SAMEDI SOIR SANS INTERNET

Salut les lecteurs,

Je continue Une épopée estivale, pas question de m’arrêter, jamais, mais je vais le faire ailleurs.

Avec des potes tous plus talentueux les uns que les autres on a décidé de rassembler nos talents pour créer Samedi Soir Sans Internet, un putain de webzine qui va tellement niquer tout le game actuel des médias que dans quelques années on parlera de 2015 comme l’année de la rupture entre un monde pas mal et un monde ultra cool. Plus d’infos quand le site sera lancé, ça va arriver très vite.

En plus de ça, j’ai décidé pour la troisième édition du récit d’écrire des articles dès la sortie des fest, en plus de l’article hivernal. Cette série s’appelle « [tel festival], à chaud », et je vous conseille de la lire parce-que vous n’avez pas vu un truc aussi bandant depuis longtemps.

Et aussi je vais continuer de mettre à jour la page sommaire, parce-que faut pas déconner.

Bisous les lecteurs, à très vite pour de nouvelles aventures.

Et suivez ma page Facebook pour être au courant de toutes mes aventures.

Annexe statistique

Succès critique de l’édition précédente, l’annexe statistique fait son retour cette année ! Pour ceux à qui les détails manquaient :


GENERAL

Festivals (total) : 10

Places payées : 3

Places offertes : 1

Places gagnées : 1

Accréditations presse obtenues : 7

Festivals découverts : 6

Festivals seul : 1

Festivals en famille : 3


DEPLACEMENTS

Trajet total effectué en voiture (km) : 2915

Trajet total effectué en bateau (km) : 0

Trajet total effectué en avion (km) : 3586

Trajet total effectué à la nage (km) : 0

Festivals hors de la Bretagne : 3


DEPENSES

Montant total dépensé en places (euro) : 193

Somme totale restante de jetons non dépensé (euro) : 1.5

Achat le plus utile (hors nourriture) : Une sacoche à porter à la ceinture (la même que l’année dernière, j’avais flingué l’autre)

Objets récupérés : un petit dino en plastique, des dessins imprimés par Salut C’est Cool, Le Journal du Cri, 2 ballons à gonfler, un badge Roskilde, des chewing-gum, 5 photos faites au stand Doc Martens (dont 3 avec des inconnus)…


MUSIQUE

Groupes vus : 254

Concerts vus (entier) : 116

Membres de groupes féminins vus : 44

5 groupes vus, mais aucun souvenir : Fat White Family, Cloud Nothings, Destroyer 666, Angel Olsen, Alter Bridge

5 groupes ratés et c’est dommage : Unida, Lisa Leblanc, Monster Magnet, Icona Pop, The Horrors

Meilleur remplacement : Drake par Jack White

Pire remplacement : Miles Kane par BBBrunes

Concerts limite dangereux : Prodigy, Parov Stelar, Salut C’est Cool

Artistes déjà vus auparavant : 18

Artistes revus depuis : Salut C’est Cool, Triggerfinger, Kaiser Chiefs, Ibrahim Maalouf, Julien Doré, Lofofora, The Necks

8 artistes vus sur plusieurs festivals : Cobra, Kavinski, Parov Stelar, Thee Oh Sees, Slowdive, Electric Wizard, Carcass, Arctic Monkeys

7 chanteurs & leur groupe : King Khan & The Shrines, François & The Atlas Mountain, Goran Bregovic & l’Orchestre des Mariages et des Enterrements, Saint Paul & Broken Bones, Kurt Vile & The Violators, Baptizein & Secret Yolk, Ben l’Oncle Soul & Monophonics

8 noms à rallonge : The Parov Stelar Band, Hypnotic Brass Ensemble, The Red Goes Black, Dengue Dengue Dengue, The Fat White Family, Salut C’est Cool, The War on Drugs, Mars Red Sky

15 groupes d’animaux : Arctic Monkeys, Black Tusk, Jagwar Ma, Fauve, Caribou, Cobra, Cheatahs, Les Big Byrd, Deerhunter, Bombay Show Pig, Elephanz, The Cat Empire, Mr Oizo, Year of the Goat et Damon Albarn qui jouait du Gorillaz


