über géniaux comme des bourses en cuir et des artistes de rues de partout. Tout l’espace est occupé, et c’est vraiment top pour le coup, ça change des grands terrains des autres fest. Là, n’importe où ils se passent des trucs. Quand c’est pas un concert, c’est du théâtre de rue, quand c’est pas ça c’est un stand marrant, et quand vraiment y’a rien, y’aura toujours un stand de saucisse pour s’arrêter ou bien la terrasse d’un café. En parlant de café, y’avait un putain de stand qui vendait des cafés trop bons, c’était délire. Bon, il fallait faire la queue, c’était cher et je n’y connais rien au café, mais c’était v’la cool.

Enfin bref, je ne vais pas épiloguer, l’escapade à Paimpol, c’était top. A la fois pépère et fantastique, à l’image de ce moment quand on rentrait dormir et qu’on a été a arrêté par des gars qui s’étaient cachés derrière des poubelles pour donner nous un petit concert improvisé en soufflant dans des bouteilles de bières. Ou aussi le moment où avec mon amoureuse on distribuait les carambars que sa maman nous avait filé, en essayant de les planquer dans les poches des gens pour qu’ils les découvrent plus tard. Ou encore quand on est rentrés en se dévissant le cou tellement on voyait d’étoiles filantes.

‘Bonjour, nous sommes des jeunes gens sympathiques, motivés pour s’amuser !’

Et puis quand il fallu partir, il s’est produit un truc magique : normalement, si tout le monde est arrivé avec ses affaires, tout le monde peut repartir avec ses affaires, vous me suivez ? Ok, j’admets que des gars ont dû partir plus tôt et qu’il manquait donc une voiture, donc moins de place pour ramener sacs, tentes et instruments. Mais de même les sacs de bouffe étaient vidés. Alors je ne m’explique pas comment on a pu remplir à ras-bord le camion des affaires de tous les autres personnes du campement. Mais vraiment plein à craquer, si on avait pas pu ramener tout ça à Brest je ne sais même pas comment il s’en serait sorti. Magique quoi. Comme le retour, c’était magique aussi, le soleil il se couchait petit à petit, on était bien, le ciel était beau, il faisait chaud, on écoutait de la musique, on rentrait tranquillement, sans pression, on venait de passer trois jours au top, alors on était bien. Ou alors c’est surtout qu’on était amoureux.

LE BOUT DU MONDE

C’est marrant, je savais pas que j’avais le billet 00001.

Quoi : festival du Bout du Monde

Quand : du 2 au 3 août 2013

Où : presqu’île de Crozon (Finistère)

Avec qui : mon papa, mon amoureuse, mon meilleur pote et plusieurs dizaines de zazous.

J’ai fait pas mal de festivals. Certes. Mais à un moment de ma vie je n’en avais fait aucun, et il y a donc eu un jour où j’ai mis pour la toute première fois les pieds sur le site d’un festival. Et oui. C’était au Bout du Monde, en 2003. J’avais 11 ans, j’étais avec mon père, ma mère et mon petit frère, et on était allés juste une journée, pour voir Manu Chao. Je n’en ai pas vraiment de souvenirs, à part des barrières sur le chemin et moi qui danse pendant le concert. Disons que c’est assez flou.

Les festivals, une affaire de famille.

Je trouve ça marrant que c’est là que j’ai commencé à écumer les fest, parce-que celui-ci à la réputation d’être familial. Je sais pas d’où ça vient, sérieusement, je vois pas en quoi les Vieilles Charrues, Au Pont du Rock ou Astropolis est moins familial. Bon peut-être pas Astro. Je sais pas, je vois plus de gamins au Hellfest qu’au Bout Du. C’est peut-être parce-que l’ambiance se veut plus tranquille-pépère-posée. Ou alors parce qu’il y a un camping réservé aux familles, où j’avais d’ailleurs planté ma tente. J’étais dans mon droit hein, je veux dire par là, j’étais avec mon papa. Mais outre l’aspect réunion familiale très sympa, il y a un côté pratique à ne pas négliger quand on est dans ce camping : on a la tranquillité pour le sommeil. J’entends par là que personne ne joue de didgeridoo, ne fait de chenille ou même ne parle trop fort passé une certaine heure. Le pire que j’y ai entendu, c’est un gars qui reprenait Julien Clerc à la gratte, avec ses copines qui faisaient les chœurs. HARDCORE !

Bon, mais quel intérêt d’être dans ce coin du camping ? Beh pour bien dormir, suivez un peu bordel à queue. Non, je ne suis pas clair. On peut très bien faire la jaille dans les autres campements toute la nuit, mais dès que la fatigue survient, hop, on rentre à la maison, on dort nickel et on est le plus frais de la bande. Et ouais. Parce-que la bande elle était au rendez-vous, et ça me changeait de mes autres festivals en solitaire, là je n’avais que l’embarras du choix ! Déjà, mon père et ses copaings, autoproclamés ‘les vieux’, qui étaient supers fatigants mais tellement fun. Je ne vais pas faire la liste de la kilotonne d’âneries qu’ils ont pu déblatérer, je donne un seul exemple : ces grands dadais ont mis en place un putain de passage piéton pour traverser l’allée du camping. Dit comme ça, c’est difficile de comprendre combien c’était génial, mais je vous l’assure, ça l’était.

Sur ce même campement, on avait la deuxième bande, avec mon amoureuse qui venait y dormir (après qu’on ait déménagé son bazar, je vous laisse imaginer la tête des gars qui m’ont croisé un matelas pneumatique sous le bras, surtout quand je leur ai demandé où trouver la piscine), mon meilleur pote et sa sœur et le Tartimiel et sa pote. Du beau monde, mais même si on était sur le même campement, on vaquait à nos occupations et on ne s’est pas tant croisé que ça. C’était cool, on pouvait se raconter ce que l’on avait manqué, moi je leur faisais un compte-rendu des concerts et eux me racontait comment ils ont pu observer un type enroulé dans une couverture de survie errer de l’autre côté du grillage du camping, grimper par-dessus pour revenir du bon côté (je cite : ‘il semblait léviter’) et enfin venir taxer une clope. Comment en était-il arrivé là ? Il avait suivi le tuyau. C’est ce qu’on lui avait dit de faire en sortant du poste de premier secours pour retrouver son chemin. Alors il a suivi le tuyau. Un peu trop loin, sans doute. Enfin bref.

