LA ROUTE DU ROCK

LRDR

Dark

Quoi : La Route du Rock

Où : Saint Malo (35)

Quand : du mercredi 13 au vendredi 15 août 2014

Avec qui : mon amoureuse, et mon frangin, et mon frère.

Accréditation presse : non


Replaçons dans le contexte : je ne suis pas juste allé à La Route du Rock, c’était une étape dans les vacances qu’on a pris avec mon amoureuse. Le fest était prévu entre Poitiers-la visite du Futuroscope-le festival country de Vouillé et le mariage d’un pote du côté de Rennes. Comme mon amoureuse n’était jamais allée à La Route du Rock et que ça lui disait bien depuis quelques années, et que moi je n’allais pas refuser d’aller à un festoche, on a calé cette étape.

C’est pas si anodin que ça en fait. J’ai l’habitude de vraiment partir en festival. Je pars de chez moi, je fais le fest puis je rentre. Et si je traîne en chemin, tout est quand même articulé autour du festival en question, comme quand je suis allé traîner dans le sud de la France parce-que je me rendais aux Déferlantes. Ce coup-ci, donc, il n’y avait pas un focus particulier sur La Route du Rock, c’était traité dans ma tête sur le même plan que le fait d’aller au Futuroscope. Bref.

Je l’ai dit, direct après le festival on allait à un mariage. Tellement directement que ça rognait sur le dernier jour. Pour contrebalancer ça on a fait la journée d’ouverture du mercredi. Pour celles et ceux qui voulait entendre parler du samedi, de Temples, Mac Demarco et Cheveu, c’est raté.

Evidemment, l’avantage de commencer le mercredi c’est que personne n’était encore arrivé sur le camping et qu’on a pu trouver une place facilement à l’entrée. L’ambiance était au top, ça faisait festival parfait : du soleil, des gens qui ont l’air sympa, pas trop de monde, on aurait dit un grand camping entre pote. Ça n’allait pas tarder à changer… mais je m’avance. Avant d’aller voir les concerts du premier jour on a fait un tour à Saint Malo. C’est la deuxième fois que je fais ça, soit 100% des éditions de La Route du Rock. C’est plutôt anodin dans ma façon de me comporter en fest, à côté de ça, je n’ai jamais visité Clisson ou Carhaix, je me demande bien ce qui fait que Saint Malo donne envie de s’y balader et pas les autres patelins.

Bref, on est allés à La Nouvelle Vague voir les groupes. J’aime bien l’idée de visiter les salles de concerts de France et de Navarre, je ne connais que celles de Brest en fait, et j’entends souvent parler des autres, je vois leur programmation. J’étais tout content de voir à quoi ressemblait celle de Saint Malo. Le plateau de la soirée était plutôt pas mal, Ought c’était top et Francois & The Atlas Mountain aussi. Hamilton Leithauser était gonflant, mais tant pis. Par contre, je ne sais pas si c’était juste ce soir là ou si c’est un problème récurrent mais il faisait grave chaud, genre c’était éprouvant de rester devant la scène. Je ne sais pas bien où ils ont merdé pour que ce soit si désagréable. Sinon, c’est un peu cliché de dire ça de La Route du Rock mais putain, c’est fou les brochettes de hipster qu’on voyait passer. Je ne me souviens plus bien si c’était pareil l’année dernière mais là il y avait des gars bien gratinés.

Là où le festival s’est gâté, c’est quand mes deux frangins sont arrivés, l’un le jeudi, l’autre le vendredi. Non attends, ça c’était sympa au contraire, qu’est-ce que je raconte ? En plus on était posés pas loin les uns des autres sur le camping. Je reprends : là où ça s’est gâté, c’est quand il a commencé à pleuvoir le jeudi. Ça aussi c’est un cliché de La Route du Rock, le fait qu’il pleuve et que ce soit l’horreur. En 2013 j’ai eu de la chance, le temps était au beau fixe. En 2014, c’était dégueulasse. Y’avait tellement de boue. Partout. Tellement de boue qu’une vie entière n’aurait pas suffit à savoir quoi en faire. Evidemment, on pourra arguer qu’il n’y a pas grand-chose à faire avec de la boue. Eh bien détrompez-vous, une rapide recherche sur l’internet indique qu’il semblerait qu’on peut construire des choses avec cette matière. Mais je m’égare.

Parapluie

Enorme ambiance

Bien sûr, on aurait dû prévoir des bottes en caoutchouc parce-que c’était un risque. Ou alors, depuis des années que ça dure, les organisateurs, ou la ville, ou je ne sais qui est responsable de ce désastre auraient pu faire un effort. Il parait qu’il va y avoir des travaux pour régler ce problème pour la prochaine édition, j’espère que c’est vrai parce-que c’était invivable et pas drôle.

Evidemment, au stand d’articles de camping ils n’avaient pas de bottes, ça aurait trop simple. Moi encore ça allait, j’avais mes Doc. Ok elles étaient détrempées, toutes humides et c’était désagréable, mais rien comparé à mon amoureuse et ses converses gorgées de boue : de quoi décourager même le plus motivé des festivaliers. Mais on a trouvé des petits sacs en plastique pour lui tenir les pieds au sec et ça l’a fait malgré tout. Restait bien sûr à supporter de mettre 10 minutes pour faire 20 mètres, chaque pas étant un combat pour ne pas se vautrer. Je sais que je me plains, mais putain c’était relou.

Sinon, musicalement je ne me souviens pas de grand-chose finalement. Autant en 2013 j’avais fait le plein de découvertes, autant là c’était mitigé. Quand même, j’ai bien aimé The War on Drugs, The Fat White Family, Slowdive et Metz. Voilà. J’ai pas du tout aimé Porthishead. Et puis de toute façon tous les performances étaient plus ou moins niquées par le fait qu’il fallait constamment faire gaffe à la boue et aux énormes mares qui jonchaient le site. Heureusement, le vendredi ils ont foutu du foin un peu partout pour essayer de régler le problème, mais c’était moyennement efficace. La seule solution viable pour surmonter la situation c’était de se pinter la ruche, mais là encore ça m’a posé problème. On avait bien géré le mini-bar dans la tente, là pas de problème, mais arrivé sur le site des concerts je comptais finir le travail au whisky. Peine perdue ! C’est mon amoureuse qui me l’a sifflé et j’en ai été réduit à retrouver ma sobriété tout en la voyant courir dans les flaques de boue sans que ça semble lui poser problème. Tant pis pour moi, elle en avait sans doute plus besoin (cf. ses converses). Je peux me consoler grâce à une jolie collection de selfies de mon frère, elle-même et moi pris pendant Slowdive, selfies que je ne posterai pas ici par pudeur.