FESTIVALS

Festival le plus chaud : Hellfest

Festival le plus dannois : Roskilde

Festival le plus douloureux : Karrément à l’Ouest

Festival le plus vénère : Cabaret Vert

Festival le plus printanier : Panoramas

Festival le plus catastrophique : La Route du Rock

Festival le plus sympatoche : Rendez-vous Contes

Festival le plus surprise ! : Festival Country

Festival le plus dérangeant : Le Bout du Monde

Festival le plus poker face : Les Vieilles Charrues


CAMPING

Montages de tentes : 6

Usage du camion pour dormir : 0

Campings non compris dans le prix du billet : 1


UNE EPOPEE ESTIVALE

Articles : 15

Mots : 30 671

Caractères : 111 624

Paragraphes : 398

Photos : 110

Articles publiés hors de Une épopée estivale : 2

Interviews effectuées : 3

Expressions beaucoup trop utilisées : « Mais bref » & « Je sais plus trop bien »


DIVERS

Bracelets (total) : 5

Bracelets (au poignet actuellement) : 0

Pass plastifiés : 3

Billet revendu : 1

La Gazette du Cabaret Vert : n°21, n°22, n°23, n°24

Bières fortes goûtées : beaucoup

Crabes réalisés : supérieur à l’infini

Monnaie danoise restante : 2 couronnes 50

Résultat du match de ping-pong au Cabaret Vert : 19 – 21

Drapeau peint : 1

Guitare testée : 1

Festival décevant : 0

Epilogue

Les meilleures choses ont une fin, n’est-ce pas ? Il est l’heure de conclure l’écriture de cette deuxième édition de Une épopée estivale. Une nouvelle fois c’était super chouette à faire, autant la tournée en été que l’écriture en hiver. En plus, j’ai eu l’impression d’évoluer autant en tant que festivalier – j’ai fait des choses que je n’avais jamais fait, été à des festivals auxquels je n’aurais pas pensé – que dans l’écriture – c’est loin d’être parfait, mais je me suis plus appliqué et j’ai eu des bons retours.

Comme l’année dernière, malgré la fin de l’été je n’ai pas chômé en terme de festival. J’ai pu participer au Festival Invisible, à l’Atlantique Jazz Festival, au NoBorder Festival, à Dañsfabrik… Cette fois encore, pour Invisible, j’étais bénévole, mais pour les autres j’y étais en aspirant-professionnel, voui voui voui. Pas professionnel du blog mais professionnel du spectacle vivant en général, parce-que je suis cette année une formation dans ce domaine. Comme quoi, on ne se refait pas, peut-être que la prochaine édition de Une épopée estivale racontera mon expérience de stagiaire au sein d’un festoche prestigieux ? Peut-être que Une épopée estivale#2019 racontera la création d’un festival de l’intérieur ? Seul l’avenir nous le dira…

N’empêche, ça pose la question pour Une épopée estivale#2015. Alors évidemment j’ai déjà des idées de festivals qui m’intéresseraient et des projets pour faire évoluer l’écriture, mais quid de mes disponibilités ? Et quid des accréditations presses potentielles ? Il est clair que sans l’aide précieuse des différents festivals qui ont accepté de m’accréditer, l’édition de cette année de Une épopée estivale n’aurait pas eu la même tête… Je vais me pencher sur la question maintenant que l’écriture est terminée, et au pire je ferai une tournée des festivals gratuits de Bretagne. Journée de la sardine et Fête de l’Ardoise, tenez-vous bien !

Et puis bon, je suis peut-être seul à écrire Une épopée estivale mais plein de personnes gravitent autour, alors voici quelques menus remerciements : merci à tous les fest qui m’ont accrédité, Hellfest, Panoramas, Roskilde, Cabaret Vert, Karrément à l’Ouest, Paleo, aux personnes qui m’ont accompagné à travers ma tournée, aux gens qui m’ont lu, ceux qui m’ont fait des retours, positifs ou non, ceux qui ont commenté mes aventures sur le site ou sur la page Facebook, ceux qui ont partagé à d’autres mon aventure, notamment le Cabaret Vert qui m’a donné un beau boost de visites, Hugo le troll, à mes-parents-qui-ont-toujours-été-là-pour-me-soutenir-et-sans-qui-rien-n’aurait-été-possible et à mon amoureuze, qui supporte de me voir partir partout durant l’été (voire m’accompagne !). Merci à vous tous, vous êtes top.

 

Une épopée estivale#2014 est dédiée à Bobby Keys, saxophoniste de The Rolling Stones, décédé le 2 décembre 2014.

LE CABARET VERT

Crabaret

Crabaret fuck yeah

Quoi : Eco-festival rock et territoire Cabaret Vert

Où : Charleville-Mézières (Ardennes)

Quand : du jeudi 21 au dimanche 24 août 2014

Avec qui : mon meilleur pote, le guitariste de Jerrican Nachos & The Rookies, le quatrième cavalier de l’apocalypse.