La troisième bande, c’était celui des potes de mon amoureuse.  C’était là qu’on venait faire de bruit avant de rentrer dormir. Et si je dis ‘les potes de mon amoureuse’, c’est pour schématiser, bien sûr. Ils sont vite devenus mes potes, d’autant qu’en festival ça accélère la chose. Mais je nomme ce campement comme ça pour plus de commodité et, avouons-le nous, si je n’avais pas été amoureux de mon amoureuse, je n’y aurais certainement jamais mis les pieds vu que je n’y aurais connu personne. C’est donc là qu’on buvait du jus de pomme plus que de raison, qu’on chahutait gaiement, blaguait de façon potache, criait, riait, parlait trop fort, bref, qu’on faisait tout ce que l’on fait dans le joyeux monde du festival quand on est une bande de gens qui s’entendent bien entre eux, qu’on est entourés de quelques tentes et qu’une bâche est tendue pour qu’on puisse s’abriter dessous.

JEU : amuse toi à retrouver mon amoureuse sur cette photo !
INDICE : c’est la plus belle.

Bien sûr, on admettra que je repère des campements disons principaux, mais n’oublions pas que l’on est en festival et que de fait il y a des campements près à nous accueillir partout, pour n’importe quelle raison, parce-que ici il y a une personne que je connais, parce-que là un gars a trouvé que mes lunettes me vont bien, parce-que de ce côté-là quelqu’un a ouvert une bière en trop. Il y a quand même un campement où je ne me suis pas arrêté, parce-que en passant à côté j’ai entendu des gars clamer haut et fort qu’il faudrait couper la tête des mecs aux cheveux longs. Je me suis figé, ils ont senti que j’étais là, se sont retournés, et je me suis barré en courant. Ils ne m’ont jamais revu.

Blablabla, je pourrais parler pendant mille ans des anecdotes sur ce camping, genre les gars déguisés en bus que je n’ai jamais croisé, les types supers glauques qui étaient tout le temps attablés au bord du chemin sans trop bouger, les kilomètres que j’ai fait pour rallier les campements, qui étaient à l’opposé l’un de l’autre, etc… Allez, je vous raconte juste l’arrivée de mon meilleur pote, parce-que c’est cool comme histoire. Avec mon père on était déjà installés depuis un moment, et j’avais cherché, trouvé, et rejoins mon amoureuse et ses potes (easy, quand je suis arrivé ils étaient en train de faire une photo tous ensemble sur un talus. Genre une vingtaine de gens en train de crier.) Et alors j’entends qu’on m’appelle de derrière la barrière du camping, et c’est donc mon pote et sa sœur qui sont en train de faire la queue pour atteindre l’entrée. Je me dis, ‘aller, on va bien rigoler, je vais refaire la file d’attente même si ce sera sûrement deux fois plus long que quand je suis arrivé tout à l’heure’. Eh beh j’ai bien fait. Ah qu’est-ce qu’on a rit. En même temps on était aidés, merde quoi, les gars avaient ramené des mojitos qu’ils avaient fait eux même. Genre tranquillou, histoire de se mettre bien avant même d’être installés. J’aime cet état d’esprit. Evidemment, le revers de la médaille c’est que ça nécessite une organisation infaillible. Et par là j’entends deux grosses glacières, leurs sacs remplis d’affaires, et leurs tentes, tout ça calé sur un gros charriot style tout terrain. Infaillible ? Pas tant que ça. Tout a fini par lâcher, pas trop loin de l’emplacement heureusement. On aurait pu leur filer un coup de main, mais ils ont trop frimé avec leur installation de bourgeois pour qu’on ne se délecte pas de les voir galérer sur les quelques derniers mètres.

Plein de concerts !

C’est pas tout ça, mais il y a des concerts, et ils commencent à 16h45 ! Vous savez ce que j’aime au Bout du Monde ? C’est qu’on peut voir tous les concerts. Les groupes sur la grande scène jouent seuls, et ceux sur les deux petites scènes jouent à deux reprises (ce qui fait que même si des concerts se chevauchent, on peut aller voir l’autre prestation sur le créneau suivants, vous suivez ?). L’année précédente je n’en avais pas raté un seul, alors pas principe cette édition je suis allé jeter un œil à tout. Mais avec la fatigue accumulée, la saturation, ça a été plutôt succinct pour certains, genre Gaël Faye, Ebo Taylor ou Lyannaj. Alors certes le Bout du Monde n’est pas le rendez-vous des immenses stars estivales, mais on a quand même des sacrées légendes qui ont pointé le bout de leur nez. Ce bon vieux crooner de Joe Cocker, genre, qui a fait un super concert, agrémenté d’un moment magique, genre magie des festivals : un arc-en-ciel sorti de nulle part, sans pluie ni rien. Sans pression. Y’a eu Ska-P aussi, que j’avais raté plusieurs fois et qui nous a permit d’avaler avec joie quelques kilos de poussières tellement le sol a été retourné dès les premières secondes du show. Dans un style différent, Kool & The Gang nous a ‘donné une leçon de groove’, pour citer ce bon vieux Siche avec qui j’ai passé ce concert. J’étais parti pour voir le groupe tout seul, j’avais croisé personne en y allant, mais en venant prendre place juste avant que ça démarre je vois à mes pieds une boule, un gars recroquevillé sur place. ‘Mec ? Qu’est-ce que tu fous par terre ?’ ‘Mmm… Je fais un petit somme avant que ça démarre.’ Classique. J’étais bien content de faire ce concert avec lui, soit dit en passant, c’était carrément cool.