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Je ne sais pas comment je m’y suis pris mais je n’ai quasi aucune photo potable du fest.

Bon, une fois de plus je n’ai pas grand-chose de joyeux à raconter. Désolé, mais cette édition de La Route du Rock ne m’a pas vraiment emballé : musicalement je n’ai pas fait tant que ça de découverte, et c’est triste, et puis les litres de boue ont clairement freiné mon enthousiasme. En plus de ça, j’étais avec mon amoureuse qui elle aussi ne se plaisait guère, autant dire qu’on se tirait mutuellement vers le bas. Alors pour finir sur une note douloureuse, je vais vous raconter l’anecdote de mon fan :

Pour ceux qui ne savent pas, j’ai une page Facebook. Il n’y a pas tant de gens qui aiment cette page, et c’est bien normal vu que Une épopée estivale n’est pas connue. MAIS, parmi les quelques 180 personnes qui suivent la page (et déjà moi je trouve que c’est beaucoup), certaines sont plus assidues que d’autres et montrent leur soutien en likant mes statuts. J’avais remarqué que l’un d’entre vous likait plus souvent que les autres et ça me faisait bien plaisir, si bien qu’à quelques reprises j’en faisais la remarque à mon amoureuse, finissant par appeler cette personne « mon fan ». Bien sûr c’était une vanne, je ne suis pas égocentrique à ce point, c’est comme dire que mes été de festival sont des « épopées », là ça me faisait juste marrer de dire que ce type likant mes statuts est un « fan », alors que c’est juste un type qui like mes statuts. Toujours est-il qu’une fois sur le site des concerts, saoul, je tombe sur ce gars qui traînait avec mon frère, celui-ci qui en profite pour me le présenter. Et moi, pensant sans doute être le mec le plus fin du monde, je lui sors « Bien sûr, je vois qui tu es, tu es mon plus grand fan ! ».

Franchement, je ne sais pas comment j’aurais pu faire pour passer pour un pire connard. Merde quoi, ce gars là est un des seuls qui à l’air de suivre un peu Une épopée estivale, ça me fait super plaisir et le seul truc que je trouve à lui dire c’est ça ? Une private joke qu’il ne peut pas saisir ? Qui me fait passer pour un immonde personnage ? Bravo moi, j’en ai encore mal en y repensant. Depuis je l’ai croisé à plusieurs reprises, je crois qu’à chaque fois je me suis excusé de mon comportement de cette fois là, et j’en remets une couche dans cet article parce-que vraiment j’en ai honte.

Allez, c’était sympa tout ça, La Route du Rock#2014 je n’en garde pas un très bon souvenir mais c’est pas grave, après on partait en direction d’un mariage catholique intégriste et c’était super cooooool !

Portish'

Allez, à la prochaine !

INTERLUDE : FESTIVAL COUNTRY

country

Un festival gratuit, tiens.

Quoi : Festival Country de Vouillé

Quand : dimanche 10 août 2014

Où : Vouillé (Vienne)

Avec qui : mon amoureuze

Accréditation presse : non


Bien sûr la majorité du temps on prévoit de longue date le fait de se rendre à un festival. On écoute les groupes, on prépare la chose, tout ça. Mais en de rares occasions un fest peut surgir de nulle part et s’imposer à nous…

Or donc, avec mon amoureuse on passait une partie de nos vacances à Vouillé. Moi je voulais aller là-bas parce-que j’avais fait un exposé en médiéval quand j’étais en L1 d’Histoire. En fait Vouillé c’est le lieu d’une des trois batailles historiques de Poitiers. Celle-ci, la première des trois si je ne dis pas de bêtise, en 507, opposait Clovis à Alaric, soit les Francs contre les Wisigoths. Dans mon souvenir les Ostrogoths ne sont pas venus à la rescousse des Wisigoths, ce qui fait que Clovis a pu gérer. C’est ce qui a fait que les Wisigoths se sont retrouvés jetés en Espagne, où ils sont restés jusqu’à se faire latter par les Maures, un truc du style. Clovis, de son côté, a reçu un titre honorifique de la part de l’Empire Romain d’Orient, ça faisait un rappel de la grandeur de Rome, je me souviens plus trop.

VOULLYEAH

VOUILLE, TERRE D’HISTOIRE

Le jour de notre arrivée on prend juste le temps de jeter un coup d’œil au patelin, remettant la vraie visite au lendemain. Donc bref, on finit par aller se pieuter mais y’a un truc bizarre : on entend vachement de bruit, comme si il y avait un concert pas très loin. Mais eh, on était au lit, alors sérieux, la flemme de savoir ce qu’il en était.

C’est le lendemain, en faisant le tour de Vouillé qu’on a révélé le pot aux roses : un festival country se tient là ! Pile au moment où on s’y trouve ! Et on l’a découvert complètement par hasard, on pensait être à une brocante, mais elle se transformait doucement en stand d’articles thématiques, ambiance chapeau de cowboys et représentation d’indiens involontairement racistes.

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On sait s’amuser dans la Vienne !

Et il y avait des supers animations ! Sur les photos on peut voir ce super taureau mécanique, que mon amoureuse a testé parce-que c’est comme ça et pas autrement. Et il y avait aussi des gens qui dansaient le madison. Et sûrement d’autres trucs, je me souviens pas bien, on n’est pas restés longtemps.

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C’était abusé la difficulté du truc, tout de suite ça secouait dans tous les sens.

Enfin si quand même, on a vu une partie d’un concert, celui de Lilly West, une nana qui fait des reprises country de chansons diverses, de Katzenjammer par exemple (oui). C’était sympa quoi. Et gratuit, alors ne boudons pas notre plaisir. En repassant on a pu voir la prestation de Alan Carter, un autre grand nom de cette scène alternative. Je crois. Malheureusement, on a raté le Duo Together (sic) de ces deux artistes.

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Notez comment tout le monde mate bien en arrière plan.

Un festival surprise surgit de nulle part, certes, mais très marrant, surtout que c’était la première fois que je me rendais à un événement centré sur le country !

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Et patatra c’est fini !

LE BOUT DU MONDE

Festival de Bout du Monde !

Festival du Bout du Monde ! Festival du Bout du Monde !

Quoi : Festival du Bout du Monde

Quand : du vendredi 1er au dimanche 3 août 2014

Où : Crozon (Finistère)

Avec qui : mon amoureuse et tout plein de poteaux mais pas mon père, pour changer.