Accréditation presse : oui

Album photo


Avant toute chose, sachez que j’ai écrit un article à propos du Cabaret Vert tout de suite après être rentré à la maison. C’est le seul qui a été écrit à chaud, suivez ce lien si ça vous intéresse, vous y trouverez notamment des photos des groupes, qui font défaut dans ce présent article.

Je dois avouer que après le combo perdant de Karrément à l’Ouest, les Vieilles Charrues, le Bout du monde et la Route du Rock, mon esprit de festivalier commençait à être ébranlé. Je me demandais un peu ce que je faisais là, je prenais moins de plaisir, en un mot, c’était naze. J’avais donc grave besoin d’une bonne expérience de festival pour me remettre en selle, sachant que l’été se finissait tranquillement ; de fait, le Cabaret Vert ça a été le dernier festival de ma saison 2014.

Le Cabaret Vert, c’est à Charlevilles-Mézière, soit à 800 km de Brest. On peut se poser la question de savoir ce que je suis aller foutre là-bas. C’est le guitariste de Jerrican Nachos & The Rookies qui m’avait branché plusieurs mois avant, et j’avoue que j’étais bien motivé. Faut dire que l’affiche donnait très très envie : pour la décrire je disais souvent que ça pourrait être la programmation des Vieilles Charrues, si les Vieilles Charrues programmait des artistes intéressants. En gros, ça me disait bien.

J’ai envoyé une demande d’accréditation parce-que y’a pas de raison et ils m’ont répondu favorablement. Ce qui est assez fou c’est que c’est juste en écrivant cet article que je me suis rappelé que j’avais un accès presse au Cabaret Vert, ça m’étais complètement sorti de la tête. Je veux dire, les gens du fest étaient très sympas, pas de problème, mais je ne les ai quasi pas vu. Je ne vais pas épiloguer sur le sujet, si vous voulez connaître ma position sur les accès V.I.P. et tout allez donc lire ce lien.

Et donc on était une putain de super équipe pour se ramener là-bas : le guitariste de Jerrican Nachos & The Rookies, je l’ai dit, mais aussi mon meilleur pote que j’ai dû travailler au corps pour qu’il décide de se bouger, et c’était grave cool, et un quatrième acolyte qui n’a pas encore de surnom sur Une épopée estivale et que je nommerai donc par convenance « Le quatrième cavalier de l’apocalypse ». Déjà avec une équipe comme ça, ça partait du bon pied.

oui

Une bien belle équipe.

En même temps, fallait avoir des gens motivés pour faire la route, rien que de se rendre là-bas c’était une putain d’histoire. On a, genre, traversé la France en fait. Vas-y qu’on se lève avec les poules pour s’entasser dans la caisse et tracer la route, sérieux quand on est arrivés j’avais déjà l’impression qu’on avait passé une journée en fest. Sauf que non, la blague c’est qu’il fallait se bouger pour aller voir les concerts ! Le must c’est qu’on s’est assez bien démerdés pour arriver bien à l’heure, peinards posés. Non vraiment c’était cool rien que de se rendre là-bas. Long et cool. Et puis j’avais ma casquette de conducteur alors tout allait bien.

Y’a un truc dont je ne parle pas très souvent, c’est la galère pour déplacer les affaires de la bagnole au camping. Au Cabaret Vert, franchement je ne sais pas comment on s’y est pris mais c’était l’horreur. J’ai rarement eu l’impression d’avoir autant de trucs lourds à porter, et on avait deux tours à faire chargés comme des connards c’était dingo. D’autant qu’il fallait passer par-dessus un cours d’eau, genre la Meuse, et ce en empruntant un pont, avec des marches. Merde quoi. J’en ai encore le souvenir, c’était horrible. Enfin bref, on a quand même trouvé une petite place au bord de la Meuse pour poser nos tentes et constituer notre campement, s’installer tranquille à boire des bières. Alors on a pu souffler. Ouais, souffler.

Je vais un peu insister là-dessus. Ça faisait un moment que je ne m’étais pas senti serein sur un camping de festival. A la Route du Rock parce-que tout était recouvert de boue et de mort, au Bout du Monde parce-que dès que je me baladais je tombais sur un blaireau qui se moquait de moi. A Charleville-Mézières, il faisait beau, donc pas de boue. Un des premiers trucs que j’ai fait une fois installé ça a été d’aller aux toilettes. Je ne l’ai pas fait de façon anodine, je voulais tester l’ambiance. En vrai j’étais tendu, je m’attendais là aussi à me faire arrêter par quelqu’un et avoir droit à une réflexion lourde ou je ne sais quoi. Et pourtant, aller-retour, tous les gens que j’ai croisé m’ont foutu une paix royale. Ça m’a enlevé un poids vous n’imaginez même pas, j’étais tellement heureux d’un coup. Ça m’a pas empêché de rencontrer plein de monde notez, juste à aucun moment je ne me suis senti agressé pendant le festival, et ça c’était génial.