Je n’ai pas envie de m’étendre sur les concerts du fest, j’ai pas grand-chose à en dire, y’a pas tant de trucs qui m’ont retourné en fait. En vrac, j’ai bien aimé Higelin, Taj Mahal, Manu Dibango et Sandra Nkaké. Cali a fait le même show qu’aux Déferlantes, genre vraiment, mais c’était cool quand même. J’ai été vraiment indifférent à La Rue Kétanou, Rokia Traoré, Omar Perry et Seun Kuti. Les 77 Bombay Street ont réveillé eux-aussi la magie des festivals. A ce propos, je fais un aparté : j’ai théorisé la notion de ‘magie des festivals’. C’est presque un lieu commun d’entendre des gens dire que des trucs ne peuvent se passer qu’en festival, t’sais, je sais pas si tu vois ce que je veux dire. Comme si y’avait vraiment quelque chose qui fait que ces moments sont plus magiques que d’autres. Genre l’arc-en-ciel sans pluie dont je parlais tout à l’heure. Ou un autre arc-en-ciel, pile dans l’axe du chemin pour entrer sur le site du Hellfest, ou encore ce moment chamanique que je racontais dans l’épisode des Vieilles Charrues, quand Neil Young fait tomber la pluie… C’est des phénomènes assez étranges qui donnent vraiment l’impression d’être permis par le fait qu’un festival à lieu. Bon, c’est une notion encore branlante, mais moi je vois de quoi je parle. Et donc il y a eu un instant de magie des festivals pendant le concert de 77 Bombay Street : c’est quatre gars qui jouent de la pop-folk sympa, qui donne la pêche. De quoi assurer un bon concert, mais pas forcément un moment mémorable, disons. Mais là, il y a une alchimie entre le groupe et le public. C’était le troisième jour, on commençait à fatiguer, c’était encore le début de journée, genre 17h, et on voulait profiter à fond dès cet instant. Alors ça a créé une sorte d’osmose entre les gens assemblés là, comme si une énergie reliait tout le monde et permettait un temps de joie très fort. Alors donc c’était la folie dans le public, et les premiers étonnés c’était le groupe sur scène, qui semblait ne pas comprendre du tout d’où venait d’un coup cet engouement pour eux, tout ce déchaînement de bonne humeur, de bonne énergie en somme. Pour illustrer ça, le chanteur du groupe s’est lancé dans un slam, et retourné sur scène nous a dit ‘je ne sais pas ce qui m’a pris, c’est la première fois que je fais ça !’. Bref, pour moi c’était un moment magique de festival.

Hardcoredéon.

Je n’ai pas encore parlé des bananes. Et pourtant ça a été le truc qui m’a le plus fait marrer. T’avais une bande de potes, je sais pas, au moins une dizaine, qui étaient tous déguisés en banane. Et qui se baladait en régime. Ou des fois on en croisait une ou deux. Je ne saurais pas expliquer pourquoi ça me faisait autant rire, mais clairement ils ont éclairé mes trois jours de fest. Le moment de gloire de cette bande là, ça a été pendant le concert du Shibusa Shirazu Orchestra, un groupe japonais délire, autant dans la musique que dans les arts corporels style Buto. Notamment deux nanas qui ont fait des chorégraphies pendant toute la durée du concert en tenant des bananes dans les mains. A un moment de concert, je vois qu’une banane (j’entends par là un type déguisé en banane) s’est placée devant le groupe, en face de l’une des deux danseuses. Puis il est rejoint par une autre banane, puis une autre, et encore une, et un de plus, jusqu’à ce que tout le régime soit réunis devant la scène. Et alors, t’as le chef d’orchestre qui se lève pour marcher un peu, fumer une clope et qui voit ça, plein de bananes géantes qui assiste à son concert. Son expression en face de ça, ça n’avait pas de prix. Il a pris des photos et tout, c’était juste parfait.

Et quand même, c’est top d’avoir son amoureuse pour faire un festival. Ça rajoute des dimensions à certains moments. Le concert de Joe Cocker était top, bien sûr, mais je ne l’aurais pas apprécié comme je l’ai fait si je n’avais pas été dans les bras de mon amoureuse. Pareil pour Cali, je m’en fichais de le revoir mais de voir mon amoureuse toute contente d’assister au concert, ben j’ai beaucoup plus aimé. Et pis je sais pas, mais je ne pense pas que j’aurais pris du plaisir à porter quelqu’un pour arriver plus vite devant un groupe si ça n’avait pas été elle, ou que j’aurais autant rigolé sur du coleslaw. Bref, c’était top.

AU PONT DU ROCK

C’était un de mes visuels préférés de l’été.

Quoi : Au Pont du Rock

Où : Malestroit (Morbihan)

Quand : vendredi 26 et samedi 27 juillet 2013

Avec qui : moi, seul et solitaire

 

Comment s’habiller en festival ? Bonne question, n’est-ce pas ? D’autant qu’il n’y a pas de réponse absolue à ça, mais bien une réponse par personne. Déjà, on a ceux qui choisissent de venir déguisés, arborant un costume de blanche-neige, de banane ou de démon des enfers à cornes proéminentes. Et il y a aussi ceux déguisés en festivaliers. J’entend par là ceux qui ont enfilé leur panoplie du parfait métalleux par exemple, avec leur plus beau blouson en jean décoré de badges et patchs de leurs groupes favoris et leur nouvelles bottes en cuir, mais aussi des gars qui passent leur fest torse nu, avec des insanités écrits dessus par leurs camarades – insanités ou pas d’ailleurs, on croise de temps en temps un mec sur le dos duquel est inscrits les horaires de passage des groupes, et c’est bien pratique.

Ces personnes costumées ne sont qu’une minorité. Parmi les autres, on a aussi plusieurs catégories. Y’a les gens qui n’ont pas fait trop gaffe qu’ils sont en festival, soit le type qui vient que pour un soir et qui est habillé comme le reste de la semaine, soit, à l’opposé, la minette ultra-maquillée et sapée comme si elle était de sortie en boîte le samedi soir (à celles-ci je leur souhaite toujours mentalement bien du courage pour affronter trois jours de fête en talons hauts). Mais on a bien évidemment des gens prévenants, souvent armés d’un accessoire fétiche style chapeau en paille ou petite chaise pliante, ceux qui ont bien étudié leur tenue en fonction de la météo et de l’environnement, et qui ont un sac à dos bourré de trucs utiles comme un k-way ou de la crème solaire (d’ailleurs, astuce pour vous qui ne voulez pas vous encombrer : pas la peine de prendre de la crème solaire, vous trouverez toujours une bonne âme pour vous cédez une partie de leur tube), et enfin on a ceux qui ont mis des fringues sales, et ils ont bien raisons vu qu’ils ont toutes les chances de se dégueulasser à un moment ou un autre.