Accréditation presse : non


J’ai pas tant de souvenir que ça du Bout du Monde#2014 au final. J’étais pas trop motivé pour y aller d’ailleurs, je comptais mollement sur une accréditation qui finalement n’est jamais arrivée, et j’ai fini par prendre ma place au dernier moment alors que c’était complet ; heureusement que des gens revendent leur pass pas vrai ? Parce-que bon, j’ai été convaincu par l’argument de la présence de mon amoureuse et de plein de potes mais c’est tout. Pendant un bon moment j’ai essayé de me convaincre que la programmation était au top et me donnait envie, c’est vrai quoi, America c’est une légende, Morcheeba j’aime bien, les Wailers, ok Bob Marley n’est plus là mais ça reste un monument, Goran Bregovic y’a moyen que ce soit super aussi, etc… En vrai je me suis mis des œillères, j’en avais globalement rien à battre de voir tout ça. Rétrospectivement, les concerts étaient sympas, mais avant d’y aller bof.

le bonheur

Heureusement qu’on savait qu’on allait retrouver des gens biens.

Ce qui me turlupine surtout c’est la question de la prise de recul vis-à-vis du festival. A force de côtoyer des festivaliers je me rends compte que beaucoup ne se posent pas tant que ça la question du pourquoi ils se rendent à tel ou tel fest ; ils y vont, point final, quel que soit l’affiche, parce-que c’est une habitude. On pourra arguer que moi-même je prends ma place du Hellfest chaque année sans forcément connaître l’affiche en avance, mais c’est que je fais confiance, et si d’aventure j’y prends moins de plaisir je réfléchirais à arrêter de m’y rendre. En ce qui concerne le Bout du Monde j’ai fait comme-ci ça me plaisait d’y aller, parce-que c’était l’habitude, avec les potes tout ça, mais si j’avais pris le temps d’y réfléchir je me serais rendu compte que je n’étais pas très honnête avec moi-même. Bref, ça partait mal.

Tout ça pour dire pas grand-chose au final, j’étais moyen motivé mais j’y suis allé quand même, ouin ouin ouin pauvre enfant gâté qui n’a pas envie d’aller faire un festival. Ce coup-ci j’ai dit flûte au camping familial et on s’est installé au numéro 1 avec tous les copains, la même bande que l’année dernière (souvenez-vous). Pas grand-chose à en dire de nouveau si ce n’est que c’est toujours un plaisir de passer le fest avec eux. Ce campement c’était un peu une bulle de sympathie, parce-que le reste c’était une autre paire de manche.

Sammy

On avait un nouvel ami avec nous, Sammy, un porte-manteau que j’avais trouvé dans une poubelle juste avant de partir. Derrière lui, la joyeuse bande du Bout du Monde.

J’ai ressenti un malaise latent au sein du camping du Bout du Monde cette année. C’est pas la première fois que j’ai ce sentiment, mais je pense qu’au sortir du Roskilde et de son slogan « Take care of each other » l’impression était exacerbée ; au Bout du’ j’ai dans l’idée que peu de gens se posent la question de leur attitude envers les autres. A chaque fois que je me baladais dans le camping – moins sur le site des concerts – je m’attendais à me faire emmerder par un gars relou, qui voudrait me lécher la rouflaquette par exemple (oui), ou voir une nana rire en me regardant, c’était space et très agaçant. Pour tout dire, j’ai même un pote que s’est fait bastonné sous prétexte qu’il était déguisé en roi, paye ta bonne ambiance.

C’est d’autant plus douloureux que ça crée un sacré fossé entre l’image et la réalité. Le Bout du Monde se veut festival familial, parangon d’une atmosphère amicale et bienveillante, tous les gens se tiennent par la main pour former une ronde autour du monde, pourtant j’ai surtout été confronté à de l’individualisme mal placé et somme toute désagréable. Triste. Après c’est mon expérience à moi, je suis peut-être juste tombé sur tous les sales cons beaufs du Bout du Monde ; je veux dire par là que beaucoup de gens étaient étonnés que je dise ça, qu’ils n’avaient pas du tout été confrontés à la même situation.

D’autant que ça avait super bien démarré pour moi : avec mon amoureuse, après les retrouvailles émouvante avec ses potes, on est passé dire bonjour au camping famille où on a été super bien accueillis (parce-que ce sont des gens très bien). Après ça, je vais mettre ma canette de bière dans une des grandes poubelles, et on trouve dedans un fauteuil de camping flambant neuf de marque déposée, ceux avec le dossier et de quoi poser son verre. J’ai aucune idée de ce qu’il foutait là mais on l’a évidemment récupéré pour ajouter du confort à notre campement !

Poubelle

Pour marquer le coup, on a pris une photo de moi dans le fauteuil aux côtés de la poubelle magique.

Et puis bon, s’il y avait une ambiance globale dégueulasse ça m’a pas empêché de bien me marrer. Dans mes meilleurs souvenirs y’a la fois où j’étais dans ma tente dans l’aprèm : j’entends des sons de moteurs venant du groupe juste à côté, ça donnait l’impression qu’ils faisaient des tours à moto sous leur tonnelle. On les entendait se marrer à faire ça, à sortir des phrases du genre « attends je m’accorde » avant de repartir de plus belle, alors au bout d’un moment je sors, trop curieux de savoir comment ils se démerdaient pour faire autant de bordel et putain, ces cons avaient trafiqués des canettes de bières en métal et soufflaient dedans pour reproduire le bruit, tant d’inventivité j’ai trouvé ça formidable. D’ailleurs, si quelqu’un connaît la technique je veux bien des tuyaux parce-que j’ai essayé et c’était pas très concluant.

L’autre souvenir que j’ai c’était sur le site des concerts, on passait le début de la journée du dimanche avec la famille de mon amoureuse. A un moment on était posé tranquille pas loin du chapiteau, en train de pique-niquer ou je ne sais quoi, quand le guitariste de Jerrican Nachos & The Rookies s’est ramené, un peu fatigué du festival j’imagine. Le fait est qu’il avait porté une robe de chambre pendant les trois jours et pris un coup de soleil étroit sur le ventre et le torse. La mère de mon amoureuse lui fait la remarque et là on a eu droit à un des moments les plus drôle et douloureux que j’ai pu observer : devant nous, devant la mère de mon amoureuse, sa tante, sa cousine, il a déclaré « Eh oui, je bande vers le haut ! » qu’il a fait suivre d’un petit « Ahouuu » en fermant les yeux, comme s’il était l’homme le plus irrésistiblement drôle du monde. Sauf que, devant notre attitude, médusée que nous étions par la pauvreté de la blague, il s’est vite rendu compte de l’embarras de la situation. Heureusement, ma belle-mère a vite désamorcé la tension en lui disant qu’il valait mieux ça qu’autre chose. Toujours est-il que depuis, quand je sors une vanne volontairement moisie, je la fais invariablement suivre d’un petit « Ahouuu » en souvenir de ce bon moment.