Yeah

Peinard

J’ai des brouettes entières d’anecdotes sur des trucs vus et entendus et fait pendant le Cabaret Vert, surtout sur le camping. Je ne vais pas tout raconter, et désolé si cet article prend des allures de « je raconte mes délires entre potes » mais, hey, c’est moi l’auteur pas vrai ? Alors je vais commencer par vous causer des brunchpéro. Vous connaissez le concept de brunch pas vrai ? Un repas salé-sucré qu’on bouffe à une heure bâtarde style 11h30 ? Rajoutez de l’alcool et vous obtenez un brunchpéro, qui est devenu le repas officiel du Cabaret Vert. Et je ne me souviens plus bien mais je crois qu’on bouffait plutôt bien sur le camping, on avait dû gérer les courses. C’est peut-être pour ça que c’était si lourd les trucs qu’on a dû sortir de la voiture. Genre la caisse de fruits frais de mon meilleur pote, avec des mangues et tout.

Et puis les festivaliers étaient super cool. J’ai entendu un max de punchlines géniales pendant ce festival. C’est un peu dur, d’ailleurs, de savoir si les gars étaient super inventifs ou si c’était des blagues connues dans les Ardennes. En tout cas pour moi c’était complètement neuf. Extrait :

Y’a un type que beaucoup de monde ont croisé. Il se baladait avec des branches d’arbres et parlait partout de la puissance de la nature un truc du genre, et agrémentait ses propos de « Yeah yeah yeah yeah yeah yeah yeah ! ». Et quand tu le croisais et que tu le devançais toi-même d’un « Yeah yeah yeah yeah yeah yeah yeah ! » il te répondait « Seuls les vrais savent », c’était parfait.

Un autre gars se rendait la nuit de campement en campement pour proférer la bonne parole. Il avait trois gimmicks, je vous les donne ici, faites-en ce que vous voulez :

« Et 1, et 2, et Jean-Paul 3 ! »

« Marie ! Marie ! On-t’a-dule !

« Qui ne saute pas n’est pas chrétien, ien ! »

Et enfin, la meilleure des punchline c’était « Les jaloux vont maigrir ; et ils maigrissent à une vitesse ahurissante. » Mais pour bien comprendre cette dernière affirmation, je dois vous parler de Chef.  Chef, à la base c’était un autre gars en fait, mais il s’est barré vite. Je ne sais plus trop comment on en est arrivés à décider que ce serait le chef du campement, mais toujours est-il qu’il avait disparu dès le premier jour et a été remplacé par le vrai chef. Qui était deux, mais considéré comme une seule entité, un homme tente en fait, c’est compliqué. Retenez juste que c’était deux gars à qui on parlait au singulier.

Yeah yeah yeah

Photo combo : le mec de la nature + Chef

Chef, c’était une machine à punchline, formidable. Je n’arrivais pas à comprendre comment c’était humainement possible de sortir tant de conneries aussi créatives et drôles. Bravo Chef, j’ai rarement eu autant mal au côte en écoutant quelqu’un. J’ai cru plusieurs fois qu’on allait perdre le guitariste de Jerrican Nachos & The Rookies d’ailleurs. Et donc, son meilleur mot était « Les jaloux vont maigrir ; et ils maigrissent à une vitesse ahurissante. »

Enfin voilà, je pourrais continuer à vous causer des kilotonnes de « délires entre potes » qu’on s’est tapés mais à quoi bon ? Genre la collection de bières extra-fortes que j’avais ramené et qu’on dégustait virilement tous les quatre dans ma tente. Et les très nombreux crabes que nous avons réalisé. Allez, je cause de ça et après j’arrête. Le crabe, c’est une figure qui est réalisée par le groupe Salut C’est Cool, l’idée c’est de se tenir tous ensemble et de descendre en même temps de façon à ce que son dos repose sur les jambes de son voisin et que la structure tiennent comme ça. Pour vous donner une idée de la gueule que ça a, on appelait ça aussi « Le Carré ». Et donc, une fois qu’on a réussi à chopper le coup, on en faisait partout, tout le temps, on a même fini par renommer le festival le Crabaret Vert, c’est dire. Dès qu’on voulait se poser et frimer on en faisait un, à 2, 3 ou 4, c’était la classe, le festival entier était impressionné par notre maîtrise. Notre coup de maître ça a été de réussir à placer un crabe pendant le concert de Salut C’est Cool, alors qu’un espace suffisant c’était créé dans la foule. Ni une, ni deux, on a monté notre carré sous les hourras de la foule avant de repartir de plus belle dans la fête. Une certaine idée de la beauté.

carré

Un exemple de crabe raté.