Si je fais ce bref tour d’horizon des différents styles vestimentaires en festoche – un tour loin d’être exhaustif – c’est parce-que Au Pont du Rock j’ai reçu un nombre étonnant, disproportionné, de compliments sur ma façon de me fringuer. Ok, c’est quelque chose qui arrive de temps en temps, mais là c’était limite un gag. Mais donc je vais donner ici la tenue que j’ai porté pendant les deux jours, on ne sait jamais, des fois que ça inspirerait du monde qui voudrait briller en festival :

 

1 t-shirt ’10 MINUTES A PERDRE’ bleu, qui a eu un immense succès, je ne compte pas le nombre de gars qui m’ont crié ‘Eh Gaël’, même si je portais le t-shirt de Bapt’.

1 vieux pantalon, sale, troué, que j’ai récupéré d’une ex.

1 vieille paire de Doc Martens, boueuses, qui ont fait tous mes fest depuis quelques années (et quelques séances de peinture)

1 vieille veste en jean, héritée de mon grand frère, qui part en lambeaux (la veste, pas mon frère)

1 paire de Ray-Ban

1 sacoche du parfait petit festivalier

1 ceinture en cuir de la classe incarnée

10 ongles décorés aux couleurs du festival

 

Je suis plutôt à ranger dans la catégorie ‘sale et pratique’, avec tout ce dont j’ai besoin réparti entre mes poches et ma sacoche, et avec des vêtements de la vie de tout les jours.

Festivalier jusqu’au bout des ongles.

Mais assez de considérations vestimentaire et venons-en au festival lui-même. Un de plus avec au sein du titre le mot ‘Rock’, ça ne peut augurer que du bon. Et clairement, à ce niveau là la programmation était au top : avec des groupes comme Jim Jones Revue, Birth of Joy, Arno… le rock était représenté dans sa frange la plus couillue et dépouillée. Mais on a eu aussi 1995, Olivia Ruiz, Wax Taylor… des têtes d’affiches paradoxalement moins rock, mais qui ne cassait pas pour autant la cohérence de la prog.

Par intuition j’ai imprimé le Running Order du fest pour l’avoir avec moi. Une bonne initiative vu qu’il n’y en avait pas de prévu sur le site.

Si j’avais fait le chemin jusqu’au Morbihan, c’était principalement pour The Jim Jones Revue et The Bellrays, deux groupes que je voulais voir depuis un moment et que j’avais raté à plusieurs reprises. Les Bellrays étaient placés tôt le premier jour, et j’avais un peu peur que le public, pas encore échauffé, ne soit que peu réceptif au rock brûlant du groupe. J’ai eu tort, ça a bien bougé, et ça en valait bien la peine. Pour The Jim Jones Revue, par contre, l’ambiance était beaucoup plus posée du côté du public, alors que le groupe déversait tout son garage rock explosif qui aurait mérité une foule en délire. Le son est acéré, la mise en scène au cordeau, le style vestimentaire impeccable. Un véritable revival garage nourri au plutonium enrichi.

http://dai.ly/x12fyru

Si vous cliquez sur ce lien, vous pourrez voir une vidéo des Bellrays, c’est très sympa. Et si ça vous amuse, vous pouvez jouer à me chercher dans la vidéo, genre à 0.14 min, en train de taper dans mes mains.

Dans mes découvertes, j’ai bien aimé les Hyènes, qui m’ont autant fait marrer que bouger. La musique est pas ultra-originale, mais elle fait le boulot, et je ne suis pas du genre à cracher sur des gars qui reprennent AC/DC et Motörhead. Dans leur style, The Struts étaient bien sympa, tout en paillettes et élégance pour un rock de bonne facture, teinté d’une touche pop. Ma véritable claque, ça a été Birth of Joy, apparemment une révélation des Transmusicales. Ok, là aussi c’est peut-être du déjà vu dans le créneau rock psyché seventies, avec gros claviers bien sale, mais nom d’un pipe en bois bleue… C’est sacrément jouissif ! Avec une énergie pareille c’est pas facile de trouver à critiquer.

Sur cette vidéo, on peut observer un bel exemple de mauvais timing. A 3.10 min on m’aperçoit m’élever au-dessus des têtes, en train de partir en slam, au même moment que le chanteur de Birth of Joy. De là un temps de flottement, jusqu’à ce que, du fait du mouvement de foule, j’entre en collision avec le chanteur et me retrouve à terre. Dis comme ça ça donne l’impression que ça a été un choc de fou, mais en fait ça s’est fait tout en douceur. Mais je vous laisse mater la vidéo.

Pour en terminer avec les rockers, on a eu droit au 1969 Club, toujours efficace, et bienvenue pendant le set mou de Kavinski. Arno avait l’air cool, mais je somnolais devant lui, my bad, je savais que je le reverrai aux Chants de Marins. Les Little Trouble Kids, malgré la promesse de ‘groupe décapant style White Stripes’, ne m’ont pas convaincu plus que ça, mais c’était toujours mieux que se retaper Lescop.

Quand j’achète des billets sur internet je ne peux pas m’empêcher de les imprimer en double, de peur d’en perdre/déchirer/manger un.

Et donc, tout Rock qu’est ce Pont, il accueille tout de même d’autre styles musicaux. Wax Taylor, par exemple, devant qui je me suis littéralement endormi. Plus sérieusement, on a eu droit aux Ogres de Barback, que j’étais très curieux de voir parce-que c’est un des groupes préférés de mon meilleur pote, et j’ai carrément accroché. Les textes sont au top, chacun des membres de la famille assure sur leur instrument, c’est vraiment cool. Déception par contre pour 1995, que j’attendais autant, pour la même raison. Si la mise en scène est au poil et bien classe, le son était vraiment dégueux et je n’ai pas pu en profiter du tout. Mais c’était marrant de voir le groupe s’embrouiller avec un type du public qui s’amusait à jeter de la paille sur la scène. Je suis quand même rentré à la tente avant la fin, accompagné d’un gars qui semblait terrifié à l’idée que les mecs de la sécu ne le laissent pas passer (je vous rassure, il n’en fut rien).

La curiosité de fest, ça a été pour moi Olivia Ruiz. Je n’attendais quasiment rien d’elle, vu que tout ce que j’en savais c’était 2 chansons et le fait qu’elle était issue de la TV réalité, assez maigre donc pour avoir un avis. J’ai pu observer que le choix était sacrément malin, on avait là la tête d’affiche de la journée, qui a rassemblé une sacrée masse humaine devant la grande scène, mais ce n’était pas une artiste présente juste pour vendre des entrées, elle avait tout à fait sa place Au Pont du Rock, offrant un show de qualité tout en rassemblant tout plein de monde.