AMUSANT

Alors ça c’était drôle : ce mec, chauve, nous a demandé de lui prêter nos cheveux le temps de faire une photo.

Je vais peut-être faire un point sur les concerts quand même. J’ai beau dire que ça m’a pas énormément chamboulé, j’ai vu des trucs très sympas, à commencer par Ibrahim Maalouf. De tout le festival c’est la seule prestation qui m’ait vraiment marqué. Je ne connaissais quasiment rien de l’artiste et si j’y suis allé c’était avant tout parce-que j’avais un plan pour interviewer Martin Saccardy, l’un de ses trompettistes. J’ai été frappé par l’intensité du concert, j’en ai causé dans cet article paru sur le Poulailler. Cette histoire d’interview c’était bien marrant aussi, j’ai eu le tuyau par mon père qui connaît la sœur du gars, par qui j’ai eu le numéro et que j’ai appelé le jour même alors que je ne m’attendais pas du tout à avoir à bosser. J’ai dû préparer des questions à l’arrache complète au campement c’était marrant, et ensuite j’ai pu le rencontrer en vitesse. Il était super sympa d’ailleurs, déjà d’accepter de me rencontrer et parce-que qu’il est cool tout court quoi. L’interview est lisible sur le site du Poulailler aussi, en suivant ce lien.

Sinon, en vrac, j’ai trouvé America pas mal même si le show manquait de vie, c’était calé, les chansons étaient bonnes, mais ils communiquaient pas trop. J’ai bien aimé Yasmine Hamdan, les Jolly Boys, Electro Bamako, Dengue Dengue Dengue et Morcheeba aussi. Ben l’Oncle Soul je n’en attendais pas grand-chose et c’était très sympa. Sinon, Keziah Jones était mou, comme prévu, Miossec on n’entendait rien de ses paroles ce qui a rendu le concert inintéressant et les Wailers c’était super bizarre. On aurait dit un juke box vivant, un concert best-of, que les meilleurs titres du groupe et ça marchait pas du tout j’ai trouvé. C’était cool d’entendre les chansons en concert, mais j’en avais rien à battre du groupe en lui-même. J’avais jamais ressenti ça, on a fini par se barrer.

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Je n’ai aucune idée de ce que l’on essayait d’accomplir.

Mais bref, j’ai pas tant de trucs que ça à raconter. C’est très flou dans mon esprit, peu de choses m’ont marqué pendant le festival. D’ailleurs mon amoureuse m’a dit qu’il fallait absolument que je raconte la toute fin parce-que c’était très étrange comme moment, mais là pareil j’ai vachement de mal à revoir la scène. On allait aux toilettes en pleine nuit et ça donnait l’impression qu’on était dans un rêve saugrenu, avec des gens qui dansaient et tapaient sur des poubelles pour faire du son, un chien qui se baladait de façon improbable, un gars avec un manteau de fourrure qui s’excusait pour je ne sais quelle raison, une de nos potes qui s’en allait avec sa valise… Tout était très évanescent, comme si c’était une fête inquiétante qui se déroulait autour de nous. Je n’ai plus le souvenir de l’événement mais la sensation curieuse m’est restée.

Enfin voilà, c’était le Bout du Monde de 2014 et c’était pas vraiment concluant. Mais je sais pourquoi ça ne m’a pas plus, et je ne referai pas la même erreur : le même week-end que le Bout du’ a lieu le Binic Folk Blues, un fest gratuit qui regroupe la crème du rock bluesy et crade actuel, et je pense que ce sera là-bas que je serai la prochaine fois !

NORBU

Je finis cet article en postant trois photos d’un moment particulièrement cool.

TROMPETTE

J’étais tombé sur mon pote trompettiste en allant voir les copains du camping famille alors je l’ai ramené avec moi. C’était très cool de discuter avec lui, ça faisait longtemps qu’on s’était pas vu, et je l’aime bien quoi, ça faisait plaisir.

LAU

Et puis voilà, c’était un vrai moment de festival, de partage, tout le monde discutait ensemble sans se prendre la tête. On était bien.

INTERLUDE : Et alors, ça fait quoi d’être accrédité ?

pano

Une épopée estivale est un média \o/

  Je pose cet article là, en réponse à une question qu’on m’a pas mal posé. Quand je dis que je suis allé à tel festival après avoir reçu une accréditation presse, et à plus forte raison quand je prononce les deux mots « pass VIP », j’ai très souvent le droit à des questionnements concernant ce « privilège ». J’imagine que c’est dû à une certaine habitude de la starification, de l’intérêt pour les peoples, ce genre de chose, qui fait que être considéré comme VIP ça attise la curiosité ; le carré VIP met des étoiles dans les yeux. Je vais donc causer dans cet article de ce que j’ai pu voir et faire en tant que possesseur de pass presse.

Pour commencer, un petit point récapitulatif pour situer sur quoi se base ma petite expérience : j’ai acheté un pass VIP pour la Route du Rock en 2013 et obtenu des accès presse/VIP en 2014 pour Panoramas, le Hellfest, le Roskilde, Karrément à l’ouest et le Cabaret Vert.

Le truc, c’est que moi je m’en bats sérieusement des accès privilégiés. Mais voyons ce que ça peut apporter.

Certains fest proposent aux détenteurs de pass VIP/presse un camping dédié, contre monnaie sonnante et trébuchante. J’imagine que pour les journalistes qui travaillent ça peut être utile histoire de récupérer, mais sinon quel intérêt ? Je suis là pour participer au festival de l’intérieur, pas pour observer de loin les festivaliers et faire un compte-rendu de ce que j’y ai vu ; je veux raconter ce que j’ai vécu, pas ce qu’il s’est passé. Alors pas question de dormir dans un camping à part ! Mais je parle sans savoir vu que n’y suis pas allé, aussi bien c’est la nouba toute la nuit au camping VIP, je n’en ai aucune idée.