Mais stop parler de ça et voyons un peu ce que proposait le Cabaret Vert en terme de musique, parce-que ça reste le nerf de la guerre quand même, on allait pas traverser la France pour des noisettes. J’ai trouvé la programmation du festival très bien faite. Y’avait plein d’artistes que j’étais super content de voir, genre M que je n’avais jamais vu, et qui était malheureusement naze, ou The Prodigy, qui n’était pas naze bien au contraire, c’était la guerre, totalement fou. Du genre à avoir mal aux bras encore trois jours après tellement on a dû se battre. Ça me faisait bien plaisir de voir les Kaiser Chiefs aussi, Airbourne pareil (sauf que j’ai perdu mon super bijou Motörhead tellement le pogo était vénère), Triggerfinger, Red Fang, Thee oh sees… Du rap aussi que j’avais bien envie de voir, Die Antwoord, les Casseurs Flowteurs, Joey Bada$$… Et plein de découverte du style Royal Blood, King Khan & The Shrines, Saint Paul & The Broken Bones, Jagwar Ma ou Marmozets. Non mais sérieux, c’était vraiment une programmation parfaite pour moi c’est fou. Y’avait Parov Stelar aussi putain. Fauve m’ont laissé grave sur le cul, c’était la troisième fois que je les voyais mais la première sur une grande scène de fest et c’était ultra puissant. Ils ont pris de l’assurance on ne dirait plus du tout le même groupe.

Et puis surtout il y avait le groupe pour lequel on avait parcouru ces 800 kilomètres : Salut C’est Cool. Et signe qu’on faisait bien de venir, le combo de kiffeurs ne jouait pas une fois mais deux, et les deux fois c’était incroyable. Le public était ultra-chaud, ça en devenait presque désagréable et limite dangereux, mais en même temps ça en rajoutait à l’univers du groupe et ça marchait d’autant bien.

SCC

C’était un peu le bazar quand même !

Bon, tout n’était pas génial, genre M je l’ai dit c’était nul à chier. Placebo pareil, ça nous a gonflé rapidement alors que j’étais content de les voir. Ma déception c’était surtout Findlay, je m’attendais à un show bien rock’n’roll et finalement c’est plutôt mollasson. Triste. Oh, et bien sûr Kavinsky c’était nul, mais là aucune surprise.

N’empêche, je pense que la raison pour laquelle j’ai autant apprécié autant de concerts, c’est grâce à l’ambiance générale et au comportement des festivaliers. Ceux-ci étaient à la fois bienveillants et ultra-vénères. Vénère. Vénère c’est le mot que j’ai le plus prononcé pendant le Cabaret Vert. J’ai une théorie là-dessus, que certaines personnes ont confirmé : il doit y avoir moins d’événements genre concerts et festivals à Charleville-Mézières et alentours qu’en Bretagne, ce qui fait que les gars donnent tout ce qu’ils ont pendant les quatre jours que durent la fête. C’était caricatural presque, dès que le groupe qui jouait était juste un poil rock d’un coup le foule partait en pogo musclé, mais avec toute la panoplie : sauter partout, bousculade mais aussi circle-pit et wall of death, ça n’avait aucun sens, c’était débilement vénère et férocement cool. Je m’amusais bien et ça changeait des festivals comme les Vieilles Charrues où il faut s’armer de patience avant que ça ne bouge vraiment. Là ça partait au quart de tour, tout le temps, c’était bien.

Chef !

Je voyais souvent la tête de chef dépasser de la foule comme ça.

Sinon, un point sur le lieu quand même. Il y avait trois scènes pour la musique : la Zanzibar (la grande), les Illuminations (la moyenne) et Le Temps des Cerises (la petite, style club en plein air). Je suis le seul à trouver que ces noms de scène ont grave la classe ?! Si je ne dis pas de conneries, ce sont des références à Rimbaud, qui est de ce coin là, et c’est trop fort. Le seul point un peu dommage c’est que le festival commence à bien grandir et qu’un écran géant ne serait pas de trop. Mais je chipote. Y’avais des stands pas trop mal aussi, je me souviens surtout de celui pour la bouffe végé, c’était pas cher, c’était bon et t’avais droit à des sacrées parts. On se retrouvait souvent au stand de distribution d’eau aussi, c’était bien organisé. Le vrai délire c’était surtout l’espace pour les associations, je ne sais pas comment ils en sont arrivés là mais y’a tout un bâtiment rempli de stand divers et variés avec plein de conneries à voir et à récupérer c’était super fort ! En particulier, on a choppé plein de cartes postales mettant en garde contre les dangers des substances diverses et variées. Sauf que les cartes sont carrément stylés, genre Cocaine écrit avec une typo cool sur un fond ultra psyché.