En bref, ce festival c’était un super moment, avec aussi bien des groupes cools qu’un public cool et des bénévoles cools. J’ai même eu droit, en allant faire un tour au tout dernier moment du dernier jour du côté du stand de merch, à deux badges à l’effigie du fest gratos. Merci la gentille demoiselle du stand de merch !

Les badges sont cool, mais peut mieux faire pour le bracelet.

LES VIEILLES CHARRUES

Quoi : Les Vieilles Charrues

Où : Carhaix (Finistère)

Quand : le samedi 20 juillet 2013

Avec qui : mon père

Les Vieilles Charrues, c’est le plus grand festival de France, et je ne sais pas pourquoi, mais j’arrive pas à les aimer. Je n’y suis pas allé souvent pourtant, le jeudi de l’année de Motörhead et donc cette édition de 2013, mais en même temps les programmations me disent jamais grand-chose dans l’ensemble, et toutes les histoires et anecdotes qu’on me raconte quand on veut me convaincre que c’est top, ça m’attire d’autant moins. Et quand j’y suis, je sais pas à quoi c’est dû, mais je suis pas dans l’ambiance. J’imagine que c’est parce-que je ne suis qu’un festivalier snob qui crache sur le plus grand événement en France.

Mais bref, mon père me propose d’y aller le samedi de cette année pour voir Neil Young, et moi je suis tout content, de un parce-que j’allais pouvoir me refaire une idée du festival, et de deux parce-que Neil Young. Mais non, je ne m’y suis pas retrouvé, c’est pas mon ambiance. On va me dire que c’est parce-que je ne suis pas allé au camping, que je ne suis pas resté les quatre jours, et donc que j’ai raté une grande partie de l’intérêt de la fête, voire tout l’intérêt pour certains. Ce qui est un argument stupide, vu que je ne traîne quasiment jamais dans le camping, en festival. Je suis là pour la musique.

Et donc la prog de cette année ne m’a pas parlé tant que ça. Déjà, c’est éclectique, et ça part dans tous les sens, ce qui sur le papier est une très bonne chose, mais en pratique, et en ce qui me concerne, beh c’était simplement pas des groupes qui me plaisaient. Mais je ne vais parlé que du samedi, je ne vais pas m’étendre sur l’ensemble de l’affiche. Donc, Wild Belle nous a réveillé les oreilles mais je n’en ai pas de souvenir, Jonathan Wilson m’en a touché une sans bouger l’autre, Gentleman m’a fait lever un sourcil et Cashmere Cat m’a carrément consterné (et pourtant j’étais curieux de la voir). De The Roots, le seul truc cool ça a été de les entendre jouer Jungle Boogie, ce qui m’a rappelé que je verrais Kool & The Gang au Bout du Monde, mais c’est bien tout.

En ce qui concerne le site, c’est encore la même chose, on m’en a dit que du bien mais moi ça m’a plutôt fait bailler qu’autre chose. J’ai trouvé le coin art de la rue vraiment moyen, mais c’est peut-être juste le spectacle qui était nul. Et la déco. Du côté truc breton, je me suis demandé si il y avait vraiment du monde qui se passionnait pour les gars qui se frittaient en faisant de la lutte bretonne. Attention hein, y’a pas de jugement, je me suis juste demandé ce que ça venait foutre là. Et puis bon, je vais pas épiloguer, y’a rien qui m’a touché, point. Pas d’exubérance qui t’en met plein la vue, pas d’organisation mal branlée qui te fait halluciner, ni de site à la cool ou de gens trop sympa à rencontrer. Bah. Le seul truc marrant que j’ai fait, c’est ‘gagner’ un poncho en plastique imprimé drapeau breton en chantant une chanson à un stand. Devant la gueule des gars, je me suis dit qu’il devait pas s’attendre à entendre quelqu’un chanter L. A. Woman des Doors, vu qu’ils étaient habitués à devoir écouter des gens brailler Joyeux Anniversaire ou Frère Jacques. A moins qu’ils tiraient la gueule parce-que je chante horriblement mal.

Cette fois encore, je n’ai aucune photo du fest !

Mais alors, qu’est-ce que j’ai bien pu aimer ? Quelques concerts, quand même, faut pas déconner ! Jodie Banks c’était sympa par exemple, même si j’en avais un meilleur souvenir. Asaf Avidan était cool aussi, mais moins en forme qu’aux Déferlantes. Benjamin Biolay ça avait l’air bien, mais on était parti se placer pour bien voir Neil Young, et on entend rien de devant la grande scène, même si l’autre est juste en face. Allez comprendre. Mais bref, on ne va pas se voiler la face plus longtemps, les Vieilles Charrues j’en avais rien à battre, j’aurais bien aimé faire des supers découvertes, je n’en ai pas fait ; j’aurais bien aimé trouver le festival génial, ce n’est pas le cas ; mais tout ça on s’en branle.

Parce-que si j’étais là c’était uniquement pour voir le Crazy Horse. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, ça valait amplement le déplacement. On a vraiment senti qu’on était en face d’un grand groupe. Et je dis bien groupe, parce-que si beaucoup de festivaliers étaient venus juste pour voir ce bon vieux Neil, avec sa gratte acoustique et ses tubes de Harvest rappelant des bons souvenirs de jeunesse aux cinquantenaires, moi je voulais assister aux rugissements électriques du Crazy Horse. Ça a gueulé dans le public, je me souviens bien des gars lançant haut et fort « Ils se croient dans leur garage ou quoi ?! » parce-que le groupe prenait cinq minutes à finir leur morceau, en partant sur des longues plages bruitistes ultra-prenantes. Voir ça sur la plus grande scène du plus grand festival de France, ça n’a pas de prix. Et si ça ne suffisait pas, on a eu un moment totalement mystique : Neil Young et sa bande nous joue une sorte de drone complètement froid et halluciné, des blocs de bruits qui viennent frapper le public. L’atmosphère est sur-tendue du fait des sonorités et parce-que c’était pas du tout ce à quoi s’attendait la majorité de la foule, et sur la fin du morceau il a commencé à pleuvoir, comme si les éléments sentaient la force qui se dégageait de la scène. Et à ce moment là dans les enceintes retentit les cris ‘No Rain’ entendus à Woodstock, et la partie acoustique du concert démarre, et la pluie s’arrête aussi sec. Totalement mystique. Merde quoi, comment ça se fait que tout a été aussi bien calé ? C’est pas normal, désolé, y’avait de la magie dans l’air, un tour du côté du Crossroads, j’en sais rien, je voudrais bien savoir, j’en ai encore des frissons. Mais bref, après ça on a une petite respiration acoustique, pour faire plaisir à tout ceux qui l’attendait, Neil Young seul en scène, avec guitare et harmonica, et ensuite c’est reparti pour de l’électrique avec ses potes. Et quand le concert se finit, j’ai pu me remettre à respirer normalement.