Avoir accès aux conférences de presse c’est top, quoique là encore je ne les ai que peu fréquenté. A la Route du Rock j’ai pu voir la conf de Suuns, que j’ai trouvé très cool sans connaître le groupe (que maintenant j’aime beaucoup), et le récap de  l’orga sur l’édition en cours. La conf des organisateurs j’en ai vu un bout aussi au Cabaret Vert quand je suis allé jeté un coup d’œil express à l’espace VIP, mais je n’avais pas le temps de rester vu que les Kaiser Chiefs allaient démarrer leur concert. A Panoramas on m’a proposé d’assister à cette conférence le dimanche matin, alors j’y suis allé, y’a pas de raison. Je pensais que je me retrouverais avec tout plein de journalistes, mais en fait on était que 5 ou 6 attablés à l’heure du petit-déj, c’était un peu bizarre pour moi mais super intéressant.

Pour rester à Panoramas, c’était carrément cool d’être accrédité parce que j’étais invité à tout plein de trucs. Déjà la conf de presse que j’ai cité plus haut, mais aussi l’inauguration du festival avec discours des élus suivi d’un concert de Rodolphe Burger, ou encore un concert secret de Burger ! Il se trouve que j’ai raté ces deux concerts, mais je n’étais pas peu fier d’y être invité !

Dans les atouts que permet le pass VIP, la fonction coupe-file ça peut paraître cool sur le papier, mais il faut que toute ta bande l’ait aussi pour que ça soit réellement intéressant. Genre à la Route de rock j’ai pris mon pass VIP pour ça, pour pas perdre les autres qui avaient tous l’accès rapide. Par contre au Cabaret Vert j’étais le seul sur tout le groupe alors quel intérêt ? En plus on arrivait toujours tôt dans la journée, donc ils n’avaient pas à faire la queue plus de deux minutes, faut pas être snob à ce point là sérieux.

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Je le redis : ce n’est pas moi qui ai choisi la photo.

  Mais quand on me pose la question  » Et alors, ça fait quoi d’être accrédité ? », ce qui semble rendre les gens envieux c’est bien le carré VIP : comment c’est, qu’est-ce qu’il s’y passe, ce genre de chose. Mon avis c’est que je n’ai pas le temps pour ça putain ! Y’a trop de concerts déjà ! Au Roskilde, j’avais l’accès VIP, ok, mais il y avait déjà un milliard de trucs à voir, j’allais pas EN PLUS me rajouter la visite de cet espace, ou même me poser pour prendre une pause. Putain, je dormirais quand je serais mort, voilà, je ne suis pas allé jusqu’au Danemark pour siroter un whisky au bar VIP ! Pareil pour le Cabaret Vert.

Et puis souvent il y a différent niveaux d’accès. Je m’explique : avec tel bracelet on peut accéder au bar réservé VIP, mais pas au salon pour les super-VIP ; genre au Hellfest y’a une terrasse avec une super vue sur les Main Stage, j’ai essayé d’y aller mais perdu ! C’était juste sur invitation. Alors bon, le bar VIP, si c’est juste pour être avec les autres blaireaux qui ont acheté leur pass plus cher pour couper les files d’attentes, merci mais non. Je ne sais pas si les artistes traînent aux endroits où j’avais accès, mais je préfère les voir en concert que les croiser au bar VIP. Et tant bien-même je les côtoierais, qu’est-ce que je ferais ? Prendre une photo avec eux ? Balbutier deux ou trois inepties parce-que je ne saurais pas quoi leur dire d’intelligent ? J’ai mieux à faire que ça.

Et donc, ça me paraît évident, mais je le dis ici : le principal intérêt de l’espace VIP c’est le bar, où on peut généralement payer en véritable argent et non pas en jetons, et où on peut avoir autre chose que de la bière, du whisky, de la vodka ou je ne sais quoi d’autre parce-que ça reste cher et que je n’ai pas d’argent à dépenser là-dedans. Il arrive aussi qu’il y ait des toilettes supplémentaires, mais bon, j’ai toujours su me débrouiller pour ne pas attendre des plombes alors ça ne m’a jamais servi.

Sinon ça peut-être pas mal pour se poser tranquille, à la Route de Rock y’a des transats desquels j’ai écouté Tame Impala et Hot Chip. Ecouté juste, parce qu’il y a des brandes qui empêchent de voir la scène, c’est pas très pratique. Mais ça, ça ne vaut que quand les concerts sont moyens intéressants et que la fatigue pointe, en vrai c’est surtout gadget. Souvent il y a des animations réservées aux VIP, genre un dj set au bar, ou des démo de skate, du catch à moustaches… Encore une fois, c’est très sympa, mais il y a déjà des concerts à voir en fait.

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En orange le pass du Roskilde, en noir celui du Hellfest. C’est le versant triste de l’accréditation, on a pas le vrai bracelet du festival au bras… :’-(

  Ce qui est cool par contre c’est l’espace presse, un endroit où être tranquille pour bosser, avoir un accès internet, tout ça. Sauf que moi je ne me sens pas vraiment journaliste, alors je suis plutôt intimidé là-dedans, beaucoup moins à l’aise qu’avec le reste des festivaliers où je me sens plus légitime. Et puis le concept de Une épopée estivale c’est de raconter mon été en me basant sur mes souvenirs, alors le travail pendant les fest est relativement minime, si ce n’est bien sûr profiter du moment et ne pas traîner à l’espace VIP.

Sinon, ça doit être un lieu utile pour rencontrer des gens, j’imagine. Si j’étais doué pour me placer je serais sans doute plus souvent à l’espace presse, mais comme ce n’est pas le cas je n’y reste pas. A part pour interviewer les groupes, genre Elephanz et Encore! c’est à l’espace VIP/presse que je les ai vu.

Mais dans l’absolu c’est pas mal comme endroits, y’a des choses à y faire et à en croire certaines personnes on peut s’y amuser. Sauf qu’on est en festival, tout est déjà là pour s’occuper, alors rajouter l’espace VIP, en ce qui me concerne, c’est pas possible, j’ai toujours mieux à faire que d’y aller. Peut-être que plus tard, quand je me serais lassé de découvrir le plus d’artistes possible je prendrais goût à faire un tour au bar VIP pour boire un coup tranquille en rencontrant du monde, mais actuellement c’est loin d’être ce à quoi j’aspire.

Bref, l’espace VIP c’est très bien, mais vous ne m’y verrez pas !

Crabevert

Un média les amis !!

LES VIEILLES CHARRUES

TicketVC

Merci la Scarmor !

Quoi : Festival des Vieilles Charrues

Quand : samedi 19 et dimanche 20 juillet 2014

Où : Carhaix (Finistère)

Avec qui : mon père

Accréditation presse : non

Album photo


Les Vieilles Charrues, force est d’observer que je ne les aime pas, et je ne comptais pas y aller en 2014.