La programmation artistique était loin de n’être que musicale. Un grand espace était dévolu à la bande-dessiné, un autre plus petit à la diffusion de courts-métrages et un dernier, super grand et en retrait pour les arts de rue. Et autant je saisi la pertinence de l’espace courts-métrage – c’était cool de s’y poser pour souffler un peu et la sélection de flims était top – autant je suis plus circonspect pour les deux autres. La BD, je me demande quel festivalier va vraiment venir exprès au Cabaret Vert pour acheter bouquins et les faire signer par les auteurs. De même pour les arts de rue, y’avait déjà beaucoup de choses à voir avec les groupes et là c’était carrément un festival dans le festival. C’est ça qui est dommage, j’ai un peu peur que ça n’ait amené que des curieux, et c’est dommage tant la qualité était là. J’étais présent pour la musique et ça m’a frustré de ne pas creuser cet aspect là du fest. Ce serait bien si ces espaces de BD et art de la rue étaient plutôt en périphérie, accessibles autant pour les habitants du coin que les festivaliers, mais pas réservé au Cabaret Vert. Mais après je ne me suis pas penché plus que ça sur la question, aussi bien c’était le cas, ou bien ça marche très bien tel quel et les organisateurs n’ont pas vraiment à se poser la question. Je clos le débat avec moi-même.

Enfin voilà, le Cabaret Vert c’était vraiment très bien, un festival comme on rêverait d’en vivre tout le temps, le lieu est bien, les gens gentils, il faisait beau, la musique était super. Merci quoi. Après le dernier concert, Patrice, plutôt sympa pour terminer les quatre jours de fête, on s’en est retournés à la tente pour faire un dernier debriefing et se coucher dans la tente pour bien se reposer avant de repartir sur Brest, des jolis souvenirs plein la tête.

SAUF QU’EN FAIT PAS DU TOUT.

C’était pourtant vraiment ce qu’on voulait faire, le dernier jour les concerts finissaient à 23h, ensuite on pensait juste boire une dernière bière et basta, on avait déjà bien donné. Mais on avait pas prévu qu’une bande de Belges allait débarquer pour taper la discute et que la soirée allait, à partir de là, se transformer en un énorme maelström de folie et de n’importe quoi à travers tout le camping. J’avoue que c’est assez flou, alors pour causer de ça je vais vous laisser avec les photos qu’on a pris de cette soirée, que je vais commenter au mieux que je peux.

1

La soirée démarrait bien, on était jeunes et fringants.

2

Quand soudain…

3

La Belgique débarque avec ses meubles. Elle est là pour rester.

4

L’occasion de prendre une photo de nous quatre.

5

Une soirée si folle que la gravité elle-même s’est barrée. Pourquoi cette photo est en couleur ?

6

Euh…

6

Mais ce ne sont même pas mes lunettes !

78

Aucune idée de qui est cette personne.

8

Là j’ai une explication : on était allongés par terre parce qu’on était super crevés à force de courir partout en criant qu’on allait « enculer le camping ».

9

D’ailleurs, on avait beau courir à la vitesse de la lumière on croisait tout le temps ce type qui semblait danser tout seul à chaque coin du camping tout en écoutant son petit poste à musique.

10

Un gars bourré sur un tas de merdier. Il semblerait que ce soit une tente écrasée. Ok c’est bon, on en a assez vu, on se barre.

11

Replis ta tente et on s’en va !

12

La route était très longue.

13

Heureusement on faisait des pauses.

14

La nature, à perte de vue.

15

J’aime gambader dans les grands espaces.

16

Je m’égare je crois. Il vaut mieux que je m’arrête là, bisous.

LA ROUTE DU ROCK

LRDR

Dark

Quoi : La Route du Rock

Où : Saint Malo (Ile-et-Vilaine)

Quand : du mercredi 13 au vendredi 15 août 2014

Avec qui : mon amoureuse, et mon frangin, et mon frère.