C’est donc plutôt enthousiasmés par le concert du Canadien que mon père et moi on est allés se prendre une bière et se poster devant l’autre scène pour découvrir Hanni El Khatib. On attendait pas grand-chose du pauvre gars qui devait passer après le Crazy Horse, et pourtant ça a été la bonne découverte du festival. Du bon garage rock explosif, qui met la banane et fait danser, parfait pour décompresser après la performance précédente. On est biens, devant la scène , on papote des souvenirs de concerts d’un gars qui est encore ému de Neil Young. Et après ça, on fait un dernier tour des scènes, on est déçus par tout ce qui passe en toute fin de journée, et alors on rentre dormir sur le parking, parce-que franchement on va pas insister plus que ça.

Bilan des Vieilles : je ne suis toujours pas emballé par le festival, mais je béni le ciel qu’il existe, parce-que ce n’est pas partout que j’aurais eu l’occasion de voir un concert aussi incroyable. Ça valait clairement le coup de se déplacer.

LES DEFERLANTES

Y’avait trop pas de bracelet cette fois, j’étais trop déçu.

Quoi : Les Déferlantes d’Argelès-sur-mer

Où : Argelès, (Pyrénées-Orientales)

Quand : du dimanche 07 au mardi 09 juillet 2013

Avec qui : une amie

Je suis peut-être simple d’esprit, mais je ne savais pas que 41°C ça pouvait exister en France. Naïf, je me disais que de telles températures, aussi extrêmes, ne devaient être que l’apanage de  Dubaï, et que les records les plus fous atteignaient difficilement 50°C. J’ai donc appris deux choses en allant à Argelès-sur-mer (frontière de l’Espagne, côté Méditerranée) pour le festival Les Déferlantes : d’abord, il peut effectivement faire 41°C en France, ensuite, je supporte ça très bien. Par contre, l’amie avec qui je suis parti, j’ai cru qu’elle allait en mourir.

J’ai pas de photos du festival, alors je vais illustrer l’article avec des photos de mes vacances dans le sud. Voilà voilà. Donc ça c’est le château de Foix.

Resituons l’affaire. Depuis un moment, nous nous étions dit tous les deux que l’on verrait un jour Madness ensemble. On découvre que le groupe passe pendant l’été à la Fête du Bruit de Landerneau, juste à côté de chez nous. Le problème c’est qu’elle comme moi on boycotte ce festival. Qu’à cela ne tienne, me dis-je, le groupe sera sûrement en tournée, on pourra peut-être le voir ailleurs ! Et alors je découvre les Déferlantes. Le programme tel qu’il était annoncé à ce moment là m’a fait halluciner : Madness, bien sûr, mais aussi Motörhead, Iggy Pop, The Hives, Jake Bugg, Maceo Parker, Lou Douillon, Asaf Avidan, Ben Harper, C2C… Même les BBBrunes j’étais content de les revoir ! Bref, je me suis mis à baver, et j’ai proposé cette solution. Le seul problème c’est que le festival n’est pas situé à 20 km de chez nous comme la Fête du Bruit, mais plutôt à 900 km. Alors on a transformé ça en une véritable aventure : un petit tour dans le sud de la France, deux semaines de voyages qui nous ont fait passer par Toulouse, Argelès et Lyon. Quand je parle d’Une Epopée Estivale, c’est que je n’ai pas fait les choses à moitié !

On a aussi fait un tour à Montségur, fief des Cathares.

Et le festival alors ? Rétrospectivement, je penche plutôt pour dire que c’est trois soirées de concerts qui étaient proposées plutôt qu’un véritable festival. Je m’explique : il n’y avait pas de camping de prévu, donc on était dispatchés dans ceux du coin, donc cette ambiance si particulière des festoches ne s’est pas créée. Aussi, on était obligés d’utiliser la voiture pour rejoindre le parking où nous attendait des navettes pour rejoindre le site, donc ça réduisait aux festivaliers la possibilité de boire de l’alcool. Je ne dis pas que c’est un ingrédient indispensable pour que ça fonctionne, mais quand même.Et je ne sais pas, je n’étais pas ultra à l’aise dans l’atmosphère des Déferlantes. Et ce n’est pas à cause de la chaleur. Bon, un peu sans doute. Je ne saurais pas trop dire pourquoi exactement, ça doit être l’amoncellement de plusieurs petites choses, genre les prix vraiment abusifs style 5 euros la petite bouteille de cola, le public pas forcément toujours agréable, la jauge un peu trop conséquente… Je sais pas, j’étais pas totalement à mon aise quoi.

Cette cascade, on l’a vu quand on est allé faire une randonnée de deux heures en montagne. C’était joli.

Mais si je critique ça, ça n’empêche pas que la qualité était tout de même au rendez-vous. J’ai déjà cité la prog, vraiment bluffante, mais l’autre IMMENSE atout des Déferlantes, c’est son site : le cadre du festival, c’est un superbe amphithéâtre naturel avec la Méditerranée en toile de fond et un putain de château (!). Et comme c’est un parc, il y a aussi des arbres quand on s’éloigne des scènes pour s’abriter à l’ombre, et cacher en partie la vue évidemment. Niveau stand et connerie du genre, j’ai été content de retrouver le stand RiffX que j’avais déjà vu au Hellfest, avec ses transats à la cool et ses Gretsch à disposition, sans pression. A proximité on avait aussi le super stand de jus de fruit, béni soit-il, c’était le moins cher de tous et le meilleur, le plus rafraichissant, et assez reculé pour pas être assaillis comme toutes les autres échoppes !

Par contre, cette cascade là était nulle. Normalement le débit est sensé passer de très fort à quasi que dalle en l’espace d’une demi-heure, mais là ça marchait pas, c’était juste fort.