Bon, le jugement est lapidaire, pour dire vrai j’avais quand même envie de leur laisser une chance, et notamment d’y aller enfin plus qu’une seule journée. L’on me dit que ce qui est incroyable c’est l’ambiance, et que je ne peux pas comprendre ça en y allant qu’un seul jour, alors j’envoie une demande d’accréditation pour quatre jours en me disant que, si le Roskilde m’a dit oui, j’avais mes chances. Sauf que je reçois un refus, donc la question est réglée et ce n’est pas bien grave.

Il faut dire que le jeudi et le vendredi, presque aucun groupe de la programmation ne m’intéressaient. Il est vrai que j’aurais été content de voir les Black Keys et Franz Ferdinand, mais en ce qui concerne Indochine, Elton John, Vanessa Paradis et Stromae, non merci. En fait, si j’hésitais, c’était pour la journée du samedi : mon père avait pris sa place, lui. C’est vrai que voir Détroit, l’idée en me déplaisait pas. Enfin Détroit non, mais Bertrand Cantat pourquoi pas, ça ferait une légende de plus à barrer sur ma longue liste. Et puis ce serait aussi enfin l’occasion de voir Shaka Ponk, et en bonus les Artic Monkeys, et peut-être même quelques découvertes qui sait !

VP

Et Von Pariahs aussi !

En prenant un peu de recul, je me suis rendu compte que j’essayais de me convaincre tout seul mais qu’en réalité je n’étais que très peu tenté, et j’ai arrêté de penser à tout ça en riant de ma bêtise !

Sauf que le destin s’en est mêlé : j’avais dû participer à 2 ou 3 jeux-concours et ai reçu par la poste une lettre des magasins Leclerc m’indiquant que j’avais gagné une place, pour le samedi en plus. Tout de suite, si c’est gratuit, ça donne plus envie de s’y rendre ! Ça m’a fait me reposer la question : est-ce que, tant qu’à être là-bas, je n’achèterais pas une place pour le dimanche ? Comme ça, enfin, je pourrais découvrir et participer à cette ambiance si formidable que l’on me vend. En ce qui concerne la programmation, l’équipe du festival promet que la scène Grall sera réservée à des formations rock. A la veille de partir j’écoute ça, en particulier Miles Kane, et décide de sauter le pas, c’est décidé, je viens aussi le dimanche, j’ai hâte de pouvoir m’amuser comme on me le promet !!

Je télécharge alors l’application du festival sur mon smartphone et remarque un détail étrange : à côté de la photo de Miles Kane, ce que je prend pour un bug affiche non pas le nom de l’artiste cité mais celui des BB Brunes. Un long frisson me parcours l’échine et je vais vérifier sur le net, pour découvrir, horrifié, qu’à peine un quart d’heure après avoir pris ma place la tête d’affiche de la journée – qui a motivée ma venue ! – est annulée et remplacée par ce groupe maudit. Je ne vais pas m’étendre là-dessus, j’en ai déjà fait un article entier que je vous conseille de lire, on m’a dit qu’il était très distrayant.

BBB

J’étais très heureux.

Mais BB Brunes ou pas BB Brunes, il n’était pas question de revenir sur ma décision et nous partîmes affronter, mon père et moi, le plus grand festival musical de France, à quelques kilomètres de ma ville natale. J’y allais armé de ma meilleure volonté – après tout si je partais perdant comment aurais-je espéré m’amuser ? – et arrivé sur place il a fallu trouver un endroit pour planter ma tente. Ma tente à moi seul, parce-que si mon père était à mes côtés le samedi, il n’avait pas la témérité de m’accompagner le dimanche, mais je sais me débrouiller seul. C’était l’occasion pour moi de découvrir le camping des Vieilles Charrues, terre promise de l’amusement, du lâcher prise, d’un temps hors du quotidien où tout est permis, bref, l’espace même de ce que l’on appelle dans nos sociétés occidentales un festival. Les seuls souvenirs que j’en avais dataient de l’année 2008, autant dire que c’était flou. Bien sûr, les campeurs étaient installés depuis déjà quelques jours et nous avons dû cheminer un certain temps avant de trouver un emplacement adéquate pour mon campement spartiate.

Juste à côté, plusieurs festivaliers s’étaient installés de façon bien plus cossue : ayant mis en place une tonnelle, ce petit groupement pouvait se retrouver pour discuter et boire des breuvages alcoolisés, ce qu’ils semblaient faire en grande quantité au vu des déchets qui jonchaient leur habitat. Ces personnages m’alpaguèrent bien vite alors que j’installais ma tente, pensant que j’appartenais à la gente féminine : ils se sont en effet fourvoyés à cause de ma longue chevelure. Je ne leur en ai pas tenu rigueur et ce fut pour moi au contraire une occasion parfaite d’entamer la discussion. Cependant, ces messieurs et dames me semblaient bien vifs, et me parlaient d’une façon très directe, je n’y étais pas préparé. Un peu intimidé, je coupai court à la conversation, prétextant devoir finir d’arrimer mon couchage. Buvant silencieusement une bière avec mon père, je ruminai sur cet épisode : il me semble que je suis un habitué de cet ambiance festivalière, alors qu’est-ce qui me rend mal à l’aise ici ? Peut-être le fait d’arriver en cours de fête ? Ou bien parce-que les autochtones voisins étaient déjà bien avinés ? Perdu dans mes pensées, je me rendis compte qu’il était l’heure de se rendre devant les concerts. Mon père n’était là que pour une journée, par question d’en rater une miette !

Le paragraphe qui suit concerne des considérations musicales à propos la journée du samedi. Si votre statut de lecteur ne se double pas de celui de mélomane, je ne vous en voudrais pas de sauter directement à un pan de texte plus à même de vous satisfaire.

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Programme du samedi

Bien que décidé à ne rien rater des concerts, nous n’arrivâmes qu’en même temps que les dernières chansons de Benjamin Clementine. L’homme a su nous charmer de ses mélodies, et nous fument bien déçu d’avoir manqué la prestation complète. S’en suivi Breton, que je connaissais pour avoir assister à plusieurs de leurs concerts. Malheureusement nous n’avons pas grandement apprécié la musicalité de la formation et avons préféré partir repérer les changements du lieu. Peu de choses à en dire, si ce n’est la disparition (momentanée à ce qu’il semble) de l’espace dédié aux arts de rue. Cela ne m’a guère manqué, néanmoins. Si Jabberwocky nous a fait un peu danser, sans nous laisser un grand souvenir, c’est bien The Red Goes Black qu’il nous a plu de mirer sur la scène Kerouac. Après avoir vu le quatuor à de nombreuses reprises dans les salles des alentours de Brest cela faisait chaud au cœur de les apercevoir sur cette grande scène, devant tant de personnes assemblées ! Bravo les amis, certes ce n’est pas une fin, mais c’est une belle fierté. Il était ensuite temps d’observer sur scène l’homme Cantat. Coupons court de suite à la polémique : nous sommes en face d’une personne ayant tué sa femme et à plusieurs reprises cette pensée m’a traversé l’esprit. Mais je suis ici pour donner un avis musical, je ne m’avancerai pas dans des propos éthiques mal maîtrisés de ma part. En termes musicaux, donc, le concert fut bon. Très bon même, si j’en crois la mention que j’en ai fait, notée sur l’ordre de passage des groupes. Je connais mal Noir Désir, mal Détroit, mais je sais reconnaître un bon moment live, et c’en fut un.