Accréditation presse : non

Album photo


Replaçons dans le contexte : je ne suis pas juste allé à La Route du Rock, c’était une étape dans les vacances qu’on a pris avec mon amoureuse. Le fest était prévu entre Poitiers-la visite du Futuroscope-le festival country de Vouillé et le mariage d’un pote du côté de Rennes. Comme mon amoureuse n’était jamais allée à La Route du Rock et que ça lui disait bien depuis quelques années, et que moi je n’allais pas refuser d’aller à un festoche, on a calé cette étape.

C’est pas si anodin que ça en fait. J’ai l’habitude de vraiment partir en festival. Je pars de chez moi, je fais le fest puis je rentre. Et si je traîne en chemin, tout est quand même articulé autour du festival en question, comme quand je suis allé traîner dans le sud de la France parce-que je me rendais aux Déferlantes. Ce coup-ci, donc, il n’y avait pas un focus particulier sur La Route du Rock, c’était traité dans ma tête sur le même plan que le fait d’aller au Futuroscope. Bref.

Je l’ai dit, direct après le festival on allait à un mariage. Tellement directement que ça rognait sur le dernier jour. Pour contrebalancer ça on a fait la journée d’ouverture du mercredi. Pour celles et ceux qui voulait entendre parler du samedi, de Temples, Mac Demarco et Cheveu, c’est raté.

Evidemment, l’avantage de commencer le mercredi c’est que personne n’était encore arrivé sur le camping et qu’on a pu trouver une place facilement à l’entrée. L’ambiance était au top, ça faisait festival parfait : du soleil, des gens qui ont l’air sympa, pas trop de monde, on aurait dit un grand camping entre pote. Ça n’allait pas tarder à changer… mais je m’avance. Avant d’aller voir les concerts du premier jour on a fait un tour à Saint Malo. C’est la deuxième fois que je fais ça, soit 100% des éditions de La Route du Rock. C’est plutôt anodin dans ma façon de me comporter en fest, à côté de ça, je n’ai jamais visité Clisson ou Carhaix, je me demande bien ce qui fait que Saint Malo donne envie de s’y balader et pas les autres patelins.

Bref, on est allés à La Nouvelle Vague voir les groupes. J’aime bien l’idée de visiter les salles de concerts de France et de Navarre, je ne connais que celles de Brest en fait, et j’entends souvent parler des autres, je vois leur programmation. J’étais tout content de voir à quoi ressemblait celle de Saint Malo. Le plateau de la soirée était plutôt pas mal, Ought c’était top et Francois & The Atlas Mountain aussi. Hamilton Leithauser était gonflant, mais tant pis. Par contre, je ne sais pas si c’était juste ce soir là ou si c’est un problème récurrent mais il faisait grave chaud, genre c’était éprouvant de rester devant la scène. Je ne sais pas bien où ils ont merdé pour que ce soit si désagréable. Sinon, c’est un peu cliché de dire ça de La Route du Rock mais putain, c’est fou les brochettes de hipster qu’on voyait passer. Je ne me souviens plus bien si c’était pareil l’année dernière mais là il y avait des gars bien gratinés.

Là où le festival s’est gâté, c’est quand mes deux frangins sont arrivés, l’un le jeudi, l’autre le vendredi. Non attends, ça c’était sympa au contraire, qu’est-ce que je raconte ? En plus on était posés pas loin les uns des autres sur le camping. Je reprends : là où ça s’est gâté, c’est quand il a commencé à pleuvoir le jeudi. Ça aussi c’est un cliché de La Route du Rock, le fait qu’il pleuve et que ce soit l’horreur. En 2013 j’ai eu de la chance, le temps était au beau fixe. En 2014, c’était dégueulasse. Y’avait tellement de boue. Partout. Tellement de boue qu’une vie entière n’aurait pas suffit à savoir quoi en faire. Evidemment, on pourra arguer qu’il n’y a pas grand-chose à faire avec de la boue. Eh bien détrompez-vous, une rapide recherche sur l’internet indique qu’il semblerait qu’on peut construire des choses avec cette matière. Mais je m’égare.

Parapluie

Enorme ambiance

Bien sûr, on aurait dû prévoir des bottes en caoutchouc parce-que c’était un risque. Ou alors, depuis des années que ça dure, les organisateurs, ou la ville, ou je ne sais qui est responsable de ce désastre auraient pu faire un effort. Il parait qu’il va y avoir des travaux pour régler ce problème pour la prochaine édition, j’espère que c’est vrai parce-que c’était invivable et pas drôle.