Donc on a eu trois soirées de concerts, chacune plutôt cohérente. Pour schématiser, la première soirée était plutôt ciblée jeunes révolutionnaires avec Dub. Inc., Saez et Ben Harper, la deuxième pour les clubbers, avec Madness (!!), Jamiroquaï et C2C et la dernière visait les rockers avec les Stooges, les Hives et Motörhead (et les BBBrunes). Je schématise grossièrement, mais c’était vraiment flagrant : les trois jours ont vu passer un public différent, et une ambiance diamétralement opposée. Sans vouloir prêcher pour ma paroisse, le jour des rockers était le plus sympa, peut-être parce-que le public était plus habitué au monde du festival ? En tout cas ça faisait de bien de revoir des gens portant des t-shirts de groupes.

Le scandale du festival, c’était le programme : il n’était pas distribué en avance, faisait la taille d’un A4 et on en avait un différent PAR JOUR. D’un c’est pas pratique, de deux c’est pas écolo, de trois c’est complètement con !

Le dimanche (oui, le festival s’étalait du dimanche au mardi, me demandez pas pourquoi), on s’est réveillés les oreilles avec Shake Shake Go, de la pop sympa qui construit tous ses morceaux comme suit : un instrument démarre, la chanteuse suit, puis le reste des instruments en même temps. Après ça, Willy Moon arrive, et si le début de son concert était particulièrement enthousiasmant, le surplus de bande sonore m’a empêché de vraiment rentrer dans son délire. Je passe sur Dub. Inc., pour qui je reste définitivement hermétique (et ce n’est pas faute d’avoir essayé). Saez, par contre, dont je n’attendais absolument rien, m’a bien surpris, y’a quelque chose qui se dégage du groupe je trouve. En plus, pendant le concert j’ai pu voir Maceo Parker, depuis la seconde scène, se poster au bord pour mater Saez et hocher la tête en signe d’approbation. Et ça c’est cool. Maceo Parker, c’est lui que j’attendais , et en rien il ne m’a déçu. C’est groovy, c’est funky, c’est parfait. C’est donc gonflé à bloc que l’on reçoit le set de Ben Harper… pour être aussi déçu que prévu. Pour l’avoir déjà vu aux Vieilles Charrus, je m’attendais à ne pas être défrisé. D’autant que là, il y avait une astuce : on venait voir Ben Harper & Charlie Musselwhite, et de fait seulement le répertoire de leur album commun. Pas loin de s’endormir, on a quand même tenu jusqu’à Lily Wood & the Prick, mais désolé pour eux, on est partis se coucher au bout de 3 chansons. Pas notre truc.

On est aussi allés à Lyon. La photo, c’est un des gratte-ciels de Villeurbanne.

Et là je vais vous raconter un truc : le retour au camping (vu que, comme je l’ai dit, le camping n’était pas prévu au sein du festival, on a donc dû louer un emplacement nous même). Et déjà le retour au parking pour récupérer la voiture. Il fallait prendre les navettes. Et ces navettes étaient des putains de petits trains de tourisme. Pour être franc, c’est une des idées les plus formidables que j’ai pu voir en festival. Sauf que ici, c’était pas marrant, genre les gens tiraient à moit’ la gueule. Moi dans ma tête je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer les wagons remplis de joyeux festivaliers du Hellfest chahutant gaiement, chantant, rigolant, vivant quoi, merde ! Là, le seul truc cool c’était de rouler à balle sur la route, dans ces petits trains généralement plus habitués aux transports de touristes pantouflards. Et après ça il fallait rouler jusqu’au camping, et je ne sais pas comment on se débrouillait mais chaque soir on a réussit à se perdre.

Sérieeuuux quoi, un petit programme pratique c’était trop demander ?

Ce qui nous amène aux deuxième jour. En fait, les portes ouvraient à 16h30, mais les concerts ne démarraient que vers 18h. Mais bon, comme on avait pas grand-chose à faire, on allait direct au parc de Valmy profiter du soleil. A 18h donc, Balbino Medellin et sa guitare acoustique a eu la tâche de réveiller nos oreilles, à base de chants qui sentent bon l’ambiance de Perpignan. C’est cool et ça prépare au concert du parrain de l’événement, Cali, qui nous fait un show bien réglé comme il faut, enchaînant ses tubes, sautant dans le public, faisant monter les photographes sur la scène, du bon spectacle bien sympa. Plus délirant encore, la journée suit avec Charles Bradley et sa soul respectant avec application tous les codes du genre. Jusqu’à aller simuler un acte sexuel avec la scène. C’est le style qui veut ça j’imagine.

A Lyon, on a aussi visité le zoo. Il y a des pandas roux, des flamands rose, des ours bruns, des tigres oranges…

Mais le vrai concert de la journée c’était bien sûr celui qui allait suivre : Madness, le groupe qui justifiait à lui seul notre présence dans le sud de la France. Je ne vais pas épiloguer, ça valait amplement le déplacement, les tubes se sont enchaînés, les nouveaux morceaux étaient nickel, le public était fou mais pas trop, c’était vraiment bon. Et on a même eu un karaoké d’un des gars du groupe sur Highway to Hell, je n’explique pas vraiment ce moment. Toujours est-il que c’est bien cool d’avoir eu Lou Douillon à la suite, son concert super classieux que j’attendais particulièrement nous a bien calmé et envoûté. Lou Douillon, je m’étais dit pendant l’année que, obligé, je la verrais forcément à un festival. J’ai eu raison, et c’était top. Je passe vite fait sur Jamiroquai, le seul truc bien du concert c’était les projections sur l’écran géant derrière lui qu’on apercevait entre deux arbres. Par contre, C2C, qui clôturait la soirée, a bien mis le feu comme il fallait. Du très bon !

Au zoo, il y avait aussi des cactus en pot.

Le troisième et dernier jour, soit le mardi, on a eu la grosse journée que j’attendais fébrilement. Je vais vous dire un truc, y’a pas beaucoup de groupes que j’ai envie de revoir vraiment. Y’en a plein que ça me fait plaisir de revoir, bien sûr, mais que j’ai absolument envie de revoir, pas tant que ça. Parmi eux, il y a Motörhead, que j’avais vu aux Vieilles Charrues. Alors quand j’ai découvert que le groupe était programmé là, j’ai sauté partout, j’en pouvais plus, c’était la fête dans ma tête. Imaginez donc ma déception de l’extrême quand j’ai appris, deux jours avant le festival, alors qu’on était encore à Toulouse, que le groupe a dû annuler à cause de souci de santé de Lemmy. Il y avait de quoi devenir fou. Mais bon, je m’y attendais en même temps. Je suis encore dégouté à l’heure actuelle, mais c’est la faute de personne pas vrai ? Bref…

Programme, pas pratique, tout ça tout ça, vous avez compris.