AM

Arctic Monkeys

Si Arctic Monkeys devait suivre sur la grande scène, entre temps jouait Julien Doré sur la Kerouac. Mais, mal placés, nous entendîmes très mal les chansons et ne pouvons donner d’avis constructif. Les Arctic Monkeys, donc, ont donné un show plutôt convenu, moyennement prenant. Il faut dire que je suis assez frustré par ce quatuor : ils pourraient très bien jouer un rock’n’roll abrasif et tendu, mais semblent toujours s’en garder pour plutôt rester mollassons, s’autorisant quelques accélérations sur certains titres mais qui retombent bien vite. Oh bien sûr c’est de très bonne facture, mais n’est-ce pas quelque peu aseptisé ? Il n’y avait après cela rien à se mettre sous la dent, ni Disiz ni Gramatik ne nous ont intéressé et il ne nous restait qu’à nous poser en attendant le dernier concert : Shaka Ponk. Je fus surpris là où je ne m’attendais pas : du groupe on m’en avait dit le meilleur comme le pire et je restais méfiant à son égard. Pourtant, c’est une prestation très puissante à laquelle nous avons assisté, un véritable mur de son et d’image. Si j’osais la comparaison, je pourrais parler d’une sorte de Rob Zombie à la française. J’ai bien aimé.

Il était maintenant l’heure de quitter les lieux des concerts pour se frotter à celui de la fête véritable ! Le temps de faire mes au-revoir à mon père et j’étais prêt à recevoir pleinement cette ambiance si chérie par certains ! Très vite, j’ai déchanté. Il m’a semblé en arrivant au camping que les festivaliers étaient déjà couchés. C’est une sensation assez étrange d’avoir l’impression que tout le monde est au lit à trois heures du matin… Bien sûr, ça discute en chuchotant par-ci par-là, mais quand on revient du festival Morlaisien de Panoramas où les concerts finissent à 5h30, du festival clissonnais du Hellfest où les festivaliers crient toute la nuit entre les tentes, ou encore lorsque que l’on a connu le Roskilde où les personnes ne semblent pas dormir, c’est un peu déstabilisant. Je m’attendais à autre chose du plus grand festival français, à plus forte raison parce qu’on me l’avait vendu comme l’endroit même de la rigolade entre amis !!

Pourtant, j’ai fourni des efforts pour m’amuser : généralement en festival je file directement dormir pour être prêt à profiter de la journée suivante, mais il n’en était pas question cette fois-ci. D’ailleurs, pour ouvrir une parenthèse, il me semble que j’avais bien de l’énergie à revendre car aucun des concerts n’avaient pu vraiment m’épuiser. J’ai donc donné de ma personne pour faire partie de la fête et me suis mêlé aux gens. Faisons fi des convenances, après tout nous sommes en festival pas vrai ? C’est bien l’occasion de s’en aller papoter avec des inconnus non ? J’ai donc papillonné entre divers campements pour me lancer dans des conversations, et la seule chose que j’ai pu en retirer c’est un individu plutôt nuisible qui m’a suivi dans mes pérégrinations, une âme esseulée se servant de moi pour trahir sa solitude. Bien sûr, cela ne m’a pas plu mais je ne pouvais pas me débarrasser de cette tique, et chaque campement où je me rendais me pensait accompagné d’un ami. Il me faisait d’ailleurs remarquer que l’attitude de celui-ci était étrange, et c’était le cas ! Me concernant, je ne voulais que me débarrasser de ce personnage grotesque ! Tout semblait se liguer contre moi pour que je n’arrive pas à apprécier cette ambiance de fête si chère à la majorité des festivaliers…

Papa Frangin Schrub

J’aime bien cette photographie.

En fait, je me sentais étranger à ce qui se déroulait autour de moi. Pas de la même façon qu’au Danemark ; là-bas ma place d’observateur extérieur était en partie un choix, tant j’étais abasourdi par ce que j’observais. A Carhaix, j’aurais voulu prendre corps aux bacchanales qui se déroulaient autour de moi mais je n’y arrivais pas. Déjà parce-que de bacchanales il n’y en avait pas, et ensuite parce-que je ne faisais pas illusion auprès des peuplades habituées de ce festival particulier, m’empêchant de m’incruster comme je l’aurais désiré… Oui, je me sentais extérieur à ces cohortes de gens ânonnant sans discontinuer, et semble-t-il sans même comprendre le sens de leurs paroles, des variations du thème traditionnel « Pose ta bite sur mon épaule ».

Je mets ce dernier point en évidence tant il me semble important : je n’ai pu comprendre, dans mon études sur cette population particulière, l’intérêt de ce chant, « Pose ta bite sur mon épaule ». Les premières fois que je l’ai entendu remonte à plusieurs années, à ce moment il me semblait que les personnes le chantant voulaient faire preuve d’un humour potache et décalé, se jouant de paroles puériles pour en constituer d’autres toujours plus terribles et, reconnaissons-le, drôles. Mais cet été 2014 je ne pouvais que froncer les sourcils en entendant répétées inlassablement les mêmes phrases blaguant sans vraiment le comprendre sur la pédophilie et le racisme. Il me semblait que les différents chanteurs croisés ne se rendait à aucun moment vraiment compte de la teneur de leur propos et répétaient simplement des phrases atroces de manières décérébrées sous prétexte que « c’est marrant ». Je m’en suis trouvé gêné.

En définitive, et malgré le fait que j’ai insisté un long moment pour profiter de « l’ambiance formidable des Vieilles Charrues », le seul bon moment de cette soirée fut pour moi quand je suis retourné à mon couchage, tout en faisant un grand détour par le reste du camping. J’ai pu arpenter des espaces silencieux, sur lequel la brume était tombée, c’était beau et mystérieux. Peut-être qu’en réalité je me suis fourvoyé, et c’est ça l’ambiance que les gens aiment tant aux Vieilles Charrues, une ambiance mystérieuse et vaporeuse ? Je suis allé me coucher.