Evidemment, au stand d’articles de camping ils n’avaient pas de bottes, ça aurait trop simple. Moi encore ça allait, j’avais mes Doc. Ok elles étaient détrempées, toutes humides et c’était désagréable, mais rien comparé à mon amoureuse et ses converses gorgées de boue : de quoi décourager même le plus motivé des festivaliers. Mais on a trouvé des petits sacs en plastique pour lui tenir les pieds au sec et ça l’a fait malgré tout. Restait bien sûr à supporter de mettre 10 minutes pour faire 20 mètres, chaque pas étant un combat pour ne pas se vautrer. Je sais que je me plains, mais putain c’était relou.

Sinon, musicalement je ne me souviens pas de grand-chose finalement. Autant en 2013 j’avais fait le plein de découvertes, autant là c’était mitigé. Quand même, j’ai bien aimé The War on Drugs, The Fat White Family, Slowdive et Metz. Voilà. J’ai pas du tout aimé Porthishead. Et puis de toute façon tous les performances étaient plus ou moins niquées par le fait qu’il fallait constamment faire gaffe à la boue et aux énormes mares qui jonchaient le site. Heureusement, le vendredi ils ont foutu du foin un peu partout pour essayer de régler le problème, mais c’était moyennement efficace. La seule solution viable pour surmonter la situation c’était de se pinter la ruche, mais là encore ça m’a posé problème. On avait bien géré le mini-bar dans la tente, là pas de problème, mais arrivé sur le site des concerts je comptais finir le travail au whisky. Peine perdue ! C’est mon amoureuse qui me l’a sifflé et j’en ai été réduit à retrouver ma sobriété tout en la voyant courir dans les flaques de boue sans que ça semble lui poser problème. Tant pis pour moi, elle en avait sans doute plus besoin (cf. ses converses). Je peux me consoler grâce à une jolie collection de selfies de mon frère, elle-même et moi pris pendant Slowdive, selfies que je ne posterai pas ici par pudeur.

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Je ne sais pas comment je m’y suis pris mais je n’ai quasi aucune photo potable du fest.

Bon, une fois de plus je n’ai pas grand-chose de joyeux à raconter. Désolé, mais cette édition de La Route du Rock ne m’a pas vraiment emballé : musicalement je n’ai pas fait tant que ça de découverte, et c’est triste, et puis les litres de boue ont clairement freiné mon enthousiasme. En plus de ça, j’étais avec mon amoureuse qui elle aussi ne se plaisait guère, autant dire qu’on se tirait mutuellement vers le bas. Alors pour finir sur une note douloureuse, je vais vous raconter l’anecdote de mon fan :

Pour ceux qui ne savent pas, j’ai une page Facebook. Il n’y a pas tant de gens qui aiment cette page, et c’est bien normal vu que Une épopée estivale n’est pas connue. MAIS, parmi les quelques 180 personnes qui suivent la page (et déjà moi je trouve que c’est beaucoup), certaines sont plus assidues que d’autres et montrent leur soutien en likant mes statuts. J’avais remarqué que l’un d’entre vous likait plus souvent que les autres et ça me faisait bien plaisir, si bien qu’à quelques reprises j’en faisais la remarque à mon amoureuse, finissant par appeler cette personne « mon fan ». Bien sûr c’était une vanne, je ne suis pas égocentrique à ce point, c’est comme dire que mes été de festival sont des « épopées », là ça me faisait juste marrer de dire que ce type likant mes statuts est un « fan », alors que c’est juste un type qui like mes statuts. Toujours est-il qu’une fois sur le site des concerts, saoul, je tombe sur ce gars qui traînait avec mon frère, celui-ci qui en profite pour me le présenter. Et moi, pensant sans doute être le mec le plus fin du monde, je lui sors « Bien sûr, je vois qui tu es, tu es mon plus grand fan ! ».

Franchement, je ne sais pas comment j’aurais pu faire pour passer pour un pire connard. Merde quoi, ce gars là est un des seuls qui à l’air de suivre un peu Une épopée estivale, ça me fait super plaisir et le seul truc que je trouve à lui dire c’est ça ? Une private joke qu’il ne peut pas saisir ? Qui me fait passer pour un immonde personnage ? Bravo moi, j’en ai encore mal en y repensant. Depuis je l’ai croisé à plusieurs reprises, je crois qu’à chaque fois je me suis excusé de mon comportement de cette fois là, et j’en remets une couche dans cet article parce-que vraiment j’en ai honte.

Allez, c’était sympa tout ça, La Route du Rock#2014 je n’en garde pas un très bon souvenir mais c’est pas grave, après on partait en direction d’un mariage catholique intégriste et c’était super cooooool !

Portish'

Allez, à la prochaine !

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