Le mardi donc, on avait du beau monde, et par là je ne veux pas parler de Bow Low, dont je n’ai aucun souvenir, ni de Lescop, que je trouve vraiment très moyen. Par contre, Jake Bugg, ça c’était un gars que j’étais content de voir en concert, après avoir adoré son premier album. Et le concert était à la hauteur, autant que musicalement pour les changements intempestifs de guitare. Sérieusement, le gars a quasiment une guitare par chanson, c’est génial ! Et donc, Motörhead avait annulé, et a été remplacé par Skip The Use, que je ne connaissais que de réputation pour être un groupe qui a la patate sur scène. Et c’est putain de vrai, d’autant que j’étais toujours aussi dégouté de l’annulation du Bomber, j’avais besoin de me défouler. En plus, le groupe a fait les deux choses que j’attendais d’eux : dire qu’ils étaient terrifiés à l’idée de remplacer Motörhead (même si content d’être là) et reprendre une chanson, à savoir Ace of Spades. Merci les gars, je pense qu’on en avait bien besoin ! Une fois cette séance de pogo sous le soleil terminé, il était temps d’écouter Asaf Avidan. Pour le coup, je suis resté devant la scène principale pour être bien placé pour le concert suivant, mais le set d’Asaf était vraiment bon. J’étais content de le voir sur une grande scène, le dernier souvenir que j’avais de lui c’était sous le chapiteau du Bout du Monde.

Comme on était le 14 juillet à Lyon, on est allé voir le feu d’artifice. Là on me voit qui attend que ça démarre.

Et on en vient au concert d’Iggy Pop & The Stooges. C’est rare que je me place dans les premiers rangs pour suivre un concert, mais là j’avais un objectif : c’était la troisième fois que je voyais le gars, et je commençais à savoir qu’à un moment ou un autre le public allait être appelé à monter sur scène. Et pour bien en terminer avec cette sombre histoire de défection de Motörhead, je me disais que je pouvais bien tenter de monter sur la scène des Déferlantes ! Mais avant ça, il fallait tenir la position avant qu’on soit autorisé à grimper. Pour celles et ceux qui n’ont pas vu l’Iguane en concert, je résume : Iggy Pop est une sorte d’aimant qui attire chaque membre du public, de façon à ce que l’ensemble de la foule proche de la scène ne soit qu’un immense mouvement de foule cherchant à se rapprocher le plus possible de lui. Pas de pogo, pas de slam, juste un tas de gens écrasés bougeant lentement au son des chansons. Assez fou à vivre, perso j’ai eu un bras coincé entre deux personnes pendant une bonne partie du show. Et d’un coup c’est parti, Iggy Pop nous lance à nous tous quelque chose du goût de ‘alors bande de connard, ça vous direz de vous ramener sur la scène ?!’ et là il fallait réagir au quart de tour. On avait quoi, trente secondes ? Je vous rappelle que tout le monde était ultra-compressé, qu’il était quasiment impossible de bouger. Alors de toutes mes (maigres) forces j’agrippe les épaules des deux personnes autour de moi et je m’extraie centimètre par centimètre au-dessus des têtes, à la manière de la fin du tube de dentifrice qu’on s’acharne à vider. Ouais, mais arrivé là j’étais d’autant plus coincé, mes jambes au niveau du torse de mes voisins, mon genou appuyant dans le dos de la nana de devant et mes bras tendus au maximum. Alors j’ai réussi à plonger mon regard dans celui du mec de la sécu, lui jeter un air genre ‘sort moi de là je suis bloqué !’, il me choppe, je me tourne pour éviter de casser mes jambes et me voilà de l’autre côté de la putain de barrière, du côté de la scène, il me reste plus qu’à grimper l’escalier et j’y suis putain, je suis sur la scène avec Iggy Pop, les Stooges et une poignée d’autres connards qui ont réussi à arriver jusque là. Autant dire que c’était la folie sur la scène. Genre, Iggy Pop est passé à cinq centimètres de moi, sans pression, j’ai déconné avec les Stooges, c’était n’importe quoi, c’était génial. Pour preuve de ce que je raconte, je joins une vidéo sur laquelle on me voit en gros plan à 1 min 30, faire un signe à mon amie à 0 min 24, et mes fesses à 4 min 40. Putain ce que c’était cool comme moment. Et le concert était même pas fini, de retour devant la scène, on a eu un enchaînement I wanna be your dog, The Passenger, Penetration et Your Pretty face is going to Hell incroyable qui a fini de détruire ce qui me restait de dignité. M’en fous, je connaissais personne là-bas !

http://www.youtube.com/watch?v=stjgkw-52RM

Après ce concert, autant dire que les BBBrunes… Bon. Ils sont sympas hein, j’ai même cru qu’ils étaient devenus bons depuis le temps que je ne les avais pas vu, mais en fait non. Je passe direct aux Hives, qui clôturaient les Déferlantes. Bordel, ça c’était fort aussi. Les gars ont réussi à grapiller le peu d’énergie qui restait aux festivaliers rescapés des trois jours pour offrir un set explosif, super et drôle, pour changer. Les mecs sont tellement classes que leur roadies sont costumés en putain de ninjas ! J’adore ce groupe, j’étais vraiment heureux d’enfin pouvoir les voir en vrai, et que ce soit si bon !

Un feu d’artifice de bons concerts !

C’était donc les Déferlantes d’Argelès, c’était loin, c’était chaud, mais ça valait le coup. Et après ça, on rentrait pas directement à Brest, l’idée était d’aller jusqu’à Lyon donc, et moi je suis rentré comme un grand en avion, histoire d’être à temps pour faire les Vieilles Charrues !

http://www.youtube.com/watch?v=v5Bs_9K1y2I

Pour ceux qui sont arrivés jusqu’ici, je poste une deuxième vidéo où on me voit mieux sur la scène avec Iggy Pop. En fait, j’ai généralement assez honte de me voir sur des vidéos en concert, mais bon. On me voit à 1 min 54 tourner sur moi-même et à la fin.

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