Bruine

Une atmosphère propice à la rêverie.

Le dimanche, autre temporalité, autre ambiance. Lorsque je me réveille, le soleil est déjà bien haut dans le ciel dégagé, l’atmosphère semble propice à l’amitié alors je décide d’aller retrouver un ami à son campement dont j’ai enfin reçu les coordonnées exactes. J’en profite pour faire la connaissance de l’ensemble de son groupe et je ne peux qu’avouer que le moment passé en leur compagnie a été très agréable : j’ai été très bien accueilli, reçu de la manière locale consistant à offrir de l’alcool aux nouveaux arrivants (je suis piquant pour peu de choses, car il en est ainsi dans tous les festivals et non pas uniquement aux Vieilles Charrues.). Cependant, bien qu’il fut très agréable de passer du temps avec ces personnes, je dû me rendre à l’évidence que cette troupe était épuisée des journées passées, étant présente depuis le jeudi, et je pris donc congé pour les laisser reprendre des forces.

Ce temps passé avait nourri ma réflexion, et j’étais à même de comprendre un peu mieux encore pourquoi je ne me plaisais que peu à ce grand festival : la plupart des gens qui me font les louanges de l’événement s’y rendent en groupe. Pour cette raison, ils s’amusent entre eux, sincèrement, et sont prêts à vendre de bonne foi l’ambiance du festival comme formidable, mais pour un agent extérieur comme moi il semble difficile de m’y intégrer. Et c’est bien là que se situe la problème : les personnes dont je parle plus haut n’avaient pour certaines vu presque aucuns concerts. Là où, en ce qui me concerne, je recherche un attrait musical, les gens qui me font l’éloge des Vieilles Charrues ne prennent pas même le temps de s’y rendre ; c’est bien que je me trouve en décalage avec les attentes des autres festivaliers. Le problème semble venir, comme je m’en doutais avant de me rendre au festival, de moi : mes attentes ne correspondent pas à celle de la majorité des festivaliers, et c’est bien pour cela que je ne m’y amuse que modérément, à l’inverse d’eux. Fort de cette observation, je me suis rendu sur le site des concerts.

Voici donc le deuxième bloc de texte concernant mes avis musicaux. Ici aussi, fier lecteur, ne t’attarde pas si ton intérêt pour ma plume critique est faible. Je ne t’en voudrais pas, d’autant que tu as déjà lu une sacrée partie de l’article, merci à toi !

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Programme du dimanche

La journée était prometteuse ! L’organisation des Vieilles Charrues plaçait la journée sous le signe du dieu rock’n’roll, en ce qui concerne la scène Grall en tout cas, rebaptisée pour l’occasion la « Rock’n’Grall », appréciez le jeu de mot audacieux ! Et je dois dire que j’ai pris du plaisir à découvrir bon nombre de formations de qualité au long de la journée. Je vais donc commencer par évacuer les artistes m’ayant laissé de marbre : Lily Allen m’a vaguement consternée, Bombay Show Pig m’a ennuyé et Girls in Hawaii ne m’a pas transporté. Totorro, bien que sympa, je n’en ai rien à dire. Enfin, les BB Brunes, je ne m’étends toujours pas et vous rappelle de lire l’article qui leur est dédié. J’ai donc commencé la journée avec Yodélice : l’on m’avait vendu l’artiste comme assez médiocre, et pourtant je l’ai trouvé très sympathique. J’attendais de pied ferme la performance du trio de Traams et je n’ai pas été déçu par l’énergie dégagée ! Autre atmosphère, j’ai adoré le concert de Christophe, très intimiste, ce qui était paradoxal en plein jour et sur l’immense scène Glenmor. Lire l’article du Télégramme le lendemain, fustigeant un concert mollasson et fermé, m’a fendu le cœur et m’a donné à croire que le journaliste n’avait pas compris une seule seconde ce qui faisait le sel de l’artiste ! La grande surprise de la journée a été pour moi Etienne Daho : je m’y suis rendu persuadé de ne pas aimer, mais c’est tout l’inverse qui est arrivé. J’ai été accroché par bon nombre de chansons que je me suis étonné de connaître et d’apprécier. Faute de Miles Kane, le groupe que j’attendais le plus était Von Pariahs. J’en garde un très bon souvenir et serais ravi de les revoir. Enfin, le dernier concert de cette édition ne fut pas pour moi Thirty Seconds to Mars, dont je ne connais rien, mais bien Birth of Joy, que j’avais déjà pu voir Au Pont du Rock. Les trois Hollandais ont confirmé mon impression : ils savent mettre le feu à la scène ! Pour preuve, un pogo a démarré pendant leur concert, un exploit aux Vieilles Charrues, le seul autre groupe que j’ai pu voir ayant permis cela était… Motörhead !

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Un très bon concert partagé avec des gens de goût. J’aime bien cette photographie, ça donne une impression « d’image du bonheur ».

Après cette longue journée à la qualité musicale certaine, il était l’heure de retourner au camping. Or, je me suis rendu compte avec horreur que je n’avais pas du tout envie de passer une seconde soirée à errer entre les tentes en espérant m’amuser. Prenant quelques minutes pour réfléchir, j’estimai qu’il était préférable de rentrer immédiatement en voiture plutôt que de devoir supporter une nuit supplémentaire dans cette ambiance qui m’est étrangère. On pourrait me traiter de couard, il est vrai que j’ai choisi de fuir, mais je savais que cette retraite était plus sage que d’insister encore. Je suis donc allé empaqueter mon campement et j’ai fait mes adieux aux Vieilles Charrues. Il n’était pas si tard que ça d’ailleurs, les concerts finissant plus tôt le dimanche. J’ai donc pu rentrer de nuit en voiture, chose que j’affectionne beaucoup, et dormir dans mon lit, loin de Carhaix.

Et voilà de mon aventure aux Vieilles Charrues, en 2014. J’ai pu comprendre un peu mieux pourquoi je ne me sens pas à mon aise durant ce festival, mais aussi profiter de prestations musicales plutôt réjouissantes. A présent, la question est la suivante : est-ce que l’on m’y reprendra ? Je n’ai rien contre ce festival, en somme, j’y suis juste étranger. Mais après tout, ça ne me dérange pas de m’y sentir extérieur si je peux tout de même profiter de quelques moments agréables. On verra ce que propose les affiches futures avant de se décider, en tout cas il est sûr que j’essaierai de ne pas avoir d’avis arrêté sur la question !

JOY

Oui, Birth of Joy ça déménageait vraiment.

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